Le sexisme et les attentes envers les hommes

Si j’avais une cause à défendre socialement, ce serait sûrement l’égalité. J’allais écrire l’égalité des sexes, mais au fond, j’ai l’impression que de se battre contre une inégalité, c’est nécessairement se battre pour l’égalité en général. Dans le travail qu’il reste à faire pour que tous soient égaux, je vois de plus en plus qu’il y a une image de l’homme à détruire.

Dans cette lignée, je viens de lire un article éditorial à propos de cinq éléments de la « masculinité » envers lesquels les hommes se sentent redevables.

Merci à Tchendoh d’avoir partagé ce lien.

13 réponses sur “Le sexisme et les attentes envers les hommes”

  1. Il s’agit d’un bon article éditorial, en effet. L’auteure a certainement raison au sujet du fait que, en faisant valoir à quel point les identités sexuelles stéréotypées peuvent être pénibles pour les hommes, et que les femmes ne sont donc pas les seules victimes du sexisme, le féminisme (ou la lutte contre le sexisme) pourra recruter plus d’hommes. En même temps, j’ai l’impression que la réaction va trop loin; en se débarrassant des stéréotypes ridicules et/ou contradictoires, on fait un effort d’indifférenciation complète entre les sexes, comme si les hommes et les femmes étaient supposés être identiques et que les différences ne sont que le fruit de choix personnels. Non seulement ça me semble évidemment faux, mais j’entends de plus en plus de femmes se plaindre que les hommes du Québec ne « mettent plus leurs culottes », qu’ils ne tiennent plus ce rôle traditionnel d’initiative et de galanterie. Si ce rôle n’est pas imposé de façon indiscriminée, il me semble qu’il n’a rien de mauvais. Mais bon, face à tous les problèmes sociaux, les réactions vont toujours trop loin. L’histoire humaine est celle d’une pendule passant d’un extrême à l’autre mais se rapprochant toujours de l’équilibre. J’imagine donc que c’est normal 😉

    J’aimerais aussi questionner ta lutte pour l’égalité. Je crois que, au sens le plus noble, personne n’est contre l’égalité : tout le monde veut la justice. Cependant, est-ce que la justice implique forcément l’égalité? L’égalité en dignité, certainement et absolument! Mais les autres formes d’égalité me semblent plus relatives. D’un point de vue utilitariste, il me semble que les inégalités de mérite peuvent justifier certaines inégalités sociales. Et même au-delà de la question du mérite, certaines conditions impliquent des droits différents : On ne militera pas pour que le droit à la liberté des enfants soit égal à celui des adultes. Dans le même sens, je ne crois pas que tu militerais pour que les enfants non-nés aient un droit à la vie égal à celui des enfants nés. La condition peut être physique, mais elle peut aussi être mentale : On ne militera pas pour que les criminels et les fous dangereux aient un droit à la liberté égal à celui des autres citoyens. Des inégalités de condition impliquent des inégalités de droit; la question est à savoir quelles conditions altèrent quels droits.

    Il me semble donc que l’expression « lutter pour l’égalité » a quelque chose de trompeur. Elle présume que ceux qui ne partagent pas ta position défendent l’inégalité en tant que telle. C’est probablement vrai pour des cas exceptionnels – essentiellement le cas de ceux qui bénéficient de l’injustice – mais, dans l’ensemble, on devrait avoir une petite gêne avant de croire qu’une vaste proportion de nos concitoyens n’a tout simplement pas un sens de la justice aussi élevé que le nôtre. Nos adversaires politiques ont peut-être une conception biaisée du mérite et ils ont peut-être une vision erronée de certaines conditions mais ils ne sont pas contre l’égalité, au sens où la justice implique l’égalité, car les individus réellement opposés à la justice sont extrêmement rares. Comme nous, ils sont pour les égalités justes et les inégalités justes et ils sont contre les inégalités injustes et les égalités injustes. L’égalité en tant que telle ne me semble pas être un critère honnête de la justice.

    Au plaisir!

  2. C’est sûr que je n’ai pas défini mon concept d’égalité. Par contre, puisque j’impliquais « égalité des sexes », je voulais ici parler d’égalité au sens où on l’entend habituellement avec l’égalité des sexes, mais appliqué à différentes catégories sociales.

    Les prisonniers sont traités également, car tous auront le même traitement si nous allons à l’encontre de la loi de la même manière (en théorie). Pour le mérite, bien sûr qu’il ne faut pas tous faire le même travail et recevoir le même salaire, mais j’apprécierais qu’il y ait plus d’égalité quand même là-dedans (moins d’écarts entre les riches et les pauvres, surtout parce que leur écart n’est pas pour une large part basé sur le travail ou un quelconque mérite). Pour les « enfants non-nés », si tu fais ici référence à l’avortement, c’est le concept d’enfant qui doit être défini (on ne lutte pas pour qu’un spermatozoïde ait le droit à la vie, il y a donc une marge entre un être et un non-être et j’accepte la marge que la loi actuelle donne).

    En ce qui concerne maintenant l’égalité homme-femme, il y a probablement des différences biologiques entre les deux sexes, le problème est dans le fait d’ériger ces différences en règles à suivre pour les sexes. Les femmes n’ont pas à dire aux hommes de « mettre leurs culottes », car les hommes n’ont pas de tâche à accomplir qui leur revienne à eux spécifiquement. Idem pour l’inverse, les femmes ne devraient pas avoir à choisir entre carrière et famille plus que les hommes, aucun n’a le devoir « naturel » de faire quoique ce soit.

  3. Je crois que tu vois des évidences là où il n’y a en pas, à savoir que l’égalité « pour tous » impliquerait des inégalités de fait dont la justice ou l’injustice serait évidente.

    Les prisonniers ont une condition sociale extrêmement inégale de celle des autres citoyens; de même, les riches ont une condition sociale extrêmement inégale de celle des autres citoyens. Dans un cas comme dans l’autre, leur condition inégale est la conséquence de choix inégaux (et possiblement d’un environnement inégal). Tu peux plaider qu’une inégalité est justifiée et que l’autre ne l’est pas et je serai d’accord avec toi : mon point est que le débat n’est jamais pour ou contre l’égalité mais plutôt à savoir quelles égalités sont justes ou injustes. L’égalité n’est jamais juste ou injuste en elle-même; c’est toujours un ensemble de contextes et de valeurs qui définit la justice ou l’injustice d’une inégalité donnée.

    Quand tu écartes les droits des non-nés en les excluant des êtres humains, tu établies une condition aux droits, tu traces la frontière des droits. C’est aussi ce que font ceux qui s’opposent au mariage homosexuel, ou ceux qui s’opposent à des droits additionnels pour les femmes. De même, les personnes âgées auraient besoin de protections additionnelles car elles sont plus vulnérables mais cela impliquerait une inégalité en droit pour atteindre une égalité en fait (ce qui est l’inverse que la condition du prisonnier). Certaines conditions altèrent nos droits, c’est un fait. À savoir quelle condition affecte quel droit : là est le débat politique.

    Pour l’égalité homme-femme, je suis d’accord que les différences biologiques ne devraient pas être érigées en règles coercitives. Cependant, il existe des conventions culturelles différentes pour les hommes et les femmes (constituées partiellement en fonction des différences biologiques), et il n’est pas forcément souhaitable d’abolir cette différence. Si les uns ou les autres sont opprimés par certains aspects de la culture, il faut certainement la corriger. Mais je crois que certaines différences – qui pourraient être qualifiées d’inégalités (la galanterie, par exemple) – sont des aspects culturels plutôt sympathiques pour la plupart des gens sans être oppressifs pour les autres. L’idéal ne devrait pas être d’abolir toutes les différences culturelles entre les hommes et les femmes mais seulement d’en corriger les aspects oppressifs.

  4. Je suis d’accord pour ce qui concerne l’égalité. Comme je le disais, j’employais le terme « égalité » dans son sens habituellement employé dans l’expression « égalité des sexes ».

    Mais toute cette question n’était pas tout à fait l’objet du débat pour moi. Toute la question des différences culturelles entre les hommes et les femmes ne me semble pas liée au débat initial: le fait que les genres aient des spécificités culturelles ne devrait à mon sens pas influer sur leurs droits. Idem pour tout ce qui concerne les différences ethniques ou d’orientation sexuelle; c’est là pour moi ce que je veux dire par « égalité ». Je devrais en effet peut-être trouver un autre mot.

  5. Oh, en effet je t’ai mal compris. Je croyais que tu référais au sens usuel en disant « cette égalité et les autres » plutôt que « cette égalité distincte des autres ».

    On comprend ce que tu veux dire en parlant de lutte pour l’égalité en général; je souhaitais simplement faire valoir que cette expression porte une prémisse faussement objective. Tu sais comme je me plais à confronter les idées reçues! Je suis désolé de m’être éloigné de ton sujet de débat; je fais comme si j’étais chez moi sur ton blog 😉

    Tu crois que les droits entre les hommes et les femmes sont inégaux encore aujourd’hui? J’ai l’impression que les inégalités (injustes) qui restent relèvent de la culture plutôt que de la loi. Les emplois masculins sont plus valorisés et le corps des femmes est traité comme un objet marchand; là sont les injustices culturelles que je vois. Je doute qu’il ne reste quelque inégalité légale que ce soit…

  6. Pas de problème pour le changement de sujet, c’est là pour ça! Mais ta question m’a quand même pris par surprise.

    Oui, les inégalités relèvent de la culture, je suis parfaitement d’accord. Mais la culture a aussi son système de « droits », plus flous mais aussi opérationnels dans la vie quotidienne. C’est de ce système dont l’article parle: le fait que les hommes et les femmes aient des attentes sociales envers les hommes et que toute dérogation à ces attentes n’est pas « masculin ».

  7. On devrait plutôt vivre dans une société non mixisée : hommes et femmes à part comme ça y aurait moins de soucis … Les femmes ont été trop loin dans leur combat, il est urgent qu’elles arrêtent avant que ça leur explose à la tronche tel un ballon gonflé à l’hélium que l’on ne cesserait de gonfler.
    Elles ont tué l’amour et l’harmonie dans un couple … qu’elles aillent au diable.

  8. Lettre au ministre Barrette

    Bonjour monsieur barrette,

    J’entends dire depuis hier que la pilule abortive sera disponible gratuitement pour les femmes à compter de demain vendredi. À ce que je sache, la grossesse n’est pas une maladie! La dysfonction érectile elle, en est une. Je suis un homme vraiment tanné de subir des injustices répétées faites aux hommes au détriment des femmes. Par conséquent, je vous demande instamment, de ne pas offrir gratuitement une pilule abortive que je n’ai pas à payer à même mes taxes pour permettre aux femmes de s’envoyer en l’air sans précautions, mais plutôt, de « couvrir » les médicaments permettant aux hommes souffrant de dysfonction érectile d’avoir une vie sexuelle saine, normale et essentielle à un bon équilibre psychologique.

    Respectueusement,

    Pierre Hamelin

  9. Dans mon précédent message, une correction a été apportée. On aurait du lire: « ….tanné de subir des injustices répétées faites aux hommes au profit des femmes. »

  10. Moi je suis d’accord avec hamster. Les hommes sont en train de se faire tasser en marge de la société par les femmes et sont trop aveuglés par leur désir de plaire à celles-ci pour le réaliser. Ils vont se réveiller trop tard. Elles ont déjà prit le contrôle de l’éducation (d’ailleurs elles font tout pour écœurer nos jeunes garçons de l’école dès le primaire), elles ont prit le contrôle de la justice et de la santé. Maintenant elles pleurnichent pour envahir le domaine de la construction. C’est une femme qui ramasse mes ordures, qui me livre mon courrier et qui patrouille les rues de mon quartier (rien pour me sécuriser). Réveillez-vous les gars avant qu’il ne vous reste rien.

  11. Vous pensez sérieusement qu’on devrait « distribuer » les emplois en fonction des genres? Et, plus encore, que parce qu’une femme quelque part occupe un poste dans un domaine, ça implique qu’elles en ont pris le contrôle?

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