L’éthique et les études

Le cours de mardi dernier a pu clarifier des questions autour de la modernité et de la postmodernité qui avaient commencer à surgir dès le début de mon certificat en scénarisation. Pour faire court, on disait que la modernité était l’idée que la progression constante de la science était nécessaire, et pousserait l’humanité vers le mieux, et que la postmodernité remettait cette idée en question. La postmodernité serait l’idée de croire que le monde ne pourra jamais être entièrement saisi par la science, et que les avancements scientifiques peuvent être nuisibles.

Au fond, tout ceci nous fait tendre vers le questionnement sur l’éthique de nos études. Quel est la pertinence de nos études?

Un exemple concret

Hier, j’allais voir la soutenance de doctorat de ma belle-sœur, Julie Ménard, en psychologie du travail. Ce fut une belle réussite. Sa thèse portait sur la notion d’authenticité et son impact sur le bien-être en milieu de travail. Il est à noter que l’idée d’authenticité n’avait aucun lien avec les rapports interpersonnels. Il s’agissait ici de considérer l’authenticité comme l’adéquation, pressentie par un individu, entre ses propres actions et ce qu’il dit ses valeurs. Le concept est donc « amoral », au sens où l’éthique n’a rien à voir avec cela (bien que les valeurs d’un individu puissent considérer ses relations avec les autres; mais d’un point de vue extérieur, il ne s’agit aucunement de la question de l’éthique).

Tout ça pour dire que, durant la période de questions, l’idée de l’éthique est revenue à plusieurs reprises. Les levés de sourcils ont été éloquents quand le constat que quelqu’un qui est responsable de meurtres dans son emploi mais qui dort bien avec est authentique (bien que tous semblaient d’accord). Normal de réagir, nous sommes des êtres humains, mais la question éthique est souvent très importante dans les sciences humaines, rarement évitable au bout du compte j’ai l’impression.

La possible impartialité d’une analyse?

J’ai déjà cru qu’une analyse pouvait être plus ou moins impartiale, et j’ai apprécié pouvoir en discuter avec certains de mes collègues. J’ai l’impression d’être aujourd’hui bien loin de cette idée.

Dernière modification : 10 janvier 2009.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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2 commentaires

  1. Je suis contente que mon sujet t’ait inspiré.
    Si tu permets, je te suggère une autre chronique, afin que tu puisses exprimer ton idée de façon complète: les sports extrêmes 😉

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