Symposium des laboratoires universitaires de recherche francophone en études du jeu et de la ludification

La semaine dernière avait lieu le Symposium des laboratoires universitaires de recherche francophone en études du jeu et de la ludification sur trois jours et dans quatre universités à Montréal. L’UQAM, l’Université de Montréal, l’école NAD (UQAC) et l’UQAT Montréal avaient chacun une partie de l’événement. Au total, neuf laboratoires étaient représentés, dont les quatre laboratoires montréalais où l’événement s’est déroulé.

Je vais brièvement donner quelques lignes sur l’événement, sans trop entrer dans les détails. L’objectif principal était de permettre un réseautage entre laboratoires francophones et de trouver des collaborations potentielles de recherche.

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À l’UQAM, on a visité le Laboratoire de recherche en médias socionumériques et ludification et présenté le groupe de recherche Homo Ludens, dirigé par Maude Bonenfant et Gabrielle Trépanier-Jobin. Accompagnées du coordonnateur du laboratoire Jonathan Bonneau, ce fut l’occasion de voir leurs installations assez complexes de captation de jeu (numérique ou non), incluant des caméras des joueurs, l’enregistrement de la séquence, de la biométrie, des capteurs de chaleur et de l’oculométrie.

À l’Université de Montréal, on a visité le Laboratoire universitaire de documentation et d’observation vidéoludiques (LUDOV) dirigé par Bernard Perron, Carl Therrien et Dominic Arsenault. On a eu l’occasion de faire un survol des nombreuses consoles rétro et récente et nombreux ordinateurs utilisés pour jouer ou rejouer à des jeux vidéo.

Le même jour, en après-midi, ce fut l’occasion de visiter les locaux de l’école NAD et le laboratoire Praxis, dirigé par Jocelyn Benoit et Dave Hawey. Alors qu’ils ont comme nous à l’UQAT des cours très axés sur le milieu professionnel, les enjeux de création et de l’industrie influencent et enrichissent beaucoup leurs recherches.

La dernière journée s’est déroulée à l’UQAT Montréal, alors que Guillaume Roux-Girard et moi-même présentions les recherches et la vision de l’enseignement que nous avons développée, conjointement à Erwan Davisseau et Danny Godin. Notre laboratoire n’étant pas encore officialisé, nous avons montré les défis que la recherche dans un contexte comme le nôtre impliquait mais aussi les opportunités que celui-ci permet. J’aurai l’occasion d’y revenir certainement.

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Parallèlement aux visites et présentations des laboratoires québécois, les chercheur-euse-s des laboratoires européens nous ont aussi présenté leurs installations, objectifs, recherches et défis. (Je pense n’avoir oublié personne mais, si jamais, faites-moi signe.)

Vincent Berry et Vinciane Zabban présentaient Ludomaker, leur Fablab à Paris VIII, et la manière dont ils faisaient cohabiter leurs ambitions de recherche avec des collaborations de partenaires divers pour créer des jeux, notamment non-numériques. Leur outil le plus vendeur auprès des bailleurs de fonds étant l’imprimante 3D.

Thibault Philippette est venu présenter Laboratoire jeux et mondes virtuels de l’Université catholique de Louvain. Il s’agit d’une initiative qui regroupe différents chercheurs belges et même d’autres laboratoires pour avoir une meilleure collaboration entre chercheurs et événements.

Yannick Rochat et Selim Krichane sont venus présenter l’UNIL Game Lab. Le laboratoire est tout récent et n’a que peu ou pas d’installation, mais leur objectif est de se donner un mandat clair de développer la recherche et l’enseignement du jeu vidéo à l’Université de Lausanne, ce qui n’est pas acquis, et de servir de médiation entre la recherche et le grand public en étant un pôle vers lequel les médias peuvent se tourner.

Fanny Barnabé et Julie Delbouille ont présenté le Liège Game Lab de l’Université de Liège, accompagnés par Pierre-Yves Hurel et Björn-Olav Dozo. J’ai beaucoup aimé l’effervescence des événements qu’ils organisent et la chimie qu’il y a entre chacun des membres. Ils ont des méthodes de travail qui impliquent de beaucoup jouer (ce que je trouve essentiel et étrangement rarement aussi clair) et de communiquer ses réflexions rapidement, notamment en utilisant le chat vocal pendant ou après avoir joué.

J’ai dû manquer malheureusement la présentation de l’Expressive Gamelab de l’Université de Lorraine par Sébastien Genvo et Julien Belzile. Heureusement, j’ai eu la chance d’être présent au lancement du laboratoire en 2014 alors que j’étais en colloque à Metz. J’aime bien le concept d’« expressive game » de Genvo, que j’ai utilisé dans mon cours d’éthique, et je prendrai le temps d’écrire un peu là-dessus très prochainement!

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Quelques tables rondes ont ponctué aussi les trois jours, sur des thèmes comme la collaboration avec l’industrie et la méthodologie de recherche avec des jeux vidéo. Différentes initiatives étudiantes des deux côtés de l’océan nous ont aussi été présentées, dont celles sur lesquelles j’aurais aimé écrire ici: le Groupe féministe vidéoludique, Profil ludique et Vectis.

Comme le tout se concluait à l’UQAT, on a pu terminer avec quelque chose d’un peu festif, incluant de la musique live, un dancefloor et des jeux en LAN!

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