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Bien évidemment, je ne m'attendais à strictement rien en allant voir la version française du film Shooter ( Antoine Fuqua, 2007), Tireur d'élite. Aller voir des films hollywoodiens avec des amis reste tout de même une expérience cinématographique intéressante, ne serait-ce que pour se mettre à jour dans les clichés et pour voir les réactions et les attentes des autres par rapport aux films de ce genre. Je ne me suis donc pas refusé ce plaisir, et je suis ici pour constater quelques points au niveau de la trame narrative du film.  Le personnage de Bob Lee Swagger, incarné par Mark Wahlberg, a une corde sensible particulière (du moins pour les gens de l'extérieur des États-Unis): il ne peut résister lorsqu'on lui demande de servir son pays. L'histoire le pousse cependant à remettre en question sa conception de ses compatriotes ("Jamais je ne me serais attendu à ce que la menace vienne de l'intérieur"). À l'ère terroriste, l'histoire vient donc nous faire remettre en question le nationalisme aveugle, où les dirigeants du pays seraient les éternels bons. Cependant, un élément reste très présent: le "Self-Made Man" mythique qui crée sa propre loi et qui combat pour la justice. Le personnage est donc un héritier des films western. Il vient bien évidemment nous rappeler ce qu'est le "vrai" nationalisme américain, soit celui de respecter les mythes fondateurs et de "prendre les armes" (au sens littéral comme figuré) contre ceux qui voudraient changer l'idéologie à la base de la création de la constitution. Bien évidemment, explosions, meurtres et femmes en tenues légères (de façon totalement gratuite par ailleurs!) sont de la partie. Image tirée de http://www.popmatters.com/pm/film/reviews/32184/shooter-2007-review/Libellés : Antoine Fuqua, Critiques, Films, Études cinématographiques
Pour mieux vous expliquer mon texte sur Maya Deren que je vous invite à lire, pourquoi ne pas commencer par la dernière phrase du texte? Sans se placer sous le joug de la conception narrative classique, ni sous celui d’une expérimentation qui y entre nécessairement en rupture, les courts métrages de Deren sont uniques et ont comme canevas la simple volonté de s’exprimer et de légitimer son travail en tant qu’oeuvre artistique.  Présenté dans le cadre du cours Cinéma expérimental et art vidéo (CIN2108) à l'Université de Montréal, l'idée était de montrer comment Deren n'était pas du tout instigatrice d'une tradition formaliste, mais était plutôt marginale de par l'aspect formel différent qui se marie au fond. En fait, la base de la décortication se fait d'abord en questionnant la question de la temporalité, questionnement qui nous amène immédiatement vers la question d'une redéfinition du temps au cinéma. Il est difficile cependant de parler réellement d'une volonté de rupture d'avec ce qui s'est fait avant. Comme l'explique Janmi dans son commentaire sur Meshes of the Afternoon, il préfigure ce qu'on a appelé le film de transe, un genre qui se caractérise fondamentalement par une idée de contenu et non une idée de forme. On accordera sans doute davantage à Deren l'audace d'avoir fait des films en se posant la question de savoir ce qu'elle veut faire avant de savoir ce qu'elle pourrait faire avec le médium filmique. Je place donc mon texte La forme créatrice du temps comme expression chez Maya Deren en format PDF. Libellés : Cinéma expérimental, Deren, Film de transe, Films, Études cinématographiques
Le site Cam-court.com vient présentement d'être mis en ligne, mais n'est toujours pas officiellement lancé (le site annonce printemps 2007). Puisque Silence on court! annonçait sa fermeture en novembre dernier, Cam-court reprend en quelque sorte le flambeau. Pour l'instant, il n'y a en ligne qu'un court vidéo, les instructions pour soumettre nos créations, et un forum encore désert. Mais, le tout annonce que le court métrage en ligne ne tire pas à sa fin. Libellés : Actualités, Films, Études cinématographiques
Tout le monde sait bien évidemment que Wikipédia n'est pas une source fiable, de par les conditions inhérentes à sa propre existence. Puisque tout le monde peut modifier le texte, les éléments n'ont pas à être vérifiés, n'ont pas à être sourcés, etc. Pourquoi donc, alors, Pierre Assouline pose-t-il dans son blog la question de la fiabilité de Wikipédia?  Il semblerait que dans un contexte de sciences exactes, Wikipédia pourrait être une source fiable. Puisque tout se vérifie dans le texte même, et non par le biais de sources externes - véritables matières premières des sciences humaines - la "communauté scientifique" pourrait facilement repérer les erreurs et ainsi rendre fiable n'importe quel article scientifique. Ainsi, plusieurs étudiants universitaires en sciences exactes se fient à cette encyclopédie "libre". Mais comme l'explique Assouline, et comme je le seconde ici, le problème de Wikipédia est un problème ontologique: de par sa méthode de modification des articles (immédiate), on en vient à un problème de fiabilité de l'auteur: "Or sur Wikipédia, la référence est à géométrie variable : le dernier qui a parlé a raison, jusqu’au prochain." Que fait-on si on se réfère au texte après un "pseudo-scientifique" qui tente d'éclairer un article qu'il juge plein d'erreurs? Le travail est-il à refaire? À mon sens, il n'y a pas 36 raisons pourquoi le travail d'un doctorant doit être approuvé par un groupe de confrères du milieu: pour éviter la prolifération d'erreurs d'ordre méthodologique la plupart du temps. Or, les erreurs méthodologiques ne sont pas factuelles, mais elles font davantage de tort à "la connaissance". Libellés : Critiques, Réflexions
Dans un texte traitant du rap français "de banlieue", Jean-Michel Devésa, le 30 juillet dernier, spéculait - c'est le cas de le dire - sur l'idée que les rappeurs "issus de l'immigration" revendiquent sans vouloir mettre les efforts. Une citation vaut mille mots (oui, une citation est faite de mots, tel est toute l'ambiguïté humoristique de ma phrase): " Frustrés, discriminés, victimes d’injustices et du racisme, les rappeurs s’érigent en porte-parole d’une jeunesse qui veut pour elles ces privilèges, immédiatement, sans attendre. Et surtout sans fournir la contrepartie de travail, de mérite, d’efforts, d’implication et d’engagement personnels sans laquelle l’accès à ces privilèges, au pouvoir et à la richesse demeure interdit ou se perd rapidement. ( Dévésa, 2006)" Où tire-t-il toutes ces informations, ces sources? On ne parle sans doute pas du même rap. Le rap américain qui a le style "véhicule de clichés" peut bien évidemment avoir comme rôle de "mettre en évidence" le star système en étalant la richesse des artistes au maximum, dans l'optique bien évidente de vendre davantage.  Mais quand 2 Neg & Mystik scandent " Finis le temps des oppresseurs, passe la main aux opprimés" (sur Ma 6-T va Crack-er, 1997), l'idée est dans un changement de mentalité, bien évidemment. "La sédition est la solution", de 2 Bal Niggets (toujours le même album), scandent "on additionne les forces pour faire face à la menace de l'État bourgeois", je crois qu'ils sont parfaitement conscient qu'accéder à une modification de la distribution des richesses passe par une lutte. Je me questionne donc à savoir pourquoi l'auteur n'a pas cité d'artistes ou de textes particuliers pour justifier son propos. Il ne semble pas parler de Ma 6-T va crack-er, puisqu'il parle de chansons récentes, mais citer ses sources a toujours permi de mieux se justifier. Libellés : Hip-hop, Ma 6-T va crack-er
 J'ai consacré un seul petit paragraphe, dans ma critique de l'album de Classick, sur la piste "Coup d'éclat". Voici un extrait pour vous expliquer le principe que je veux développer: " Ce track a la particularité de mélanger deux genres : le posse track et le « story-telling ». On passe d'ailleurs constamment entre deux niveaux, soit la métaphore d'un cambriolage et celui de la recherche d'une subvention." Définissons d'abord les deux genres: le posse track est lorsqu'il y a une collaboration, sur la même piste, de plusieurs rappeurs du même "crew", "clan", "groupe", selon le cas. Mais, généralement, un posse track n'a pas de sujet précis autre que la collaboration elle-même: les artistes ont donc la liberté d'enchaîner les punchlines et les jeux de mots comme bons leur semble et sur à peu près n'importe quoi. Ici, on utilise le "story-tellin'", en bref, la track qui raconte une histoire, un genre peu exploité au Québec, et dont le meilleur exemple serait sans doute "Territoire hostile" de Sans Pression (sur 514-50 Dans mon réseau). En plus de ce mélange, on assiste à deux "niveaux de sens". D'abord, l'idée d'une histoire d'espionnage, où les rappeurs ont une mission d'infiltration. Mais, la narration des artistes passe sans cesse à l'idée de réclamer une subvention, révélant de fait l'allégorie derrière la piste. On passe ainsi sans cesse de l'un à l'autre, mettant en évidence la métaphore plutôt que de la masquer. Libellés : Classick, Hip-hop, Sans Pression
La critique de l'album 3615TTC m'a pris relativement du temps, d'abord par la difficulté qu'il y a à cerner un groupe complexe comme TTC, mais aussi par la plus grande pression pour un article de qualité, considérant que le groupe a une carrière internationale.  Il y avait aussi le point principal qui, comme mentionné plus tôt ici, concernait l' ambiguïté du discours de TTC par rapport à un possible "deuxième degré". Ce point a été complètement réfuté par Tekilatex en entrevue, mais, au fond, cette ambiguïté reste présente lors de l'écoute de l'album. 3615TTC reste donc difficile à cerner, mais c'est ce qui d'un certain sens fait toute sa force. Libellés : Critiques, Hip-hop, TTC
Bien évidemment, je ne veux pas parler de la performance au sens de "performance artistique", mais plutôt dans un sens de "plus ou moins bon". En effet, le discours du "bon" ou du "moins bon" dans la description (critique ou non) d'un film lui tient bien serré à la cheville (bien plus que la narrativité d'ailleurs - cf. Metz). Autant les arts visuels étaient contraints au beau à une certaine époque, autant aujourd'hui le cinéma est contraint au bon. Bien sûr, le public de masse veut toujours que l'art soit beau, "décoratif" en quelque sorte. Le problème n'est pas totalement enrayé. Mais, même les "connaisseurs", les cinéphiles, veulent quelque chose de bon. Je déteste me faire demander la question "Pis, le film, y'était bon?", car je ne sais pas nécessairement quoi répondre, et que ce n'est pas ce qui a été mon questionnement en le regardant. Comme la sexualité, le cinéma est donc un art de performance. Libellés : Études cinématographiques
Une autre facette de ce fameux emploi chez Bell Distribution (que je viens de terminer hier par ailleurs) me permet d'illustrer un problème précis et difficile à solutionner. J'avais déjà évoqué une problématique à propos de l'entrée plus ou moins automatisée de données dans un message antérieur. Ici, j'ai plusieurs documents à traduire de l'anglais, mais le travail devient rapidement répétitif, puisque les données que je traduis existent presque intégralement en français, puisque ce n'est qu'une mise à jour de documents précédents. Le schéma de gauche est celui actuel, et c'est vers le schéma de droite qu'il faudrait aller. A est donc le document de base en anglais, et se traduit en français en A'. Une fois que A passe à B en anglais, il faut partir du document B pour faire un B'. Or, je proposerais que les mises à jour soient prises en notes pour que la traduction du document entier ne soit pas à refaire. On partirait du document A' pour faire un B', au lieu de partir du B. Pour ceci, il faudrait avoir répertorier toutes les mises à jour du document, et ne traduire que ces éléments. Mais, bon, ce serait complexe à tenter d'intégrer, malgré tout le temps que ça pourrait faire gagner. Le statut quo est plus important parfois que la nouveauté, et instaurer un tel système éliminerait toutes mes chances d'un potentiel retour au travail. Conservons donc les réflexions au niveau théorique plutôt qu'au niveau pratique. Libellés : Anecdotes, Emplois, Réflexions
Voici un paragraphe lu sur l'article sur Derain sur Wikipédia [ en date du 6 mars 2007]: " Son œuvre est parfois considérée comme inégale mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque : l'art est lié à une époque historique, les artistes ne peuvent simplement reproduire ce qu'ont fait leurs aînés mais ils doivent cependant tenir compte de leurs leçons." Bon, d'abord, l'idée n'est pas du tout de critiquer le fait que cette phrase n'ait pas vraiment rapport avec la description de l'oeuvre de Derain. Je trouve souvent drôle que la majorité des gens ne peuvent pas mieux expliquer le principe qu'un artiste est influencé par son contexte. Wikipédia en est le meilleur exemple, puisqu'il est lui-même le témoin de "la majorité des gens". Un artiste est lié à son contexte au sens où, depuis le 19ème siècle, l'art étant un médium libre et expressif, on peut relier un oeuvre aux "émotions" d'un artiste. Si on étudie un artiste avant l'époque de cette "liberté créatrice", son art ne témoigne pas de son individualité, mais plutôt de sa non-individualité, ce qui est le reflet de l'époque dans laquelle il est. Donc, pour contredire cette citation magique, les artistes peuvent (et une quantité énorme l'ont fait) reproduire très exactement ce que leurs aînés ont fait. Mais, ils ne le font que dans le contexte où cette reproduction est la méthode. À une époque où il est rare que ce phénomène de reproduction se fait, l'art témoigne plutôt d'un aspect individualiste différent d'avant. L'art témoigne d'un contexte, mais pas en lui-même, dans son aspect formel. Il témoigne de ce contexte uniquement lorsqu'on place la forme et le fond en rapport avec celui-ci. Libellés : Arts visuels, Réflexions
En jouant une autre game des Loups-garous de Thiercelieux, je réfléchissais aux principes du jeu en comparant deux "instances" types auxquelles je reviens souvent lorsque je parle de cinéma, jeux vidéos, etc. Il s'agit de celle, diégétique, de l'histoire dans laquelle se déroule le jeu, et celle, extradiégétique, dans laquelle nous nous trouvons en tant que joueurs. Théoriquement, les règles devraient être l'outil qui nous fait amener à devenir "diégétiques", c'est-à-dire dans la peau des personnages. Vous pouvez bien évidemment prendre connaissance des règles, elles sont toutes simples. Durant la "nuit", les joueurs doivent fermer leurs yeux, et les loup-garous peuvent éliminer un joueur en le pointant du doigt. Admettons que l'un des loups accroche un autre joueur en pointant, il y a en quelque sorte une "interférence" entre la diégèse et l'extradiégèse.  Celle-ci pourrait se justifier: les loups doivent théoriquement être discrets lors de leur coup. Mais, la configuration du jeu doit par contre permettre à ce que tout se fasse bien (par exemple, permettre que chaque joueur ait de l'espace pour se mouvoir sans toucher les autres), sinon, certains joueurs seront pénalisés lorsqu'ils seront loups-garous. Ce qui m'amène à dire que les règles du jeu, si elles ont comme objectif de créer une histoire (interactive), doivent donc être suivies en conséquence. Dans la plupart des jeux, il "manque" des règles, surtout pour les jeux complexes. Certaines situations n'ont pas de solutions, et des FAQs sur le net se créent parfois pour répondre à ce besoin. Mais les règles manquantes peuvent se déduire parfois, s'il y a un objectif aux règles. Par exemple, si on dit que la plupart des règles des jeux créent une histoire, les nouvelles règles contribuent à l'histoire (et doivent, en quelque sorte, être justifiées par cette histoire). Voilà pourquoi, samedi dernier, à notre partie, nous avons ajouter la règle de "l'interdiction des signes". Ainsi, durant le tour de la sorcière pendant la nuit, la voyante (ou quelqu'un qui se fait passer pour elle) ne peut pas faire de signes pour lui indiquer son rôle. C'est logique en fonction de l'histoire. Les règles, même si elles sont le fondement même du jeu, sont souvent pour les joueurs (et pour le créateur) un outil pour créer cette histoire. Libellés : Diégétique, Jeu de société, Jeux
 J'ai pu, durant mon entrevue avec Metazon, rencontrer à la fois trois personnes très impliquées dans le milieu hip-hop montréalais et concernées par la situation actuelle. Le rassemblement, leur album, qui sort demain, se veut en fait une "mission" plus qu'un réel album propre au groupe. "« Rassemblement », c'est vraiment pour dire au monde : « Okay, on est là, ça c'est toute la diversité qu'on a. »" J'aime leur façon de penser, et ce qu'ils veulent faire - en théorie. Je m'inquiète par contre pour certains points. Généralement, les gens qui disent qu'ils veulent changer les choses, qu'ils veulent améliorer la qualité du rap d'ici qui "perce", déçoivent par leur propre musique. Je ne dis rien présentement, parce que j'amorce les premières minutes de leur album. Le rassemblement est par contre déjà une réussite de par le rassemblement de tous ces MC's ( Dramatik, Dee, Face-T, Le Dézed, Rugged Intellect, ...). Bonne chance aux deux rappeurs du groupe, qui ont une mission particulièrement intéressante et un défi de taille. Libellés : Hip-hop, Metazon

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