Déménagement

Même si ce blogue a indirectement pris une tangente « professionnelle » dans les dernières années, il reste au départ un blogue personnel, un espace qui me donne une marge de manœuvre à l’extérieur du monde universitaire. J’en profite alors pour continuer dans cette direction d’autant plus depuis que j’ai un poste de professeur. Même si j’ai des étudiants qui me lisent, que je salue d’ailleurs, je pense qu’un espace personnel en ligne qui permet de dialoguer avec n’importe qui sans que mon statut ne vienne se mettre constamment entre nous reste très utile.

La dernière année a été très difficile pour de nombreuses raisons. J’ai éprouvé la difficulté d’être chargé de cours en septembre 2015, démultiplié les contrats et terminé ma thèse en février 2016 dans l’espoir d’obtenir un poste que je n’ai pas eu, tout juste avant la naissance de mon deuxième enfant. Depuis, ma vie a déboulé très rapidement vers un autre poste, que j’occupe depuis août 2016. Ce poste et la vie familiale occupent le plus clair de mon temps depuis.

Avant l’arrivée de Thierry, on a aménagé sa chambre dans ce qui était le bureau où j’ai écris ma thèse. J’ai alors partagé mon espace de travail avec Marie, ce qui déjà transformait mon rapport à mon lieu de travail et d’écriture. Il y a quelques semaines, on a trouvé un nouvel appartement qui convient mieux à toute la famille. Ce déménagement rapide dans une année où le rythme de la vie quotidienne est extrêmement intense est très déstabilisant.

J’ai l’impression, en un an presque jour pour jour, d’avoir complètement changé de vie. Je réalise en fait la complexité qu’il y a à se sentir chez soi, à avoir des points de repères physiques. Mon bureau à l’UQAT est un espace de travail qui n’est pas « chez moi », mais tout ce qui occupait ma tête de chercheur durant les dix dernières années s’y retrouve — mes livres, mes jeux vidéo, mes consoles, ma vieille télé, mon vieil ordi avec Windows 95, etc.

Depuis le déménagement, je n’ai plus le repère que j’avais. Je me sens dans un constant voyage. Bien sûr, j’ai la famille qui reste le roc le plus solide et le meilleur ancrage, mais un rocher peut se déplacer dans de nombreux contextes sans être tout à fait le même.

Je suis quelqu’un d’assez routinier et j’aime bien me créer un espace qui me permette de créer ces habitudes au quotidien. Je suis encore dans cet entre-deux étrange, entre la stabilité et la nouveauté. J’ai confiance que j’aurai la chance de me créer cette stabilité sur le long terme, mais disons que l’entre-deux reste toujours un espace chaotique et peu propice au repos. J’espère avoir l’été pour mieux respirer et, peut-être, émerger à nouveau avec une autre « armée des morts ».

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