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18.4.08

Évaluer la valeur ou la qualité d'un blogue

Je parlerai ici d'un sujet qui touche le "mode d'expression" plutôt que mes thèmes habituels, c'est-à-dire du médium "blogue". Je crois que ça vaut la peine de réfléchir sur la manière dont nous diffusons nos textes sur Internet, et ça comprend des aspects comme la promotion de son blogue.

Blogshares est un site qui répertorie des blogues, comme un annuaire. En fait, sa particularité, c’est qu’il accorde une valeur aux blogues, en B$, en fonction des liens entrants versus les liens sortants du site. Blogshares encourage ses participants à ajouter le plus de blogues possibles, pour que les liens entrants/sortants soient le plus précis possible. La personne qui ajoute le blogue n'en est donc pas nécessairement l'auteur. Par ailleurs, aucun "score" n'est donné à un utilisateur qui ajoute le blogue. Il ne m'a donc jamais semblé que ce principe de "fantasy blog market", bien qu'il y ait une "valeur" associée aux blogues, puisse être perçue négativement. Or, je viens de recevoir un commentaire me demandant de procéder à l'effacement d'un blogue que j'ai ajouté. Je veux ici clarifier mon point de vue, comme quoi une valeur "monétaire" d'un blogue est plus juste et équitable que la plupart des "tops blogues" auxquels les blogues souscrivent.

Qu'est-ce qui fait la valeur d'un blogue?

La question posée au sens large est très relative. Il est en effet difficile de cerner ce qui rend quelque chose intéressant, car cet aspect est très relatif. On semble associer un site souvent consulté à un site intéressant. C'est un lien logique, mais qui ne fonctionne pas en sens inverse: difficile de douter qu'un site visité est un site qui a de l'intérêt, mais tous les sites qui ont de l'intérêt sont-ils visités?

La visibilité reçue des Tops"

Dans les sites du type "tops" (par exemple, Tout le monde en blogue), le problème, c'est que la valeur des blogues (bien qu'elle ne soit pas vue comme de l'argent), est proportionnelle au nombre de visiteurs du site. Dans certains cas, il s'agit carrément du nombre de "clics" que notre blogue donne à l'annuaire. Autrement dit, il ne s'agit pas pour le site d'offrir de la pertinence à ses visiteurs, mais plutôt de faire un échange de visibilité (ou de "clickabilité") avec les sites qui font partie de son annuaire. Qui plus est, beaucoup d'annuaires mettent des liens qui ne sont pas "durs", donc, qui ne font pas bénéficier à notre site une plus grande estime de la part des moteurs de recherche.

La valeur Blogshares et le "Quality Rank"

L'avantage d'emblée de Blogshares est d'accorder automatiquement une valeur fixe à tout site, sans tenir compte des visiteurs. Cette valeur par contre se modifie rapidement: chaque lien placé sur un blogue "donne des points" aux blogues liés, divisé par le nombre de liens totaux. Notre blogue prend de la valeur lorsqu'on reçoit des liens, et permet de donner de la valeur aux blogues que nous avons dans notre "Blogroll". Si donc nous sommes dans les liens d'un site qui fait très peu de liens, notre valeur augmente. Par contre, si on fait trop de liens, notre valeur diminue. En aucun cas, la valeur n'est liée au visites; tout ceci reste une question de "reconnaissance" de la part d'autres blogues.

D'autres annuaires ont pris des initiatives différentes pour reconnaître la qualité de sites qui n'ont pas nécessairement beaucoup de visites. Ainsi, Annuaire webmaster utilise un Quality Rank. En inscrivant son site, le webmestre doit juger parmi cinq sites quels sont les deux meilleurs. Il permet donc d'évaluer les sites des autres, pour qu'ils soient classifiés par leur pertinence. Afin de s'assurer qu'ils font leur travail de bonne foi, ils gagnent des points additionnels pour leur site si les sites qu'ils ont jugé meilleurs sont aussi jugés comme tels par d'autres webmestres. Bien qu'il y ait des failles à ce système, entendons-nous qu'il s'agit d'une initiative différente qui tente de donner la chance à des sites qui n'ont à la base pas nécessairement la faveur du grand public d'emblée par le choix de leur sujet.

Je crois donc que les gens qui s'arrêtent à l'idée du $ pour juger de l'initiative de BlogShares ne voient pas comment ce type de site permet une grande visibilité à des gens qui sont complètement désavantagés par les "charts". L'initiative de beaucoup d'annuaires à "tops" est beaucoup plus près de l'idée du capitalisme qu'une initiative qui utilise le signe de dollar comme métaphore d'un certain gage de valeur d'un blogue.

Personnellement, blogueurs ou visiteurs, quel lien entretenez-vous avec les sites qui répertorient les blogues ou qui les classent? Vous fiez vous aux "tops", aux "valeurs"? Quel système préconiseriez-vous pour juger de la pertinence d'un blogue?

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17.4.08

Un héritage d'Aimé Césaire dans le rap

Je viens d'apprendre la nouvelle de la mort d'Aimé Césaire. Il a fait partie de ceux qui ont prôné la négritude, c'est-à-dire de la conscience d'être Noir, et de revendiquer en quelque sorte la fierté de cette différence. J'en fais peut-être une mauvaise lecture, mais j'ai toujours vu le rap dans cette lignée, évidemment surtout lorsque le phénomène était plutôt exclusif aux Afro-Américains. Le "n word" me semble par ailleurs être dans la lignée de cette négritude: péjoratif lorsqu'un Blanc l'emploi pour un Noir, il devient signe d'une fraternité lorsqu'il est employé carrément comme synonyme de "homie". Utiliser un mot péjoratif pour le rendre positif est un geste de résistance. C'est dire: "Oui, je reconnais être différent de toi, mais je suis fier d'être différent de toi." Cette résistance a été vu par d'autres - notamment Fanon - comme négative, car elle ne permettait pas au "colonisé" de se réapproprier la culture du colonisateur pour s'unir contre lui. Fanon semblait plus croire qu'on ne pouvait complètement ignorer qu'il y a eu une colonisation, prônant notamment les frontières nationales telles que les colonisateurs les ont faites, pour éviter la balkanisation de l'Afrique. La négritude ne va pas nécessairement à l'encontre de cette idée, mais bon, de toute façon, une discussion là-dessus pourrait être trop longue et ce ne serait pas sage dans le contexte d'une étude pour un examen.

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13.4.08

Le paradoxe de la séquence extra-diégétique

Je profite du fait qu'Hugo parle de la question d'une séquence extra-diégétique pour introduire une idée que j'ai en tête depuis un certain temps. C'est une question qui me trotte depuis le début de mon baccalauréat, mais que je n'ai jamais pu affronter réellement, faute d'arguments. Même si j'aime bien en parler, je suis très réticent au concept même de diégèse. J'expliquerai ici comment il me semble que ce concept est créé par une opération qu'il crée lui-même, en amenant le "paradoxe" de la séquence extra-diégétique. J'espère par contre que vos commentaires pourront modérer mes conclusions.

Qu'est-ce que le diégétique?

Le diégétique est en quelque sorte tout ce que la fiction elle-même crée; tout ce qui est supposé par le film lui-même en tant qu'il crée un univers, un "microcosme" qui présuppose des lois auxquelles nous n'avons pas directement accès mais que nous supposons par l'expérience que nous avons avec la fiction à laquelle le film nous donne accès. Autrement dit, il y a des événements qui se déroulent, nous les étiquetons comme diégétiques car ils nous sont présentés par le film, puis nous supposons que d'autres événements existent ou auraient pu exister suivant les éléments présentés par le film.

Comment en sortir?

Ce qui définit le diégétique est en quelque sorte l'expérience du film, la fiction qu'il crée. L'extra-diégétique du film, quant à lui, est ce qui est présent dans le film, mais qui ne fait pas partie de la fiction créée par le film. À moins qu'il y ait une possibilité formelle de faire la distinction entre fiction et non-fiction au cinéma, il y a là en quelque sorte une double définition: le film vient définir la diégèse, puisqu'elle est constituée tout ce qu'il crée; dès lors, comment concevoir qu'il y ait du filmique qui ne soit pas à la fois du diégétique? Comment peut-il y avoir quelque chose qui soit à la fois présent dans le film et à la fois qui soit absent de quelque chose qui, par définition, est tout ce qui est définit par ce que le film crée?

Des présuppositions de ce qui détermine la diégèse

Puisqu'on dit souvent que le cinéma est avant tout un art visuel (affirmation avec laquelle je ne suis pas d'accord par ailleurs), on pourrait établir un critère comme quoi la diégèse est par défaut créée par l'image: par exemple, une voix pourrait être extra-diégétique, si par exemple un narrateur qu'on ne voit jamais nous racontait l'histoire. Ou encore, on pourrait dire que la voix ne fait pas office de diégétique, en disant que, si l'histoire ne fait jamais de lien avec le narrateur, ou l'inverse (Ex: "Je vais vous raconter l'histoire de mon fils." serait le caractère d'un narrateur intra-diégétique). Mais, le fait qu'il n'y ait pas d'allusion au rapport entre le narrateur et l'histoire n'implique pas qu'il n'y aurait pas pu en avoir, si, hypothétiquement, le film s'était prolongé.

Reste que toute cette question fait plutôt partie du domaine de la convention; je ne vois pas, à proprement parler, de manière de concevoir quelque chose qui soit extérieur à l'univers créé par le film et qui soit dans le film.

Ce qui m'amène à une conclusion qui paraphrase le personnage de The Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999): "La [diégèse] n'existe pas."

Image tirée de http://www.metaphilm.com/philm.php?id=169_0_2_0.

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9.4.08

Qu'est-ce que la disciplinarité?

Je reviens il y a quelques heures de la rencontre sur l'interdisciplinarité en études cinématographiques. Les questionnements proposés par Laurent Jullier étaient très pertinents, et, comme j'en parlais par hasard juste avant, le mot-clé a été justement épistémologie! L'idée d'ensemble était de se questionner sur le fait que plusieurs disciplines se penchent sur le cinéma, et que le mot "cinéma" lui-même peut être pris de plusieurs manières (il en note trois: fabrication, texte, réception).

Étonnamment, certains concepts qui m'apparaissent maintenant fondamentaux pour faire avancer cette question d'"interdisciplinarité" sont restés en suspens. Notamment, une question qui me semble essentielle (on pense toujours aux bonnes questions quelques heures après!): qu'est-ce que la "disciplinarité"? Qu'est-ce qu'une discipline?

J'avais au départ l'idée que "Études cinématographiques" pouvait être une discipline, centrée autour de l'objet d'études "Cinéma". Or, la question d'interdisciplinarité était dans ce qu'on pourrait aussi appeler des "approches": "sociologie", "esthétique", "gender studies", "cultural studies", sémiologie, etc. Il semble qu'en France, un chercheur doive se spécialiser dans une de ces approches avant de pouvoir prétendre à un poste universitaire; le Québec est à ce propos plus modéré.

Tout ceci me permettra certainement d'enrichir ma réflexion sur la question des études cinématographiques.

Commentaire sans lien avec le sujet: je suis de plus en plus lu il semblerait! Martin Picard, qui donne le cours Cinéma et technologies numériques, me l'a confirmé lors de cette conférence. Bien sûr, comme Dominic Arsenault m'a contacté par le biais de mon blog, et qu'ils collaborent pour le groupe de recherche Ludiciné et pour le site Kinephanos, je ne devrais pas m'en étonner. Sauf que, je ne sais toujours pas comment il a associé mon visage et mon nom...

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8.4.08

Rencontres doctorales: Interdisciplinarité et études cinématographiques

Demain aura lieu une seconde rencontre doctorale. Il s'agit en fait de rencontres organisées dans le cadre de la fondation du nouveau doctorat au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques, le Doctorat en études cinématographiques. Ce n'est donc pas une "rencontre d'information" au sujet du doctorat, mais plutôt des discussions de nature épistémologique.

Je ne serai visiblement pas le seul qui serai à cette rencontre de demain. Au programme, l'Intermédialité et les études cinématographiques (je paraphrase, je ne me souviens pas exactement du titre), conférence donnée par Laurent Jullier. C'est à 16h30, au pavillon Lionel-Groulx de l'Université de Montréal, local C-2151.

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