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2.5.08

Fin de session terminée

Vous m'excuserez d'avance d'avoir peu publier de billets sur mon blogue dans les dernières semaines, la fin de session étant terminée, on dirait que j'ai mis hors tension tout ce qui nécessitait de l'écriture. N'ayez crainte, je ne cesse pas de réfléchir à tout ça notamment mon projet de maîtrise (voilà pourquoi je dois passer du temps à jouer à des jeux, du rattrapage de ma fin de session, bien évidemment!).

Je suis en ce moment à l'extérieur du pays, donc, encore une fois peu d'interventions sont à prévoir dans les prochains jours. Je reviendrai en force par contre, c'est certain.

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18.4.08

Évaluer la valeur ou la qualité d'un blogue

Je parlerai ici d'un sujet qui touche le "mode d'expression" plutôt que mes thèmes habituels, c'est-à-dire du médium "blogue". Je crois que ça vaut la peine de réfléchir sur la manière dont nous diffusons nos textes sur Internet, et ça comprend des aspects comme la promotion de son blogue.

Blogshares est un site qui répertorie des blogues, comme un annuaire. En fait, sa particularité, c’est qu’il accorde une valeur aux blogues, en B$, en fonction des liens entrants versus les liens sortants du site. Blogshares encourage ses participants à ajouter le plus de blogues possibles, pour que les liens entrants/sortants soient le plus précis possible. La personne qui ajoute le blogue n'en est donc pas nécessairement l'auteur. Par ailleurs, aucun "score" n'est donné à un utilisateur qui ajoute le blogue. Il ne m'a donc jamais semblé que ce principe de "fantasy blog market", bien qu'il y ait une "valeur" associée aux blogues, puisse être perçue négativement. Or, je viens de recevoir un commentaire me demandant de procéder à l'effacement d'un blogue que j'ai ajouté. Je veux ici clarifier mon point de vue, comme quoi une valeur "monétaire" d'un blogue est plus juste et équitable que la plupart des "tops blogues" auxquels les blogues souscrivent.

Qu'est-ce qui fait la valeur d'un blogue?

La question posée au sens large est très relative. Il est en effet difficile de cerner ce qui rend quelque chose intéressant, car cet aspect est très relatif. On semble associer un site souvent consulté à un site intéressant. C'est un lien logique, mais qui ne fonctionne pas en sens inverse: difficile de douter qu'un site visité est un site qui a de l'intérêt, mais tous les sites qui ont de l'intérêt sont-ils visités?

La visibilité reçue des Tops"

Dans les sites du type "tops" (par exemple, Tout le monde en blogue), le problème, c'est que la valeur des blogues (bien qu'elle ne soit pas vue comme de l'argent), est proportionnelle au nombre de visiteurs du site. Dans certains cas, il s'agit carrément du nombre de "clics" que notre blogue donne à l'annuaire. Autrement dit, il ne s'agit pas pour le site d'offrir de la pertinence à ses visiteurs, mais plutôt de faire un échange de visibilité (ou de "clickabilité") avec les sites qui font partie de son annuaire. Qui plus est, beaucoup d'annuaires mettent des liens qui ne sont pas "durs", donc, qui ne font pas bénéficier à notre site une plus grande estime de la part des moteurs de recherche.

La valeur Blogshares et le "Quality Rank"

L'avantage d'emblée de Blogshares est d'accorder automatiquement une valeur fixe à tout site, sans tenir compte des visiteurs. Cette valeur par contre se modifie rapidement: chaque lien placé sur un blogue "donne des points" aux blogues liés, divisé par le nombre de liens totaux. Notre blogue prend de la valeur lorsqu'on reçoit des liens, et permet de donner de la valeur aux blogues que nous avons dans notre "Blogroll". Si donc nous sommes dans les liens d'un site qui fait très peu de liens, notre valeur augmente. Par contre, si on fait trop de liens, notre valeur diminue. En aucun cas, la valeur n'est liée au visites; tout ceci reste une question de "reconnaissance" de la part d'autres blogues.

D'autres annuaires ont pris des initiatives différentes pour reconnaître la qualité de sites qui n'ont pas nécessairement beaucoup de visites. Ainsi, Annuaire webmaster utilise un Quality Rank. En inscrivant son site, le webmestre doit juger parmi cinq sites quels sont les deux meilleurs. Il permet donc d'évaluer les sites des autres, pour qu'ils soient classifiés par leur pertinence. Afin de s'assurer qu'ils font leur travail de bonne foi, ils gagnent des points additionnels pour leur site si les sites qu'ils ont jugé meilleurs sont aussi jugés comme tels par d'autres webmestres. Bien qu'il y ait des failles à ce système, entendons-nous qu'il s'agit d'une initiative différente qui tente de donner la chance à des sites qui n'ont à la base pas nécessairement la faveur du grand public d'emblée par le choix de leur sujet.

Je crois donc que les gens qui s'arrêtent à l'idée du $ pour juger de l'initiative de BlogShares ne voient pas comment ce type de site permet une grande visibilité à des gens qui sont complètement désavantagés par les "charts". L'initiative de beaucoup d'annuaires à "tops" est beaucoup plus près de l'idée du capitalisme qu'une initiative qui utilise le signe de dollar comme métaphore d'un certain gage de valeur d'un blogue.

Personnellement, blogueurs ou visiteurs, quel lien entretenez-vous avec les sites qui répertorient les blogues ou qui les classent? Vous fiez vous aux "tops", aux "valeurs"? Quel système préconiseriez-vous pour juger de la pertinence d'un blogue?

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17.4.08

Un héritage d'Aimé Césaire dans le rap

Je viens d'apprendre la nouvelle de la mort d'Aimé Césaire. Il a fait partie de ceux qui ont prôné la négritude, c'est-à-dire de la conscience d'être Noir, et de revendiquer en quelque sorte la fierté de cette différence. J'en fais peut-être une mauvaise lecture, mais j'ai toujours vu le rap dans cette lignée, évidemment surtout lorsque le phénomène était plutôt exclusif aux Afro-Américains. Le "n word" me semble par ailleurs être dans la lignée de cette négritude: péjoratif lorsqu'un Blanc l'emploi pour un Noir, il devient signe d'une fraternité lorsqu'il est employé carrément comme synonyme de "homie". Utiliser un mot péjoratif pour le rendre positif est un geste de résistance. C'est dire: "Oui, je reconnais être différent de toi, mais je suis fier d'être différent de toi." Cette résistance a été vu par d'autres - notamment Fanon - comme négative, car elle ne permettait pas au "colonisé" de se réapproprier la culture du colonisateur pour s'unir contre lui. Fanon semblait plus croire qu'on ne pouvait complètement ignorer qu'il y a eu une colonisation, prônant notamment les frontières nationales telles que les colonisateurs les ont faites, pour éviter la balkanisation de l'Afrique. La négritude ne va pas nécessairement à l'encontre de cette idée, mais bon, de toute façon, une discussion là-dessus pourrait être trop longue et ce ne serait pas sage dans le contexte d'une étude pour un examen.

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13.4.08

Le paradoxe de la séquence extra-diégétique

Je profite du fait qu'Hugo parle de la question d'une séquence extra-diégétique pour introduire une idée que j'ai en tête depuis un certain temps. C'est une question qui me trotte depuis le début de mon baccalauréat, mais que je n'ai jamais pu affronter réellement, faute d'arguments. Même si j'aime bien en parler, je suis très réticent au concept même de diégèse. J'expliquerai ici comment il me semble que ce concept est créé par une opération qu'il crée lui-même, en amenant le "paradoxe" de la séquence extra-diégétique. J'espère par contre que vos commentaires pourront modérer mes conclusions.

Qu'est-ce que le diégétique?

Le diégétique est en quelque sorte tout ce que la fiction elle-même crée; tout ce qui est supposé par le film lui-même en tant qu'il crée un univers, un "microcosme" qui présuppose des lois auxquelles nous n'avons pas directement accès mais que nous supposons par l'expérience que nous avons avec la fiction à laquelle le film nous donne accès. Autrement dit, il y a des événements qui se déroulent, nous les étiquetons comme diégétiques car ils nous sont présentés par le film, puis nous supposons que d'autres événements existent ou auraient pu exister suivant les éléments présentés par le film.

Comment en sortir?

Ce qui définit le diégétique est en quelque sorte l'expérience du film, la fiction qu'il crée. L'extra-diégétique du film, quant à lui, est ce qui est présent dans le film, mais qui ne fait pas partie de la fiction créée par le film. À moins qu'il y ait une possibilité formelle de faire la distinction entre fiction et non-fiction au cinéma, il y a là en quelque sorte une double définition: le film vient définir la diégèse, puisqu'elle est constituée tout ce qu'il crée; dès lors, comment concevoir qu'il y ait du filmique qui ne soit pas à la fois du diégétique? Comment peut-il y avoir quelque chose qui soit à la fois présent dans le film et à la fois qui soit absent de quelque chose qui, par définition, est tout ce qui est définit par ce que le film crée?

Des présuppositions de ce qui détermine la diégèse

Puisqu'on dit souvent que le cinéma est avant tout un art visuel (affirmation avec laquelle je ne suis pas d'accord par ailleurs), on pourrait établir un critère comme quoi la diégèse est par défaut créée par l'image: par exemple, une voix pourrait être extra-diégétique, si par exemple un narrateur qu'on ne voit jamais nous racontait l'histoire. Ou encore, on pourrait dire que la voix ne fait pas office de diégétique, en disant que, si l'histoire ne fait jamais de lien avec le narrateur, ou l'inverse (Ex: "Je vais vous raconter l'histoire de mon fils." serait le caractère d'un narrateur intra-diégétique). Mais, le fait qu'il n'y ait pas d'allusion au rapport entre le narrateur et l'histoire n'implique pas qu'il n'y aurait pas pu en avoir, si, hypothétiquement, le film s'était prolongé.

Reste que toute cette question fait plutôt partie du domaine de la convention; je ne vois pas, à proprement parler, de manière de concevoir quelque chose qui soit extérieur à l'univers créé par le film et qui soit dans le film.

Ce qui m'amène à une conclusion qui paraphrase le personnage de The Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999): "La [diégèse] n'existe pas."

Image tirée de http://www.metaphilm.com/philm.php?id=169_0_2_0.

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9.4.08

Qu'est-ce que la disciplinarité?

Je reviens il y a quelques heures de la rencontre sur l'interdisciplinarité en études cinématographiques. Les questionnements proposés par Laurent Jullier étaient très pertinents, et, comme j'en parlais par hasard juste avant, le mot-clé a été justement épistémologie! L'idée d'ensemble était de se questionner sur le fait que plusieurs disciplines se penchent sur le cinéma, et que le mot "cinéma" lui-même peut être pris de plusieurs manières (il en note trois: fabrication, texte, réception).

Étonnamment, certains concepts qui m'apparaissent maintenant fondamentaux pour faire avancer cette question d'"interdisciplinarité" sont restés en suspens. Notamment, une question qui me semble essentielle (on pense toujours aux bonnes questions quelques heures après!): qu'est-ce que la "disciplinarité"? Qu'est-ce qu'une discipline?

J'avais au départ l'idée que "Études cinématographiques" pouvait être une discipline, centrée autour de l'objet d'études "Cinéma". Or, la question d'interdisciplinarité était dans ce qu'on pourrait aussi appeler des "approches": "sociologie", "esthétique", "gender studies", "cultural studies", sémiologie, etc. Il semble qu'en France, un chercheur doive se spécialiser dans une de ces approches avant de pouvoir prétendre à un poste universitaire; le Québec est à ce propos plus modéré.

Tout ceci me permettra certainement d'enrichir ma réflexion sur la question des études cinématographiques.

Commentaire sans lien avec le sujet: je suis de plus en plus lu il semblerait! Martin Picard, qui donne le cours Cinéma et technologies numériques, me l'a confirmé lors de cette conférence. Bien sûr, comme Dominic Arsenault m'a contacté par le biais de mon blog, et qu'ils collaborent pour le groupe de recherche Ludiciné et pour le site Kinephanos, je ne devrais pas m'en étonner. Sauf que, je ne sais toujours pas comment il a associé mon visage et mon nom...

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8.4.08

Rencontres doctorales: Interdisciplinarité et études cinématographiques

Demain aura lieu une seconde rencontre doctorale. Il s'agit en fait de rencontres organisées dans le cadre de la fondation du nouveau doctorat au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques, le Doctorat en études cinématographiques. Ce n'est donc pas une "rencontre d'information" au sujet du doctorat, mais plutôt des discussions de nature épistémologique.

Je ne serai visiblement pas le seul qui serai à cette rencontre de demain. Au programme, l'Intermédialité et les études cinématographiques (je paraphrase, je ne me souviens pas exactement du titre), conférence donnée par Laurent Jullier. C'est à 16h30, au pavillon Lionel-Groulx de l'Université de Montréal, local C-2151.

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30.3.08

Last.fm: une radio internet 2.0

Les radios Internet sont de plus en plus présentes, mais la plupart ne sont que trop semblables aux radios similaires. Certes, elles diffusent de la musique de manière plus indépendante, mais le peu d'auditeurs s'explique probablement par le format très semblable aux radios à ondes. Voilà où Last.fm me semble offrir quelque chose de nouveau, dans la lignée du Web 2.0, c'est-à-dire où l'auditeur prend une place plus importante, où le DJ devient un véritable algorithme personnalisable.

Il y a deux manières d'écouter cette radio. Soit simplement entrer le nom d'un de vos artistes favoris, pour que la radio propose de jouer des artistes semblables. Sinon, plus complexe, il s'agit d'installer une application sur votre ordinateur qui garde en mémoire ce que vous écoutez (avec plusieurs lecteurs, notamment Lecteur Windows Media, Winamp, iTunes, ...), pour pouvoir vous proposer de nouveaux artistes semblables à vos habitudes d'écoute. Il s'agissait au départ d'un plug-in, qui s'appelait Audioscrobbler, mais il semble que Last.fm ait acheté l'ancien site. On peut sauter la chanson en cours si elle ne nous plaît pas (mais on ne peut pas retourner en arrière: ça reste une radio, et non un répertoire de musique).



L'autre fonction est de pouvoir calculer et ré-écouter ce qu'on écoute le plus, ou encore de se créer des listes d'écoute (playlists), qu'on peut diffuser par exemple sur son blogue. Ce qui devient très utile pour:
  • partager ce qu'on écoute avec les gens qu'on connaît;
  • écouter sa musique peu importe sur quel ordinateur (et chez qui) on se trouve.
Question droits d'auteurs, la radio fonctionne (en principe) en accord avec les artistes: ceux-ci téléversent (uploadent) leur musique dans leur compte, et c'est uniquement celle téléversée qui peut être jouée sur leur radio (leurs singles, par exemple). En principe, bien sûr, car quelques indices laissent croire que tout n'est pas de leur initiative.

Les titres contiennent parfois des fautes, des parenthèses mal placées, des accents absents, des expressions différentes (pour les featurings, feats., avec, etc.), ce qui fait que si on n'a pas la même typographie que le titre téléversé, Last.fm les prendra pour deux chansons différentes. La question, souvent importante dans le rap, de l'artiste officiel (dans le cas de collaborations sur des mixtapes) rend d'autant plus difficile d'avoir la combinaison titre/artiste identique à celle du site.

Quelques problèmes qui restent donc à régler pour les programmeurs, mais le principe est là, et je crois bien que ce type de mode d'écoute prendra la relève de la radio FM standard, avec animateurs parfois peu intéressants et chansons inquiétantes (désolé, c'est le qualificatif qui m'est venu spontanément). Reste à voir quand et comment la publicité sonore s'y intégrera...

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29.3.08

La chose ou l'effet esthétique comme définition d'une discipline artistique?


J'ai assisté hier, sous l'invitation d'Amélie Paquet, à une table ronde sur la question des "nouveaux objets de la littérature". La discussion globale fut très intéressante, davantage sur le mode de "exposons quelles sont les problématiques reliées à la question de ces fameux nouveaux objets" que "débattons sur la question de leur littérarité", ce qui, somme toute, a ses bons côtés et ses mauvais côtés.

La question de leur appartenance à la littérature et, par ricochet peut-être, des possibilités d'études de leur cas avec les outils des études littéraires s'est tout de même ouverte. Je crois qu'il y a une indépendance importance de ces deux définitions: ne suis-je pas en train d'étudier le jeu vidéo avec les outils des études cinématographiques, tout en sachant très bien qu'un jeu vidéo n'est pas un film?

La question de "Qu'est-ce que la littérature?" s'impose donc (décidément, toutes les disciplines se seront posées la question, art et cinéma étant les exemples qui me viennent spontanément). En fait, je crois qu'on pose une question relativement inutile, dans la mesure où on a probablement défini la littérature a posteriori de leur existence (et encore plus assurément les études littéraires). Ce qui fait qu'on décide de "trancher" des catégories n'est pas naturellement divisible, sauf lorsqu'il est question d'aspects formels précis et spécifiques.

Je m'explique. Quelques textes du 18ème siècle parlant des arts parlent de peinture et poésie [1] au lieu de parler d'art pictural et de littérature, ce qui se base davantage sur des aspects formels précis (le médium employé, la rime, etc.). Ce serait en quelque sorte après qu'on a déterminé des points communs entre chacun de ces médiums différents (ex: placer la peinture, la gravure, le dessin, etc. dans les arts picturaux). Le problème, c'est que, comme aujourd'hui certains objets se mettent à exister après la définition de la discipline artistique, cette dernière a de la difficulté à se les approprier, voire à rester légitime quant ses objets remettent en question les points communs initialement observés.

Pourquoi discuter, par exemple, de la question du blogue comme objet du littéraire? Justement, par son aspect "objet" au sens où il se distingue d'une "chose". Parce qu'un sujet en fait l'expérience, il se définit comme objet. Ainsi, parce qu'un sujet en fait l'expérience littéraire, il devient un objet littéraire. C'est donc la question de l'effet esthétique plutôt que la chose elle-même qui, à mon sens, définit l'objet de la discipline artistique.

Il y a bien sûr aussi toute la question de l'intermédialité: ces "nouveaux objets" (qu'il faudra peut-être nommer) n'appartiennent rarement davantage à une discipline plutôt qu'à une autre, et sont assez hétéroclites pour qu'ils soient difficiles à regrouper entre eux. Chaque discipline peut donc ajouter sa perspective particulière à leur étude, ce qui, à mon sens, paraît plus qu'intéressant.

Tout ceci rejoint donc la question de la définition d'une discipline de recherche avec l'objet ou la méthode, que je me pose dans mon introduction aux études cinématographiques.

Content de pouvoir placer un visage et une voix à l'auteure de déprime explosive!

1. Je fais référence ici à Abbé Jean Baptiste Dubos, Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, 1993 [1719] et à Gotthold Ephraim Lessing, Laocoon ou Des frontières de la peinture et de la poésie (1766), Paris, Hermann, 1990, 240 p.

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26.3.08

Affirmation au premier degré

En surfant sur le web, je suis tombé sur un manifeste qui prône le premier degré, c'est-à-dire qui tente d'enlever les équivoques de sens en stipulant que les signataires parleront toujours sans signifier autre chose que le premier sens de ce qu'ils disent.

Je trouve intéressant cette démarche, bien qu'elle ne puisse pas s'appliquer à moi. D'abord parce qu'il serait en quelque sorte trop facile de se "backer" en utilisant l'excuse du premier degré. Mais aussi, et surtout, parce qu'il est si plaisant de parler au second degré! L'existence même du manifeste semble être à la base un effet au second degré: si on était quelques amis à avoir signés, je serais le premier à jouer avec cette signature comme authentification du sens littéral, en suggérant des significations intéressantes (voire compromettantes) au deuxième degré!

Dans le principe, ça permet quand même de s'assurer aussi de ne pas sur-interpréter les propos des autres, que ce soit dans la vie de tous les jours et aussi (surtout) quand il s'agit de lire un texte, par exemple. Ce n'est pas tant qu'il ne faut pas voir d'autres possibilités de sens dans un texte, mais plutôt qu'il ne faut pas assumer que ces autres sens sont collés au texte lui-même. Transformer "L'auteur dit..." en "On pourrait voir que...".

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24.3.08

Empire ISIS: Manifeste du rap commercial

L'artiste Empire ISIS signait en automne dernier un éditorial pour le site Hiphopfranco, qu'il m'a fait plaisir de traduire, véritable manifeste pour le rap commercial, où elle passe en revue les étapes qui semblent nécessaires pour que le rap d'une certaine région se démarque par rapport au reste. Il me semble pourtant que le fait qu'elle s'attaque à des éléments qui changent directement la musique peut entraîner un changement irréversible pour ceux qui aiment les artistes qui n'ont pas peur d'explorer.



Elle ne le signe pas en tant que manifeste, et ce n'est qu'en y réfléchissant que j'ai pu le décrire de cette manière, mais au fond son texte fonctionne d'une manière semblable. Elle constate une certaine situation, "déplorable" et dont pratiquement tout le milieu hip-hop est d'accord pour la changer, puis propose des solutions. Sa démarche est valable en quelque sorte, voire très fondée: elle se base sur ses observations qui, bien que sans sources explicites, sont tout de même cohérentes et logiques. Là où l'aspect manifeste me semble ressortir, c'est que, si toute son argumentation est logique, elle se base sur un présupposé: celui que la manière de changer les choses pour le mieux passe nécessairement par la commercialisation du rap. Elle propose de faire des changements sur la musique elle-même (en plus des moyens de commercialisation) de sorte de faire ressortir un style québécois.

Je crois que - heureusement ou malheureusement - ce type d'aspirations de la part des artistes deviendra quelque chose de nécessaire. Plusieurs artistes comme Malik Shaheed revendiquent leur statut commercial, ou encore, comme Malicious, admettent que leur musique peut (et devrait peut-être) se changer légèrement si le résultat est que plus de gens peuvent les entendre.

Mon avis est que, quand ça fonctionnera pour vrai pour quelques artistes, on pourrait voir changer le style de rap au Québec dans la lignée de ce que les auditeurs revendiquent, au lieu de l'inverse. Oui, les artistes ont des styles qui se font copier, et oui, plusieurs artistes suivent les pas stylistiques d'artistes qui les précèdent, mais tant et aussi longtemps qu'aucun d'eux ne pouvait vendre, ça n'affectait pas le milieu hip-hop lui-même. Sans dire que le rap ne continuera pas d'innover (et ce n'est pas ce qu'Empire ISIS prône), il reste que, si certains artistes sont capables d'assumer leur rôle commercial et de trouver un style qui puisse devenir une recette, d'autres suivront au lieu de devoir battre leur propre sentier.

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