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31.12.07

Les médias et la médiation / Clermont

Récemment, parmi les articles sur Hiphopfranco, j'ai décidé d'amener une nouvelle manière de faire des entrevues: sous la forme d'entrevues téléphoniques. Ça se fait beaucoup dans le contexte radiophonique, et je me suis dit que ça pourrait être:

1) Intéressant pour les internautes. On peut l'écouter et faire autre chose. C'est plus rapide pour certains à télécharger que les vidéos. Je les fais aussi plus courtes et plus "spontanées".

2) Plus rapide à faire pour moi. Dans le cas de l'entrevue avec Clermont, j'ai mis l'entrevue sur le site 20 minutes après avoir raccroché.

Les médias et la médiation (5 novembre 2007)

L'idée de médias et médiation m'apparaissait intéressante. En effet, je discute avec le Doc Déziel sur l'impact d'Internet dans les événements en lieux réels. Bloqué par des caméras qui visaient à faire un reportage pour le net, je me suis demandé si le net n'était pas mis en priorité plutôt que ceux qui se déplacent. Est-ce que, ainsi, les gens seront incités à moins se déplacer?

Discussion téléphonique avec Clermont autour de J'fais shaker l'block (28 novembre 2007)

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publié par Simon Dor @ 15:26   0 commentaires Liens vers ce message blog




Audio versus audiovisuel: Retour sur Bienvenue chez Looser Prod

Je réfléchissais l'autre jour au vidéoclip "Bienvenue chez Looser Prod" que j'ai réalisé au début de l'été 2006 [Looser Prod est par ailleurs devenu SuperSeize Productions depuis peu]. Le contexte de production a été particulier: je travaillais à Dorval, habitait à Montréal, et tournait à Otterburn/Mont-St-Hilaire/McMasterVille. J'aurais dû refuser si "L" et Murph ne m'avaient pas dit qu'une seule journée de tournage serait suffisante, car ils savaient précisément ce qu'ils voulaient. J'ai donc entendu la chanson en question le matin même, et "go", on tourne. J'aime cette spontanéité pour la création, mais avec la possibilité de re-tourner si nécessaire, ce qui n'a pu être fait ici.

Le résultat a tout de même été bien reçu. J'en avais déjà parler dans une intervention précédente.

Bienvenue chez Looser Prod

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Je constate cependant que j'aurais changé quelque chose. À la fin du clip, on perd une blague qui fonctionnait avec l'audio. Je vous transcris le texte:

[1] Murph: Bon, qu'est-ce qu'on fout, là?
[2]L:
Je le sais ben pas. Hey, as-tu vu ma nouvelle chemise? Penses-tu qu'elle fitte
avec mes boxers?
[3]Murph: Hmmm... Sont-tu roses, tes boxers?
[4]L: Ben, kin.
[5]Murph: Nice...

Lorsque la réception est celle d'un auditeur, qui ne voit pas, on apprend que la chemise de "L" est rose uniquement en ligne 3: la question "Sont-tu roses, tes boxers?" nous fait rappeler la relation de "fittage" entre la chemise et les boxers, ce qui crée tout l'humour. L'adaptation que j'en ai fait empêche cette blague de fonctionner: la ligne 3 devient inutile, car on a déjà vu que la chemise était rose. Ainsi, la majorité du temps l'audiovisuel doit montrer, sauf si on sait utiliser efficacement le hors-champ. C'est probablement sur ce hors-champ que j'aurais dû miser en faisant ce vidéoclip.

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publié par Simon Dor @ 09:58   0 commentaires Liens vers ce message blog




29.12.07

Dix ans de hip-hop, cinq ans de cinéma

IAM - L'école du micro d'argent (1997)Il fait maintenant dix ans que j'ai reçu ma première cassette de rap, L'école du micro d'argent d'IAM (1997), et cinq ans que j'étudie le cinéma.

Pour l'occasion, j'ai reçu le CD du même album. Petite déception: il y a une modification majeure : la piste 15, "Libère mon imagination", est remplacée par le single "Independenza" (qui date de l'année suivante).

Je trouve d'abord très dommage que cette piste en particulier ait été remplacée: avec comme sujet entre autres l'esclavage, comme racines du hip-hop, mais aussi une puissance évocatrice du rap au niveau musical:
Dans les cales d'un négrier, corde au coup
Odeur de mort, ces percus sont la mémoire d'alors
Et chaque coup de grosse caisse blesse dans le cerveau
La caisse claire rappelle ce fouet qui lacère la peau [Akhenaton]
[...]
L'échantillon sans cesse revient
Fait de nous des victimes du quotidien
Combien de gens connaissent déjà leur avenir
Travailler dur pour à peine gagner de quoi survivre
Pour que l'esprit s'apaise il est nourri de libertés fictives
Nous voilà, esclaves sans chaînes [Shurik'n]
Ils entâment par ailleurs une réflexion sur le pouvoir des mots, et particulièrement lorsque ceux-ci sont de vive voix plutôt que par écrit. À l'inverse du fameux "les paroles s'envolent et les écrits restent".
À l'Ouest rien de nouveau
Les clés sont les mots
Sinon pourquoi les nazis auraient-ils fait des autodafés
A Toulon, les livres se vendraient en toute liberté
Mais nos textes par voie hertzienne prennent le chemin des airs
Nos voix ne seront pas prisonnières
Parti pris pour la musique, cette atmosphère unique
Casse les lois de l'asservissement psychique (Akhenaton)
Je vous suggère donc d'écouter l'ensemble de la piste, c'est probablement l'une de mes meilleures.

Mais, "Independenza" est distinct de cet album de par son esthétique: il s'agit davantage d'un single, par rapport à l'album où chaque piste a sa place et prend du sens en relation avec les autres. C'est au niveau musical que ce single se démarque particulièrement: entraînant, dans une forme classique (couplet-refrain-couplet-etc.), contrairement à plusieurs pistes de L'école du micro d'argent.

Par exemple, "Libère mon imagination" répète les refrains un nombre de fois presque incalculable, amenant dans la forme une signification semblable à l'idée évoquée dans la même chanson, dans la citation de Shurik'n plus haut. L'audace va probablement plus loin sur "Demain c'est loin", piste de 9 minutes sans refrain, avec deux couplets (un pour chaque rappeur) de 4 minutes 30 chaque. Je crois par contre que cette dernière a eu plus de succès que "Libère mon imagination", ce qui justifierait son retrait pour cette nouvelle version.

Enfin, bref, je crois quand même que certains classiques ne devraient pas être touchés.

Ces deux anniversaires presque simultanés me font réfléchir à la transmission de mes réflexions ici. Je me place dans la position d'un lecteur qui ne connaît rien au rap, voire aux études cinématographiques [rares sont ceux qui ne connaissent rien au cinéma], et qui tenterait de s'intéresser au contenu du site. Je vais donc probablement essayer de créer des pages sous forme d'un "cheminement" pour rendre plus claires mes idées. Je pourrai donc donner un ordre logique ("chronologique") à mes observations et réflexions sur le hip-hop et sur le cinéma.

N'hésitez donc pas à me faire signe par voie de commentaire ou par courriel s'il y a des questions particulières que vous avez eues sur le hip-hop ou sur le cinéma en lisant ce que j'ai écrit ici.

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publié par Simon Dor @ 11:52   0 commentaires Liens vers ce message blog




10.12.07

La suprématie de l'auteur sur l'oeuvre

Lors de ma lecture d'un entretien avec Abbas Kiarostami, je suis surpris de constater qu'il semble adhérer à l'idée qu'un auteur doit tout connaître sur son univers diégétique, même ce dont le texte filmique n'évoque pas:
Cela me fait penser à une anecdote sur Balzac qui, lors d'un Salon, s'attarde devant un tableau représentant une ferme avec une cheminée fumante dans un paysage neigeux. Il demande au peintre combien de personnes vivent dans cette maison. Le peintre répond qu'il ne sait pas. Balzac rétorque: "comment cela se fait-il? Si c'est toi qui a peint ce tableau, tu dois savoir combien de personnes y habitent, quel âge ont les enfants, si leur récolte a été bonne cette année et s'ils ont suffisamment d'argent pour donner une dot de mariage à leur fille. Si tu ne sais pas tout sur les personnes qui habitent cette maison, tu n'as pas le droit de faire sortir cette fumée de leur cheminée. (Kiarostami, cité dans Nancy, 2001 : 93)
Difficile d'être d'accord avec lui, dans la mesure où ces éléments ne sont ni dans le texte, ni déductibles de celui-ci.
Un peintre doit connaître ce qu'il ne montre pas. Sur ce petit cadre qui lui appartient, il doit tout savoir. (Kiarostami, cité dans Nancy, 2001 :93)
Au-delà de ma rétience face à l'aspect prescriptif de son intervention (l'utilisation du verbe "devoir"), l'auteur a-t-il le contrôle sur le hors-champ, cet espace par définition déduit par le spectateur? Dans certains cas, son intervention sur l'information qu'il donne au spectateur peut entraîner un hors-champ assez précis, mais certaines déductions sont incontrôlables. A-t-il de toute façon l'autorité de déterminer ce qui est vrai ou faux parmi ce qui n'est pas montré ni déductible? Roland Barthes s'est déjà penché sur la question, sur laquelle j'aime bien revenir de temps en temps (et sur laquelle je reviendrai probablement beaucoup plus exaustivement un jour).

J'avoue que tout ceci m'a fait pensé à la controverse récente à propos de l'homosexualité de Dumbledore. Difficile de dire que Dumbledore est homosexuel, puisque rien n'est spécifié dans le texte [je ne viserais pas à prouver qu'il est hétérosexuel, car rien n'est mentionné là-dessus non plus]. Je ne suis pas adepte de la théorie qui veut que l'auteur, lorsqu'il dit quelque chose sur son oeuvre, en soi le maître même une fois celle-ci terminée. Même Rowling met des nuances, rejetant de ce fait l'idée que son intervention hors du texte soit prise comme une vérité absolue: «Pour être franche, j'ai toujours pensé que Dumbledore était homosexuel» (c'est moi qui souligne).

Tout ceci pour revenir à Kiarostami qui, un peu plus tôt que son intervention précédente, donnait les clefs qui permettaient de le contredire.
Chacun construit son propre film, qu'il adhère à mon film, le défende ou s'y oppose. (Kiarostami, cité dans Nancy, 2001 : 89;91)
Référence: Jean-Luc Nancy, L'évidence du film: Abbas Kiarostami / The evidence of film : Abbas Kiarostami, Bruxelles, Yves Gevaert, 2001, 95 p.

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publié par Simon Dor @ 22:01   3 commentaires Liens vers ce message blog




5.12.07

Misogynie du rap: une question de préjugés

Je me souviens de la vague de protestations contre Omnikrom et leurs textes misogynes. J'ai déjà parlé à quelques reprises du deuxième degré de leurs textes. Je viens de réaliser que toute cette histoire est une question de préjugés et de stéréotypes, car ce type de deuxième degré existe ailleurs, et est absolument toléré, voire approuvé.

Ainsi, Nathalie Petrowski approuve le deuxième degré d'Yvon Deschamps et de Martin Matte, lorsque, par exemple, Deschamps "disait que c'était des incapables et des niaiseuses qui étaient juste bonnes à rester à la maison et à torcher".

Mais, on se pose la question à savoir si le rap dérape. On ridiculise leur deuxième degré, comme s'ils n'étaient pas assez intelligents pour tourner en dérision l'image projetée par d'autres créateurs d'une musique semblable. Mettre tous les jeunes dans le même paquet. Le rap dérape, pas Omnikrom.

Encore une fois victimes des stéréotypes. Entourés de deux baby-booms, je me demande sérieusement si ma génération aura une voix.

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publié par Simon Dor @ 22:55   0 commentaires Liens vers ce message blog




4.12.07

Seven de David Fincher: l'opposition des personnages

Seven (David Fincher, 1995)Dans la lignée des autres analyses que je vous ai proposées, je poursuis la série avec une analyse des personnages de Seven de David Fincher.

Je me suis assez éloigné de ce type d'analyse, sans référence. Certains diront que, sans se fier à des textes, l'analyse est plus vraie, sincère. Ils auront peut-être raison, mais je crois de mon côté qu'il faut - dans l'optique d'être plus méthodique - remettre en question sa méthode en la confrontant avec des textes théoriques. Je tire cette méthode du cours Analyse filmique. Néanmoins, les conclusions que je tire d'une lecture relativement psychanalytique, dans le thème du cours donné par Stéphane Leclerc, Corpus: allégories et métaphores.

Image tirée de: http://www.dvdbeaver.com/film/DVDCompare6/se7en.htm

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publié par Simon Dor @ 21:54   0 commentaires Liens vers ce message blog




3.12.07

Metz et la narrativité bien chevillée au corps

Vous avez peut-être déjà entendu la phrase: "Le cinéma a la narrativité bien chevillée au corps", qui serait de Christian Metz.

J'avais évoqué cette phrase implicitement précédemment, croyant qu'elle serait retraçable facilement, tellement connue. Enfin, bref, peut-être qu'elle ne l'est pas tant que ça, et - puisque Internet ne mentionne nulle part la source de cette phrase - il m'a fallu aller chercher dans son ouvrage Essais sur la signification au cinéma. J'ai pris une chance, tout comme d'aller voir dans "Langue ou langage?". Et la voilà.
Il fallait que le cinéma fût bien bon raconteur, qu'il eût la narrativité bien chevillée au corps, pour que les choses en soient venues si vite, et soient restées depuis, là où nous les voyons: c'est un trait vraiment frappant et singulier que cet envahissement absolu du cinéma par la fiction romanesque, alors que le film aurait tant d'autres emplois possibles, qui sont à peine exploités dans une société pourtant à l'affût de toute technologie nouvelle. (Metz, 1968 : 52)
D'autres internautes pourront donc savoir précisément où est cette phrase "célèbre" sans avoir à scruter l'ensemble de l'oeuvre de Metz.

METZ, Christian, « Le cinéma : langue ou langage? », in Essais sur la signification au cinéma, Paris, Klincksieck, 1968, j'ajouterai l'étendu des pages de l'article plus tard, il me semble les avoir égarées.

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publié par Simon Dor @ 23:49   0 commentaires Liens vers ce message blog




1.12.07

Quand le stéréotype prend le dessus

La plupart des gens qui me connaissent dans un contexte universitaire sont surpris lorsqu'ils apprennent que j'écoute du rap. Il m'arrive de me faire dire quelque chose comme: "une chance qu'il y a des gens qui écoutent du rap mais qui peuvent avoir un discours si cohérent". Jusqu'à récemment, je le prenais comme un compliment, et je suis sûr et certain qu'il est dans l'intention de ceux qui le disent de me faire ce compliment. Or, justement, je me suis rendu compte de l'absurdité de ce commentaire, voire du caractère stéréotypant qu'il sous-entend. Comme si je faisais figure d'exception parmi le "milieu hip-hop", ou même parmi tout ceux qui écoutent du rap. Ce qui me ramène à Akhenaton, sur "Métèque et mat" (Métèque et Mat, 1996):
On nous a fait croire que l'on était des merdes et à force on l'a cru
Le stéréotype a pris le dessus
Aucun héros à notre image, que des truands
Akhenaton - Métèque et mat (1996)Ici, Akhenaton fait plutôt référence au stéréotype du "métèque". Je ne connais pas parfaitement son utilisation actuelle, mais "métèque" fut une classe sociale dans l'Athènes antique, classe sociale d'immigrés qui n'étaient pas considérés comme citoyens à part entière. Je vous suggère d'écouter la chanson en entier (ou l'album, pour ceux qui n'y sont pas initiés), car le propos est plus que pertinent et mérite une attention plus approfondie. En voici le refrain, qui résume bien évidemment l'idée générale de la chanson:
Nous avons subi la loi des visages pâles
Car Mat est le métèque
Pour dix balles, accomplis les tâches et les travaux les plus sales
Car Mat est le métèque
Fascinés, par le mirage des idéaux de modernité, nos peuples se sont acculturés
C'est pourquoi, la fierté demeure toute seule dans nos sacs, de métèques et mats
Vous allez me dire que j'extrapole et que je place une situation raciale extrême à un stéréotype musical et vestimentaire. Mais, quand un jeune écoute une musique qui l'instruit sur des problèmes de société et qui l'amènerait peut-être à vouloir en savoir plus, mais qu'un stéréotype sur ses goûts vient lui coller à la peau, comment peut-il vouloir et se donner les moyens de progresser intellectuellement? Rares sont ceux qui apprécient le rap d'abord et avant tout pour son discours intellectuel (je ne me compte pas dans ce nombre non plus), mais je crois que sans ce stéréotype, la jeunesse aurait davantage confiance en son propre jugement pour ce qui est des éléments culturels.

Je me fais donc un devoir d'un jour légitimer le rap aux yeux de la société.

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publié par Simon Dor @ 17:18   1 commentaires Liens vers ce message blog






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