Menu Fermer

Un colloque pratique: à quoi ça sert?

Lucie Joubert nous donne son commentaire sur le colloque sur l’humour qui avait lieu les 21 et 22 octobre dernier. Elle soutient principalement que, si un colloque de ce genre est essentiel, il obstruait la plupart des questions théoriques autour de l’humour.

Je me doutais que ça donnerait ce genre de résultat en consultant le programme du colloque. La plupart des invités étaient des humoristes. Remarque, plusieurs cinéastes, surtout dans les débuts de la théorie du cinéma, ont théorisé leur propre travail, faute de trouver dans la théorie ce qui leur plaisait. Je ne suis pas amateur de « théories des cinéastes« , non pas que je ne croie pas que la pratique empêche une théorie, mais plutôt parce que, la plupart du temps, leurs théories sont particulièrement encensées de par leur notoriété de cinéaste plutôt que par le contenu de ce qu’ils disent.

Tchendoh note qu’une discussion s’est centrée autour du pouvoir qu’ont ou non les humoristes. Comme il le note, bien sûr que les humoristes ne l’admettront pas. Le propos est donc en ce sens limité lorsque les intervenants sont directement du milieu étudié.

À quoi sert un colloque « pratique »? Il semble en tout cas que ce soit à autre chose que d’autres types de colloques.

Articles similaires

4 Comments

  1. tchendoh

    La plupart des invités étaient des humoristes? Moi je pense que ce n’était même pas la moitié. Et si tu comptes les animateurs, c’est clairement sous la moitié.

    C’est quoi qu’il aurait fallu?

  2. Simon Dor

    Je me base sur le texte de Mme Joubert: « il ne s’agit plus pour l’auditoire d’entendre un spécialiste aborder l’œuvre des humoristes mais d’écouter les humoristes eux-mêmes, tant dans les panels que dans les périodes de question, perspective beaucoup plus alléchante et véritable aubaine, compte tenu du nombre de comiques au pouce carré qui ont participé à l’événement. » Même en regardant les participants, au moins 40% me semblent humoristes, auteurs ou comédiens.

    C’est un peu comme des rencontres avec des cinéastes ou des auteurs. Oui, il expose une pensée qui peut être pertinente, qui est intéressante à rencontrer, mais une pensée à l’intérieur de quelque chose n’est jamais la même chose qu’un spécialiste qui regarde avec le recul [et qui, dans certains cas, y consacre sa vie].

  3. tchendoh

    Ouin mais là calvaire, y’en a combien d’expert en humour?

    Les discussions étaient à six personnes.

    Il y a eu une entrevue avec un anthropologue qui était génial pis elle était animé par Avard, on va tu chialer parce que c’est 50-50 dans les proportions?

    À mon avis, c’est simplement parce que les gens qui s’intéressent à l’humour sont des gens du miieu. Ils avaient un historien, un anthropologue, un philosophe, il y avait des journalistes comme Dutrizac et Cassivi qui chialent souvent sur les humoristes et Josée Legeault qui a un opinion sur toute.

    À mon avis, les experts qui n’étaient pas là, c’est qu’ils ne voulaient y être parce Louise Richer voulait vraiment une discussion le plus large possible.

  4. Simon Dor

    Je ne dis pas qu’il y aurait eu une meilleure manière de le faire, je suis d’accord avec l’opinion de Mme Joubert qu’il s’agit d’une initiative à poursuivre.

    Je ne trouve pas que ça sert à rien. Je posais vraiment la question: « à quoi ça sert? », sans assumer une réponse quelconque ni sans en avoir une certaine idée (ex: que c’est une bonne initiative de réfléchir là-dessus). Les réponses là-dessus m’intéressent, et je considérais, à travers l’idée fixe qu’avaient certains humoristes (celle qu’ils n’auraient pas de pouvoir), l’hypothèse que le praticien aurait une « limite » à l’analyse de sa propre pratique. Mais, en effet, comme il n’y a pas de spécialistes, c’est une initiative qu’il faut à mon sens soutenir, justement pour encourager des chercheurs à se pencher là-dessus.

    Selon le texte sur ton blogue, tu semblais d’accord qu’ils ne pouvaient pas dire qu’ils ont du pouvoir sans le perdre. C’est donc une manière, il me semble, de dire que d’impliquer des humoristes là-dedans biaise au moins un peu la réalité. Es-tu d’accord avec le fait que, bien qu’il n’aurait pas pu être bien différent, il y ait une limite à ce genre de colloque?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *