29.12.06
Ça faisait longtemps que je tentais d'établir une inégalité dans le principe des mélanges. Je réfléchissais à ça en me versant un verre de coke. J'ai du coke "flat", disons un demi-verre, et je peux ouvrir une nouvelle bouteille. Si je compte terminer la bouteille de coke dégazéifié, je peux soit: verser un demi-verre de coke presque fini et finir le verre avec du coke normal, ce qui en fait un verre semi-gazéifié, ou plutôt finir le verre flat tout seul, puis reverser du coke une fois le verre vide. Des fois, mélanger une chose mauvaise avec une chose bonne peut atténuer la chose mauvaise, mais ça fait aussi que tu perds le plaisir d'une chose bonne pendant plus longtemps.
0,5 Dégazéifié + 0,5 Gazéifié = 1 Semi-gazéifié, donc, 1 Semi-bon. Tandis que: 0,5 Dégazéifié & 0,5 Gazéifié séparés, donc, 0,5 Pas bon pas en toute, pis 0,5 Bon.
Malgré que le titre le suggère, ça a pas rapport avec une formule mathématique, parce que c'est pas la même "unité" (Coke gazéifié et coke dégazéifié étant deux unités différentes, au même titre que des pommes et des bananes).
Image tirée de: http://www.swirepacific.com/media/photo3.htmLibellés : Réflexions
publié par Simon Dor @ 20:36
 
19.12.06
Le principe du sample (je ne l'écrirai dorénavant plus nécessairement en italique), en tant que tel, c'est d'échantillonner du son, tout simplement. On oppose souvent le sample à la composition, opposition que je trouve fausse, car le sample n'est pas un principe "séquentiel", mais plutôt une technique de travail.
L'échantillon s'opposerait aux "vrais instruments", c'est-à-dire que, par cet échantillonnage, on crée une seconde couche sonore, où l'enregistrement prend un sens autre que la transcription dans le temps. Techniquement, en composition directement d'un ordinateur, on est plus près du sample, car on ne se base pas sur un instrument pour créer mais sur du matériel informatique, qui peut soit être à la base d'un synthétiseur (donc, un son complètement créé par l'ordinateur) ou d'un sample, justement. Le sample se veut donc un outil qui préexiste à la composition d'une séquence sonore.
En fait, la plupart des producteurs (alias "beat makers") qui disent qu'ils composent et ne samplent pas prônent simplement une déformation de la séquence échantillonnée de façon à ce qu'elle ne soit pas reconnaissable, à ce qu'elle ait été modifiée suffisamment pour qu'on considère qu'il y a une création. Mais, la paternité d'une création instrumentale hip-hop est une toute autre histoire... sur laquelle il me fera plaisir de revenir un autre moment donné.
Image tirée de: http://www.hiphopfranco.com/articles/information/24.html?mod=display&item=508Libellés : Hip-hop, Réflexions, Sampling
publié par Simon Dor @ 23:42
 
Voici donc un texte que j'ai écrit pour le cours Les genres et le cinéma (CIN1109) à l'Université de Montréal, qui se donnait par Guillaume Campeau-Dupras en automne 2005. Je dirais que ce texte fait partie des premiers qui m'ont amené à concevoir différemment la manière dont un travail universitaire doit se faire; il s'approche de plus en plus des travaux que je fais depuis 1 ans, dans la méthode que j'ai utilisé et la rigueur. Le film m'a particulièrement intéressé par ailleurs: je vous le recommande personnellement.
Voir le texte
Image tirée de: http://www.daimi.au.dk/~terryp/FavoriteMovies.htmlLibellés : Films, Kubrick, Université, Études cinématographiques
publié par Simon Dor @ 21:53
 
C'est fou à quel point les gens qui ont un programme d'études où celui-ci mène directement à un emploi précis sont souvent pourtant ceux qui aiment le moins leurs études par rapport à ceux qui étudient dans des domaines plus larges, sans emploi directement relié.Libellés : Réflexions, Université
publié par Simon Dor @ 10:15
 
16.12.06
J'ai bien des raisons de croire que l'examen de lundi de mon cours de Cinéma d'animation et images composites portera sur le rapport au réel. Cette question synthétise en quelque sorte l'idée première du cours, c'est-à-dire, questionner la nature des images. Voilà d'ailleurs toute la définition de l'image composite, recréer à partir de prises de vues réelles et d'animation quelque chose, qui, par sa nature même, vise à faire croire au réel. Je voulais aussi signaler que la plupart des idées énoncées ici ne viennent pas de moi, mais du cours précité, donné par Marcel Jean, à l'Université de Montréal en automne 2006.
Ici, donc, on se concentrera sur ce principe dans certaines images bidimensionnelles, qui consiste en le début de la deuxième partie du cours. Le chapeau de Michèle Cournoyer "s'oppose" en quelque sorte à son autre court métrage, La basse cour. Dans ce dernier, le principe de la rotoscopie est utilisé, c'est-à-dire le dessin fait par-dessus des prises de vues réelles. Le rapport au réel est intéressant: ce principe ajoute une couche de réalisme, permettant de créer un rapport d'autofiction (autobiographique en quelque sorte), mais l'utilisation de figures telles que la métamorphose le rend "surréaliste". Deux personnages sont en relation, mais le dispositif amène à créer un rapport de force entre l'homme et la femme, ne serait-ce que par la transformation de la femme en poule, mais aussi par les rapports de grandeur entre les deux corps. Il témoigne en quelque sorte de la complexité du réel de cette relation. Le chapeau n'utilise pas de rotoscopie, ce qui le distancie en quelque sorte du réel, et permet au film d'être plus introspectif, et de voyager davantage dans le domaine des idées. La structure est "cyclique", et illustre l'omniprésence de la mémoire de l'inceste par la métamorphose de personnages en images sexuelles. Certains procédés permettent donc de rester connecter au réel, mais la plupart permettent plutôt de s'en distancier efficacement.
Free Radicals (1958), de Len Lye, traduit bien une "énergie physiologique". En fait, par le procédé de gravure sur pellicule, Lye sait créer un mouvement humain, une danse africaine, par le biais de traits gravés. La danse des lignes créer des rapports intéressants avec le réel: distanciateur par le procédé même, ici, la ligne vient à créer un hors-champ par ses "entrées de cadre", et évoque le mouvement humain par la similitude avec les jambes lors des mouvements. Un effet "3D" est aussi très perceptible dans la manière dont le mouvement est créé (figures tournoyantes).
Souvenirs de guerre, de Pierre Hébert, ramène le principe de distanciation comme principal contact avec le réel. Par le passage de gravure sur pellicule (coloriée par contre) à des images de prise de vues réelles et du papier découpé, on est constamment interpellés dans notre réception de ce qu'il y a à l'écran. Même chose pour les procédés "filmographiques" entre les images, par exemple, le fondu enchaîné ou la surimpression. Ces procédés viennent en quelque sorte montrer "les images et leur interprétation", chose que je trouve très intéressante par rapport à la distanciation. Par exemple, la fable du Moyen-Âge racontée avec le papier découpé (où le capitaine fait tuer le jeune mousse pour peut-être sauver l'équipage) vient créer une rupture et se veut une manière d'interpréter le reste du film (qui reste presque tout aussi en fable, par contre). On élimine cette ambiguïté des images composites, en s'assumant en quelque sorte comme image de la réalité. La critique peut alors exister sans tenter de devenir une fausse réalité.Libellés : Animation, Cournoyer, Films, Hébert, Lye, Études cinématographiques
publié par Simon Dor @ 18:49
 
15.12.06
Pour faire suite au message précédent à propos de Loco Locass, je propose de vous référer à un commentaire que j'ai écrit un jour, pour expliquer la frustration de certains (dont moi) qui s'insurgent contre la vision fermée qu'ont les médias et la population sur le rap local.
Voici donc ce fameux commentaire, intitulé Engouement médiatique.
Je voulais aussi par le fait même porter votre attention sur le commentaire 2 messages plus haut, dont le gars, très intelligent, fait une corrélation directe entre le talent d'artistes et le fait que les gens qui n'apprécient pas le genre préconisé apprécient le groupe.Libellés : Hip-hop, Loco Locass
publié par Simon Dor @ 20:51
 
14.12.06
Je viens de lire un article de Jacques Légaré, professeur retraité d'économie, d'histoire et de philosophie, intitulé Littérature au cégep - Sade ou saint François de Sales? Cet article se veut en quelque sorte une réflexion sur ce que les professeurs de littérature et de philosophie au Cégep doivent faire lire à leurs étudiants. Je déplore cependant son manque d'horizons.
Il reproche au livre Maria Chapdelaine ses opinions: "non à l'amour, oui à la mort, oui au sacrement du mariage de convenance, non à la modernité, oui au refus de tout progrès éventuel et pas une graine de pensée progressiste. Amen."
Que ces opinions soient dignes d'être enseignées ou non n'est pas la question, car, ce qu'on enseigne dans les institutions collégiales n'est pas une opinion, mais la littérature. Je crois par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'imposer des valeurs aux étudiants; il s'agit de leur présenter des oeuvres, majeures ou non, afin qu'ils sachent se forger un esprit critique par rapport à la forme et au fond. Du moins, c'est ce que j'ai retenu de mes cours.
L'immoralité ou non de ces oeuvres n'est pas un point sur lequel on doit s'attarder, à moins qu'on soit dans un cours d'éthique au secondaire. Ici, l'idée n'est pas d'imposer des valeurs - ni même d'en présenter.
Donc, M. Légaré, je ne sais pas de quoi avaient l'air les cours de philosophie et de littérature au moment de votre parcours collégial, mais aujourd'hui, afin d'exprimer une pensée progressiste, il faut utiliser les moyens progressistes, et non pas une méthode d'apprentissage classique.Libellés : Actualités, Critiques, Littérature
publié par Simon Dor @ 11:49
 
8.12.06
Je ne sais pas pourquoi j'en parle maintenant, mais bon.
Je voulais expliquer mon point de vue de dire que Loco Locass, malgré l'influence hip-hop évidente et complètement assumée, ne fait pas vraiment partie de ce qu'on pourrait appeler le "mouvement" hip-hop. Au-delà de toute considération "relationnelle" par ailleurs; je ne connais ni leurs contacts, ni leurs fréquentations, ni la musique qu'ils ont écouté avant de faire du rap.
D'un point de vue presque idéologique, le hip-hop a remis en question plusieurs principes dans l'art, principes qui ne sont pas "systématiquement" suivis par le groupe: le dernier show qu'ils ont donné a pu me donner des exemples précis. Par le principe du sample, échantillon pris dans une oeuvre préexistante et parfois très connue (la plupart du temps en fait), il accorde une suprématie sans équivoque au flow, aux mots et, donc, dans la parole de façon générale [d'un point de vue auditif seulement par contre... je ne veux pas m'aventurer dans l'univers visuel du rap]. De plus, le principe d'un loop préenregistré élimine d'emblée l'aspect performatif de l'instrumentation (seulement: évidemment, la parole reste très performative). Et, voilà, ce que je veux amener, c'est le fait que, dans ce show, une grande partie s'est concentrée au contraire sur la performance d'éléments musicaux sans paroles, ce qui brise nécessairement non seulement cette tradition mais cette "définition" en quelque sorte du rap (ou de la musique hip-hop, en ce sens, prenez-le comme vous voulez). Donc, on a un choix ici: soit Loco Locass n'est pas du rap, soit il est du rap non-hip-hop, soit il est un genre de musique qui a des influences rap... Quoiqu'il en soit, je trouve très dommage que les gens puissent se fier à ce groupe pour définir ce qu'est le rap d'ici, ou à l'inverse, pour dire des absurdités. Comme le gars qui disait que LL était le meilleur groupe de rap précisément parce qu'il était le seul groupe de rap qu'il aimait. Bravo pour ce commentaire inutile, gars dont je ne me souviens plus tu es qui ni dans quelles circonstances j'ai reçu ton commentaire.
D'ailleurs, pour tout ceux qui disent que Loco Locass est un groupe qui a quelque chose à dire "contrairement aux autres groupes de rap", vous avez amplement raison: "Bonzaïon", troisième single d'Amour Oral, en est sans doute le meilleur exemple. C'est pas parce qu'ils ont 1 single engagé que le reste l'est aussi. N'avez-vous pas pensé que peut-être que d'autres groupes ont des pistes engagées, mais qui n'ont pas été singles (mais, attendez... vous êtes-vous déjà concentré sur un seul single de rap québécois hors-LL?) Mais, pour vrai, je veux simplement dire, pour ne pas que les gens se méprennent sur mes intentions, que j'apprécie certaines chansons du groupe, qu'ils soient hip-hop ou non.Libellés : Hip-hop, Loco Locass
publié par Simon Dor @ 19:13
 
4.12.06
Bon, il paraît qu'il exista un procédé photographique mis au point par les frères Lumière qui permettait, dès 1908, d'avoir des photographies en couleur. Le procédé est fait avec de la fécule de patate, enfin, quelque chose comme ça. Un chargé de cours de l'Université nous a montré un site qui donnait des explications sur ce procédé. Voici d'ailleurs une image qui a été photographiée avec ce procédé.  Que ça ait existé réellement ou non est plus ou moins important; le fait est que le site web, intitulé Musée Autochromes Lumière, fait une faute d'orthographe dans le mot "Accueil", la dernière mise à jour date de 2000 et il est fait par ScHeiBli EdiTionS (notez l'utilisation de majuscules).
Donc, que ce soit vrai ou non, j'aurais préféré passer par un processus un peu plus argumentatif pour en venir à prouver son existence (et son importance).Libellés : Photographie, Études cinématographiques
publié par Simon Dor @ 21:37
 

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