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15.6.08

Hiphopfranco et moi (2004-2008)

Je confirme ici ce que j'avais déjà annoncé sur le forum, je quitte mon poste de "Directeur éditorial" pour le site Hiphopfranco.com, après avoir été responsable des articles durant 3 ans. Je veux ici expliquer quelques raisons qui m'ont poussé à prendre cette décision et résumer un peu ce que j'ai fait dans l'ensemble pour le site.

Entre Hip Hop Réseau et Hiphopfranco

Au départ, je possédais moi-même un site sur le hip-hop, Hip Hop Réseau, que j'ai eu entre 2000 et 2004. Essentiellement, j'y plaçais de temps en temps de courtes critiques et je voulais aussi permettre à des artistes de faire la promotion de leur musique. Le site Hiphopfranco existait depuis 2002, j'y étais visiteur, mais c'était plus un forum qu'autre chose. Le webmaster, Sinis, a voulu créer une équipe pour créer du contenu autour, et j'ai donc décidé de cesser les activités de mon site peu visité pour joindre le plus gros site, pour avoir une certaine visibilité. Ça ne changeait pas grand-chose au travail que je mettrais, mais j'aurais un plus grand lectorat.

Point à soulever: plus grand lectorat signifie avoir un certain mandat d'offrir de la qualité et une bonne rigueur, tant dans l'article que pour la fréquence de publication - car plusieurs lecteurs ont des attentes qu'on ne veut pas décevoir. J'ai donc amélioré cet aspect de mes articles, me donnant un devoir de pertinence qui m'a suivi et qui m'a servi je crois dans tout ce que je fais aujourd'hui.

Critiques, et plus

Au départ, donc, mon travail était strictement relié aux critiques. Hiphopfranco a eu une émission sur la défunte webTV de Broadbeat.ca, qui a duré deux saisons, et j'ai été co-animateur en automne 2004 avec SnapVirus, pour une durée de cinq émissions d'une heure. J'ai fait la réalisation et le montage de quatre de ces cinq émissions, hebdomadaires.

La formule fonctionnait davantage lors de la première saison, avec Sinis & Koriass comme animateurs. On a cessé l'émission je crois au moment où il y a eu un conflit d'ordre personnel entre Sinis & SnapVirus. Par contre, les entrevues et performances filmées ont vraiment attiré un bon public, une formule que j'ai voulu répéter directement sur le site. J'ai donc eu l'occasion de réaliser une quinzaine d'entrevues vidéos pour le site.

Avec mes articles, j'ai été à certains moments l'un des seuls à mettre le site à jour. Avec le travail investit, c'est un sentiment d'appartenance que j'ai développé envers le site. Au dernier moment où je l'ai calculé, j'avais écrit 153 articles, soit 63% des articles du site.

Beaucoup de travail est aussi nécessaire pour le P.R., pour le "networking", etc., ce pourquoi notamment Myspace avait pu être utile. Mais, la plupart du travail est dans le déplacement dans les shows, ce que j'ai souvent fait et souvent en étant le seul représentant du site. J'ai aussi passé à l'émission Trinité Radio, diffusée à Choq.fm.

Le commencement de mon blogue

Au moment où j'ai commencé ce blogue, mes interventions étaient bien davantage ciblées vers le hip-hop, tel que le témoigne le premier mois où j'ai écris ici. J'ai cependant pris l'occasion de mélanger mes deux principaux intérêts, de sorte de faire "Hip Hop / Cinéma", la dualité de mon blogue au départ. Aujourd'hui, j'ai aussi une certaine déception envers le milieu hip-hop québécois, qui propose des solutions de plus en plus liées à une manière de commercialiser la musique, plutôt que d'expérimenter les possibilités artistiques. Enfin, en outre, je n'ai strictement aucun avantage à continuer à faire un travail bénévole qui s'inscrit davantage dans la promotion que de la réflexion, si je n'en retire pas un profit monétaire, et que je n'en retire plus un profit intellectuel. Je passe donc à autre chose.

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30.3.08

Last.fm: une radio internet 2.0

Les radios Internet sont de plus en plus présentes, mais la plupart ne sont que trop semblables aux radios similaires. Certes, elles diffusent de la musique de manière plus indépendante, mais le peu d'auditeurs s'explique probablement par le format très semblable aux radios à ondes. Voilà où Last.fm me semble offrir quelque chose de nouveau, dans la lignée du Web 2.0, c'est-à-dire où l'auditeur prend une place plus importante, où le DJ devient un véritable algorithme personnalisable.

Il y a deux manières d'écouter cette radio. Soit simplement entrer le nom d'un de vos artistes favoris, pour que la radio propose de jouer des artistes semblables. Sinon, plus complexe, il s'agit d'installer une application sur votre ordinateur qui garde en mémoire ce que vous écoutez (avec plusieurs lecteurs, notamment Lecteur Windows Media, Winamp, iTunes, ...), pour pouvoir vous proposer de nouveaux artistes semblables à vos habitudes d'écoute. Il s'agissait au départ d'un plug-in, qui s'appelait Audioscrobbler, mais il semble que Last.fm ait acheté l'ancien site. On peut sauter la chanson en cours si elle ne nous plaît pas (mais on ne peut pas retourner en arrière: ça reste une radio, et non un répertoire de musique).



L'autre fonction est de pouvoir calculer et ré-écouter ce qu'on écoute le plus, ou encore de se créer des listes d'écoute (playlists), qu'on peut diffuser par exemple sur son blogue. Ce qui devient très utile pour:
  • partager ce qu'on écoute avec les gens qu'on connaît;
  • écouter sa musique peu importe sur quel ordinateur (et chez qui) on se trouve.
Question droits d'auteurs, la radio fonctionne (en principe) en accord avec les artistes: ceux-ci téléversent (uploadent) leur musique dans leur compte, et c'est uniquement celle téléversée qui peut être jouée sur leur radio (leurs singles, par exemple). En principe, bien sûr, car quelques indices laissent croire que tout n'est pas de leur initiative.

Les titres contiennent parfois des fautes, des parenthèses mal placées, des accents absents, des expressions différentes (pour les featurings, feats., avec, etc.), ce qui fait que si on n'a pas la même typographie que le titre téléversé, Last.fm les prendra pour deux chansons différentes. La question, souvent importante dans le rap, de l'artiste officiel (dans le cas de collaborations sur des mixtapes) rend d'autant plus difficile d'avoir la combinaison titre/artiste identique à celle du site.

Quelques problèmes qui restent donc à régler pour les programmeurs, mais le principe est là, et je crois bien que ce type de mode d'écoute prendra la relève de la radio FM standard, avec animateurs parfois peu intéressants et chansons inquiétantes (désolé, c'est le qualificatif qui m'est venu spontanément). Reste à voir quand et comment la publicité sonore s'y intégrera...

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21.1.08

Cyrano, Joe BG, Dupuis & Showme: Critiques d'octobre à décembre

Depuis le mois de septembre, je n'ai pas affiché les critiques que j'ai publié dans un billet spécifique, tel que je l'avais fait pour les critiques du mois d'août et septembre.

Il semble que j'aie perdu l'assiduité que j'avais, et que j'ai oublié d'ajouter un message à chaque mois depuis ce mois de septembre. Je vais donc devoir me reprendre ici, pour mieux réembarquer dès la fin du mois de janvier [j'omets donc les critiques du mois de janvier, je reviendrai là-dessus].

Pour Cyrano de Montréal, avec Chambre 11, présente un court album, intéressant sous plusieurs points, relativement varié, du moins assez pour bien présenter le style et les "skills" de l'artiste tout en ciblant ce qui fait sa particularité.

Décédé peu de temps avant la sortie de son album, Joe BG (Prévisions locales) s'écoute avec en mémoire un événement assez lourd pour ceux qui l'écoutent. En effet, rares sont les gens qui écoutent du rap québécois sans avoir connaissance du milieu. Chaque chanson prend donc un sens différent, et l'écoute de certaines chansons déjà tristes dans leur triste en prend une dose de plus.

Des réponses de Dupuis n'est pas un album rap. Reste qu'il gravite autour du milieu hip-hop, ayant notamment collaboré avec NSC Records sur Sans rimes ni raisons, avec L'Assemblée pour leur single "Turn Your Head Around", ainsi qu'avec Damien sur "J'veux plus travailler". Il s'inscrit davantage dans le pop, mais avec un style "émergent" (c'est-à-dire "jeune artiste ou groupe qui joue à la radio et qui fait un hit le temps d'un été, avec de la guitare, une voix québécoise et qui parle d'amour": je me risque à un nom, Kaïn).

Showme (Omniprésence) m'a vraiment étonné. Ses paroles sont remplies de culture, et même s'il s'agit la plupart du temps de "pluggage de culture", reste que ça rafraîchit d'entendre de la musique qui en contient ("Rien à foutre que t'aies la peau bronzée, comme un Rodin"). Style semblable à ses acolytes de la capitale, avec qui il collabore, ça sonne très bien et c'est pour moi une révélation.

Même si j'ai eu moins de cours cette session-ci, j'ai quand même eu moins de temps à consacrer à la rédaction d'articles (travail rémunéré, volonté d'améliorer ou du moins de maintenir ma moyenne actuelle). J'ai encore beaucoup de disques sur mes tablettes, en attente d'être écoutés et "jugés". Je vais faire un blitz de sorte de rattraper mon retard.

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26.10.07

Falloir avoir vu quelque chose

En faisant mes recherches pour mon texte du cours Cinéma documentaire, je tombe sur un article dont l'introduction vient particulièrement faire écho à certaines de mes réflexions. En réponse donc à tout ceux qui me disent la fameuse phrase: "Mais, tu es en cinéma et tu n'as jamais vu ce film...?", je leur répondrai dorénavant:
J'ai du mal à aller voir les films dont on dit qu'il faut les avoir vus: j'attends que m'en vienne le désir. Ainsi je laisse passer sans les voir des films qui parfois m'intriguent; je les laisse mûrir au loin dans le temps; tôt ou tard vient le moment où le film est prêt à être cueilli. Ou plutôt c'est moi qui me sens libéré de toute allégeance quand le film a passé son temps de conquête et qu'il s'éloigne enfin dans l'imparfait. (Biette, 1992: 129)
Je voudrais ajouter un petit bémol, sans vouloir faire de l'ombre à ce passage. L'article que je citerai probablement pour mon texte - autre chose que ce passage, vous aurez compris - ne sera pas utilisé de par ses qualités analytiques (ici, par rapport au film Nema-ye Nazdik d'Abbas Kiarostami (Close-Up, 1990)), qui sont plutôt manquantes, mais par le fait que l'article est écrit peu après la sortie du film en salles (en 1991 en France), et qu'il est un exemple de réception du film par la critique.

Référence: Jean-Claude Biette, "À pied d'oeuvre", Trafic, no 2, printemps 1992, p.129-139.

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6.10.07

Critiques du mois de septembre: Sir Pathétik & Billy Nova / M.I.G.

M.I.G. – Gemini, Me, Myself and High LPAlors, voilà, je vous laisse quelques mots sur les critiques du mois de septembre que j'ai publiée. Deux cette fois-ci: Mauvaize frékentation de Sir Pathétik & Billy Nova et Gemini, Me, Myself and High LP de M.I.G. Sir Pathétik & Billy Nova ont quand même fourni, malgré la "limite" que Pathétik peut faire, en ce sens qu'il y a beaucoup de points négatifs, que ce soit au niveau du flow ou des paroles (plutôt du côté des rimes). Les sujets et quelques innovations pour les beats viennent sauver l'ensemble. Pour M.I.G., le problème est plutôt dans la transition qu'il y a entre le style de BMC (son groupe) et un style plus classique, lequel n'est pas complètement maîtrisé pour sa part. Il aurait peut-être eu plus avantage à miser complètement sur son ancien style, ou mieux paufiner cet album. Quelques bonnes tracks quand même.

Sir Pathétik & Billy Nova – Mauvaize frékentationJe tiens aussi à vous informer de la publication d'une entrevue que j'ai réalisé avec Red1, du groupe Rascalz, de Vancouver.

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29.8.07

Critiques du mois d'août: Negsayo, PeeZee, Pythagore

Quelques mots sur quelques critiques que j'ai récemment publié sur Hiphopfranco.

De Negsayo (Bump ça dans ton whip!), j'ai apprécié l'aspect "personnage" derrière les paroles oui, mais aussi le flow. On ressent la touche, chacun ayant rendu ses verses reconnaissables et les ayant maîtrisés pour qu'on les ressente vrais. Le DVD, composé entre autres d'entrevues mais aussi de clips, vient dans la même lignée. "Bâton" et "Il fait chaud" sont deux tracks que je trouve particulièrement excellentes, principalement car les beats sont impeccables, et le flow bien évidemment réussit. Par contre, même si ça dépasse le niveau "mixtape", ce ne serait pas un excellent "album" (tiens, il sera intéressant de revenir sur la différence entre ces deux concepts).

PeeZee (The Mayor) a un style très près de Justin Timberlake: chanté au point où ça donne un look "pop", mais avec une inspiration hip-hop importante. Son originalité se trouve dans ses beats, inspirés par la musique des années 80. À écouter, mais sans plus.

Pythagore (Remixes LP vol.1) a un intérêt principal: il s'agit de remix. Il nous offre une "relecture" de tracks classiques, en changeant bien souvent l'atmosphère pour quelque chose de plus étrange. On a ici un bel exemple de ce que Pythagore peut faire, mais on se lasse en quelque sorte du fait qu'il s'agisse de reprises. Il ne dépasse pas vraiment les originaux.

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20.6.07

Damien reste lui-même

J'apprécie en général le rap que peut faire Damien, son dernier album n'en fait pas exception. Vous pouvez en lire mon commentaire sur ma critique de l'album Plus que jamais. Peu importe jusqu'à quel point Damien peut faire parler de lui négativement, on ne peut lui reprocher d'avoir changé depuis son premier album. Le style est à tendance pop, dans le genre "rap de guitare", mais Damien est plutôt l'instigateur de ce genre de rap. Il reste donc authentique à lui-même sur ce nouvel album, que je vous invite à aller écouter.

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6.6.07

Cobna: plusieurs styles de rap

Cobna - Garde un oeil ouvert
J'ai rencontré hier Cobna pour une entrevue qui sera bientôt sur Hiphopfranco. Il m'expliquait que son album comportait plusieurs styles de rap, ce qui fait qu'il plaît à plusieurs, mais rarement au complet. Je le notais par ailleurs dans ma critique sur Garde un oeil ouvert, en affirmant que le beat suit avec justesse l'émotion que le sujet décrit.

L'entrevue sera sur le site très bientôt. D'ici là, voici donc, pour l'instant, l'entrevue que j'avais fait avec le Treizième étage en novembre 2006.

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14.5.07

Les Yeux sans visage : la transcription sans adaptation

Quelques commentaires sur mon visionnage récent du film Les Yeux sans visage de Georges Franju. L'impression générale a été celle d'une adaptation littéraire pure et directe; certains passages sont "clairs" mais ne sont pas particulièrement pertinents lorsque tout se passe rapidement. Je m'explique. À un moment donné, la jeune femme défigurée se fait refaire un visage, et tout semble pouvoir enfin fonctionner. Par contre, son visage se "redéfigure" suite à un échec de compatibilité (du moins, c'est ce qui semble en ressortir). La méthode pour expliquer cette métamorphose est la succession d'images du visage de la femme avec des fondus enchaînés qui montrent la dégénérescence, avec en accompagnement une belle voix off qui nous explique le phénomène. Tout ça pour revenir à un genre de point de départ. On dirait donc qu'on a coupé dans l'histoire littéraire en tentant de tout mettre quitte à moins expliquer.

La voix off devient donc descriptive là où le temps est manquant pour nous montrer ou pour nous faire ressentir le récit. C'est en regardant ce type de cinéma qu'on peut comprendre davantage la position qu'avaient les nouveaux cinéastes de la Nouvelle vague française.

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10.4.07

Omnikrom vend des salades

Omnikrom - FM2: 24 pouces glacésJe viens d'être frappé d'une ligne rappée par un des membres d'Omnikrom, qui est la suivante :
T'achètes tout ce que l'on te vend
Nos salades aussi, t'entends?
La ligne est tirée de FM2: 24 pouces glacés, sur la piste "Achète-moi". Au-delà du petit clin d'oeil au rappeur Roi Heenok, qui, de toute évidence, se joue de nous, j'aime bien la mise en évidence de leur propre ironie. Ça ridiculise en quelque sorte les journalistes/chroniqueurs qui ne croient pas en un deuxième degré dans le rap. Louise Leduc de La Presse a fait un compte rendu intéressant de la situation. Au moins, La Presse confirme que les gouvernements laissent la place à la liberté d'expression et à l'indépendance des Francofolies.

Omnikrom - Futurs millionnaires vol.1Je suis content d'avoir critiqué négativement Futurs millionnaires, qui m'est apparu une pure provocation. Leur deuxième EP me semblait plus accompli musicalement, et aller au bout d'une pensée, ce que je respecte. Je n'ai donc pas de scrupules à ne pas avoir "anticipé" le talent du groupe Omnikrom, talent qui n'était pas nécessairement audible dans leur premier disque.

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8.4.07

Phatcademics: une seconde lecture

Il est intéressant de constater comment le rap peut parfois offrir une seconde lecture d'une oeuvre. Que ce soit par l'action du sampling, où l'artiste modifie une oeuvre initiale, ou encore, la simple sélection/modification de pièces rap qui lui préexistent.

Tel que je le fais remarquer dans ma critique de Phatcademics de DJ Phatcat, une compilation reflète souvent une certaine réalité de la période où elle a été produite. Phatcat modifie des pièces qui existaient, notamment en remixant "Rien à perdre" avec un bpm légèrement plus rapide. Tout ceci nous baigne dans l'impression déjà-vu (entendu?), mais crée un effet très intéressant de "relecture" des oeuvres que nous semblions connaître.

Enfin, bref, même après bientôt 3 ans à écrire des articles pour Hiphopfranco, je continue de renouveller l'écoute que j'ai, même (et parfois surtout) lorsque je "réécoute" des classiques.

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6.4.07

8½ et Juliette des esprits de Fellini: croire sur parole

Je fais ici un mea culpa assez important: j'ai eu de la difficulté à suivre et Juliette des esprits de Frederico Fellini, par un manque de concentration. Les films ne me sont pas appararus comme dynamiques, et puisque je les ai écoutés dans les débuts de ma passion cinéphilique, j'en ai perdu toute la richesse potentielle.

Je dis "richesse potentielle", car je suis convaincu qu'ils ont une valeur exceptionnelle que je n'ai pu cerné. Pour , ce qui m'en a convaincu est l'analyse, notamment d'un point de vue psychanalytique, de "mise en abîme" et de postmodernisme, qu'en a fait Stéphane Leclerc en 2004 dans mon cours Corpus de cinéma II à l'UQAM. Le phénomène que j'éprouve m'a fait la même chose lors de mon visionnage de Dogville de Lars Von Trier. Le film est long, éprouvant, surtout en salle de cinéma, mais une fois terminé, tout le bagage contenu dans le film est déployé, et c'est là qu'on peut en ressortir un discours intéressant et fascinant.

Dès lors, pour Juliette des esprits, il me reste à pouvoir en extirper des réflexions plus grandes, ce qui sera sans doute le cas une fois que j'aurai étendu mon corpus des films de Fellini. Il faut donc, pour l'instant, que je crois sur parole les gens qui me parlent du talent de ce réalisateur - talent dont je suis convaincu - jusqu'à ce que je possède assez son corpus pour pouvoir m'y prononcer réellement.

: http://www.ropeofsilicon.com/movies.php?id=1509
Juliette des esprits: http://www.u-blog.net/NadjaLover/note/54420

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31.3.07

Shooter et le nationalisme américain

Bien évidemment, je ne m'attendais à strictement rien en allant voir la version française du film Shooter (Antoine Fuqua, 2007), Tireur d'élite. Aller voir des films hollywoodiens avec des amis reste tout de même une expérience cinématographique intéressante, ne serait-ce que pour se mettre à jour dans les clichés et pour voir les réactions et les attentes des autres par rapport aux films de ce genre. Je ne me suis donc pas refusé ce plaisir, et je suis ici pour constater quelques points au niveau de la trame narrative du film.

Le personnage de Bob Lee Swagger, incarné par Mark Wahlberg, a une corde sensible particulière (du moins pour les gens de l'extérieur des États-Unis): il ne peut résister lorsqu'on lui demande de servir son pays. L'histoire le pousse cependant à remettre en question sa conception de ses compatriotes ("Jamais je ne me serais attendu à ce que la menace vienne de l'intérieur"). À l'ère terroriste, l'histoire vient donc nous faire remettre en question le nationalisme aveugle, où les dirigeants du pays seraient les éternels bons. Cependant, un élément reste très présent: le "Self-Made Man" mythique qui crée sa propre loi et qui combat pour la justice. Le personnage est donc un héritier des films western. Il vient bien évidemment nous rappeler ce qu'est le "vrai" nationalisme américain, soit celui de respecter les mythes fondateurs et de "prendre les armes" (au sens littéral comme figuré) contre ceux qui voudraient changer l'idéologie à la base de la création de la constitution.

Bien évidemment, explosions, meurtres et femmes en tenues légères (de façon totalement gratuite par ailleurs!) sont de la partie.

Image tirée de http://www.popmatters.com/pm/film/reviews/32184/shooter-2007-review/

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17.3.07

La fiabilité de Wikipédia

Tout le monde sait bien évidemment que Wikipédia n'est pas une source fiable, de par les conditions inhérentes à sa propre existence. Puisque tout le monde peut modifier le texte, les éléments n'ont pas à être vérifiés, n'ont pas à être sourcés, etc. Pourquoi donc, alors, Pierre Assouline pose-t-il dans son blog la question de la fiabilité de Wikipédia?

Il semblerait que dans un contexte de sciences exactes, Wikipédia pourrait être une source fiable. Puisque tout se vérifie dans le texte même, et non par le biais de sources externes - véritables matières premières des sciences humaines - la "communauté scientifique" pourrait facilement repérer les erreurs et ainsi rendre fiable n'importe quel article scientifique. Ainsi, plusieurs étudiants universitaires en sciences exactes se fient à cette encyclopédie "libre".

Mais comme l'explique Assouline, et comme je le seconde ici, le problème de Wikipédia est un problème ontologique: de par sa méthode de modification des articles (immédiate), on en vient à un problème de fiabilité de l'auteur:
"Or sur Wikipédia, la référence est à géométrie variable : le dernier qui a parlé a raison, jusqu’au prochain."

Que fait-on si on se réfère au texte après un "pseudo-scientifique" qui tente d'éclairer un article qu'il juge plein d'erreurs? Le travail est-il à refaire? À mon sens, il n'y a pas 36 raisons pourquoi le travail d'un doctorant doit être approuvé par un groupe de confrères du milieu: pour éviter la prolifération d'erreurs d'ordre méthodologique la plupart du temps. Or, les erreurs méthodologiques ne sont pas factuelles, mais elles font davantage de tort à "la connaissance".

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12.3.07

3615TTC : la critique

La critique de l'album 3615TTC m'a pris relativement du temps, d'abord par la difficulté qu'il y a à cerner un groupe complexe comme TTC, mais aussi par la plus grande pression pour un article de qualité, considérant que le groupe a une carrière internationale.

Il y avait aussi le point principal qui, comme mentionné plus tôt ici, concernait l'ambiguïté du discours de TTC par rapport à un possible "deuxième degré". Ce point a été complètement réfuté par Tekilatex en entrevue, mais, au fond, cette ambiguïté reste présente lors de l'écoute de l'album.

3615TTC reste donc difficile à cerner, mais c'est ce qui d'un certain sens fait toute sa force.

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28.2.07

L'artiste raté devenu théoricien

Il y a ce cliché un peu achalant comme quoi un critique (ou un théoricien) est souvent un artiste qui a complètement raté sa carrière. Bon, je me destine si tout va bien à m'en aller vers la théorie plutôt que la pratique du cinéma, et c'est le genre de choses qui me gosse. Pourtant, ce n'est pas tout à fait faux, car, en effet, je ne suis pas vraiment efficace techniquement.

J'assume donc que "le théoricien est l'artiste qui n'a pas assez de dextérité" si on accepte aussi que "l'artiste est le théoricien qui n'a pas assez de capacité d'expression écrite".

Ça me réconforte dans mon choix.

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6.2.07

Soldats de fortune: continuité de la thématique d'Akhenaton

Le dernier album d'Akhenaton m'a profondément intéressé, pour des raisons que j'ai décrites dans ma critique de Soldats de fortune. La track la meilleure est sans doute sur le deuxième CD (achetez la version limitée!), soit "La fin de leur monde", une sorte de suite à "Demain, c'est loin" au niveau formel, où la thématique (dénonciation mélancolique entre autres du racisme).

"Akhenaton reste dans un lexique thématique déjà entendu, c'est-à-dire la guerre, les soldats, dans « Soldats de fortune » ou « Troie », par exemple."

Semblable aux précédents parfois sur le plan thématique, la grande différence est au niveau du son lui-même, plus expérimental, mais pas aussi électronique que ne l'était, par exemple, Sol Invictus.

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Montage alterné et montage parallèle: une distinction diégétique

En surfant parmi les blogs d'Internet, j'en trouve un qui porte sur Eisenstein et l'importance qu'il porte à son montage, affirmation qui n'a pratiquement plus à être prouvée. Je peux par contre y lire une phrase qui m'agace:

"Pour ceux qui ne connaissent pas ce grand expérimentateur de cinéma qu’on considère être à l’origine du montage parallèle (à ne pas confondre avec montage alterné) [1]"

Sans qu'il ne soit question de remettre en question l'autorité de son auteur dans ce contexte, la distinction entre montage alterné et montage parallèle me semble une distinction fondée sur un élément extrafilmique, soit la diégèse elle-même. En effet, le montage alterné se définit généralement comme le montage de deux actions qui se produisent simultanément, alors que le montage parallèle se veut une juxtaposition du même ordre, mais d'éléments sans lien temporel. En fait, cette temporalité fait partie de la diégèse du film, ce qui fait que la définition des deux figures passe uniquement par le biais de l'histoire. Ces figures n'ont donc lieu que dans les films de fiction narratifs classiques - soit les "films à diégèse" - et ne touche pas complètement le phénomène filmique. D'un point de vue strictement formel, on ne peut distinguer les deux, ce qui fait que leur particularité se fait uniquement du côté du spectateur.

Par ailleurs, ce n'est pas Eisenstein qui a le premier amené l'idée du montage parallèle, mais Griffith avec Intolerance en 1916.

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30.1.07

Au-delà d’une histoire de violence - sur A History of Violence de David Cronenberg

Ce texte, clairement assumé comme ayant été écrit il y a plus d'un an, a été rédigé pour le cours Critique cinématographique (CIN2109) à l'Université de Montréal en automne 2005, cours donné par Marcel Jean.

A History of Violence est clairement en rupture avec les autres films réalisés par David Cronenberg. On n’assiste pas à la tendance générale complexe de sa cinématographie; la forme est ici plutôt classique, et même, on semble assister à un film s’inscrivant dans la tradition de la structure hollywoodienne. Cependant, le réalisateur, mettant en images cette fois-ci le scénario de Josh Olson, reste dans les thèmes qui lui sont habituels. L’identité, la violence, la sexualité, l’abjection, sont tout aussi présents mais exploités dans un contexte, une forme, plus accessible au grand public.

Dès les premières minutes, on comprend à quel type de film on aura affaire. Cette première scène nous présente deux personnages qui vivent à un rythme lent, supportés par le rythme du film, mais qu’on identifiera rapidement comme deux dangereux criminels. Ce type de présentation peu commune, qui nous met ces personnages dans un contexte somme toute réaliste et plausible, particulièrement par le peu d’artifices cinématographiques, est l’annonciation efficace d’un film violent certes, mais qui exploite ce moyen avec un humour noir et une tonalité ironique. Il ne faut certainement pas voir ni écouter ce film au premier degré.

L’histoire met en scène un personnage, Tom Stall, qui, par légitime défense, tue deux personnes qui prennent d’assaut son restaurant d’une petite ville des États-Unis. Les nouvelles en parlent et transforment ce père de famille honnête en héros local. Mais, un homme vient le visiter et brise l’harmonie de la famille en affirmant que Tom Stall se nomme en vérité Joey Cussack et qu’il vient de Philadelphie, où il a un passé de criminel. Cet homme se trompe-t-il d’individu? Quoiqu’il en soit, ce quiproquo crée une menace qui pourrait bien être fatale pour Tom.

C’est ainsi qu’on établit l’importance du double et de l’identité; le parallèle entre Tom et Joey s’établit clairement et impose ce thème. Est-ce que Tom Stall est Joey Cussack, ex-criminel de Philadelphie, ou est-ce une erreur sur la personne? La réponse à cette question est assez rapidement dévoilée; elle n’est pas un suspense sur lequel on veut s’attarder.

En fait, on fait très rapidement un parallèle avec l’aspect onirique. Lorsque la petite fille de la famille fait un mauvais rêve, on lui rappelle que les monstres n’existent pas. Le collègue de Tom parle aussi d’une femme qui le frappait pendant la nuit en s’imaginant qu’il était un meurtrier. Le rêve étant un contact important avec l’inconscient, il est intéressant de s’immiscer dans l’histoire en se penchant sur les allusions à ce domaine.

La structure du récit comme tel se veut une évolution progressive du personnage de Tom à travers certains éléments du passé qu’il doit régler. On traite ainsi de la fuite, celle de Tom qui sera efficacement mise en parallèle direct avec la fuite des deux criminels du début. Les éléments structurels et la suite des événements glissent avantageusement en dehors des sentiers battus, sans une courbe narrative prédéfinie.

L’aspect du dédoublement est bien rendu par le récit, qui se permet de montrer ainsi une évolution non seulement du personnage de Tom mais aussi de la relation que les membres de sa famille entretiennent avec lui. De deux séjours à l’hôpital, il est la première fois accueilli à la sortie en héros, alors que la deuxième fois il doit retourner chez lui en taxi. De deux relations sexuelles, on passe d’un moment intime à un assouvissement de pulsions.

On nous fait sentir la problématique du double autant par la forme que le fond. En vérité, le récit lui-même a deux facettes : le film est d’abord un drame, qui se transforme progressivement en film d’action. La relation du double en terme d’identité est aussi fortement présente entre les personnages de Stall et son alter ego Cussack, mais aussi entre les frères Joey et Ritchie Cussack.

On sent de plus en plus une inquiétante étrangeté à force que les vérités se découvrent et on est davantage troublés par l’expression de plus en plus forte de la violence. Autant on commence par magnifier Tom, autant il s’embourbera dans son propre intérieur à force de devoir lutter contre un destin auquel il ne pouvait réellement échapper. Il a des choses à régler dans son passé; ce passé si lointain qui, par le peu de détails que le film nous fourni sur lui, est à prendre de façon davantage allégorique que littérale.

Un autre point soutient la thèse de l’allégorie : la violence exprimée dans le film semble teintée d’ironie. Tom est perçu comme un héros, et sa façon de tuer semble aussi facile que s’il en était un. On y voit ainsi une critique des films où la violence est magnifiée : un aspect à la fois grandiose et réaliste caractérise les combats et démythifie la fiction. Ce qui semble sorti tout droit d’un film d’action classique pourrait-il être la représentation métaphorique du combat intérieur de Tom?

À un moment donné, on constate que le personnage ne peut plus fuir les éléments qui font partie de lui-même, et le combat qu’il doit livrer pour protéger les membres de sa famille le rend quand même abject par rapport à ces derniers. On assiste en même temps à l’abjection de la violence elle-même, à la culpabilité d’avoir un certain plaisir à tuer, donc, à la répression de ce qui fait partie de nous-mêmes. Le récit va d’ailleurs nous présenter efficacement un parallèle entre la violence du père et celle du fils lors de conflits à l’école : la violence est présente en chacun de nous. Le parallèle est tel qu’on pourrait placer la violence de l’un dans l’imaginaire de l’autre.

Malgré la forme assez classique, le film peut se vanter d’être clair, précis et son aspect plus accessible, étant donné la forme moins fractionné et le récit simpliste sous son premier degré, amène nécessairement un message, que Cronenberg a déjà exprimé sous sa propre plume (ex : The Fly, Crash), à un public plus élargi. Dans son mandat réaliste et dramatique, l’image est efficace, et le clin d’œil aux films d’action est bien rendu par le rythme, l’échelle de plans et les répliques et échanges de regards à moitié clichés. Il a les points positifs des films hollywoodiens, c’est-à-dire nous faire entrer efficacement dans une histoire à rebondissements, tout en ayant un second degré sémantique intéressant.

Évidemment, on est portés à ne pas voir la volonté de l’auteur derrière la forme simpliste; malheureusement, on peut facilement sortir du film en ayant manqué la majorité des éléments qui voulaient être transmis, particulièrement si on ne connaît pas la cinématographie de Cronenberg. En même temps, les attentes d’un film violent traditionnel ne seront pas totalement comblées, car on sent assez clairement l’ironie. La clarté du film peut s’arrêter au premier degré, et quiconque ne se met pas sur un mode critique peut voir le récit, sans voir l’énonciation derrière sa construction. C’est l’envers de la médaille à un type de film qui semble s’être construit de lui-même : on n’oublie trop souvent d’interpréter les éléments vers des thèmes plus subtils.

Sous cette optique, on pourrait dire qu’on touche le thème du pardon, mais à mon sens il s’agirait davantage du thème de l’acceptation de l’entièreté d’un individu, avec ses bons et ses mauvais côtés. L’harmonie doit se créer avec soi-même, mais ce combat, présenté ici au sens littéral, se passe aussi sur le plan familial, que ce soit dans les relations entre frères (Joey et Ritchie) ou avec sa femme et ses enfants. C’est le combat central du film que mènera Tom Stall, père de famille exemplaire dans cette petite ville des États-Unis.

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7.1.07

MèChe / State Property: ce qui crée l'intérêt

C'est l'album de MèChe qui me servira d'exemple à expliquer que, dans un album, ce qui crée l'intérêt n'a rien à voir avec des principes "techniques", soit des points positifs (ou aucun point négatif) dans tous les aspects de la création. Il y a un plus qui ne s'enseigne pas, qui ne se décrit pas toujours et qui est au fond le plus important dans l'appréciation d'un album à mon avis. On pourrait parler parfois du concept, de l'objectif, de la raison.

Si on ne peut dire d'une rime qu'elle n'est pas bonne, si on ne peut dire qu'un flow qu'il n'est pas en accord avec le beat, si on ne peut dire que la musique n'est pas bonne, que peut-on reprocher à un album? Difficile de décrire ce qui manque dans cet album éponyme, sauf cet élément fondamental qui s'appelle le concept. On peut voir que le flow en lui-même est créé en fonction de rendre le personnage de MèChe comme quelqu'un qui se laisse aller à la vie, mais moins extrémiste que peut l'être par exemple C-Drik. Ce qui nous fait moins apprécier ce personnage qui, même s'il est parfois près de nous, ne vient pas amener quelque chose de particulièrement différent de ce qu'on a pu entendre ailleurs.

Ce qui apparaît comme un défaut pour MèChe pourrait presque être considéré comme une qualité pour State Property, sur l'album The Gang is All Here. En effet, ce mixtape, de par son appelation "mixtape", perd une obligation à la démarcation et à l'originalité en quelque sorte. Ici, les artistes qui participent au disque font partie de la totalité, chacun amenant des éléments particuliers au tout, sans nécessairement avoir un style si différent de ce qui s'est fait avant. Leurs aptitudes se reconnaissent aisément, et permettent au disque d'être intéressant, même sans se démarquer de ce qui s'est fait.

Finalement, chaque aspect peut avoir une connotation positive ou négative selon la fonction à laquelle il peut servir. Voilà une des raisons qui font que je préfère ne pas donner une cote aux albums: la subjectivité prendrait trop le dessus, sans que la justification soit "imposée", comme elle l'est par un jugement qui passe entièrement par le texte.

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2.1.07

Le regard de Marie-Antoinette

Je voulais écrire un petit message pour défendre le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola contre les attaques du "grand public" (coté 6,1 sur Cinéma-Montréal) et des gens que je connais notamment.

Le principal attrait est au niveau de la focalisation, c'est-à-dire que la plupart des moments du film se passent selon la perception du personnage incarné par Kirsten Dunst. On entre donc dans un certain délire du pouvoir monarchique, déjà critiqué explicitement par les propos du personnage lorsqu'elle se fait habiller par la plus haute en hiérarchie en se levant le matin. Non seulement illustre-t-on l'abus qui peut exister de la part de la noblesse de l'époque de la Révolution française par son regard, mais tout ce qu'on voit de cette révolution se fait à Versailles.

Dans cette optique, l'utilisation de codes du genre "film d'ados", notamment au niveau de la musique et dans sa séquence à montage a-temporel (lorsqu'elle essaie les nombreuses paires de souliers) se veut à la fois une critique de ce genre de films, le comparant à la noblesse française, et vice-versa.

Mais au-delà de ce pastiche, la contemplation des décors, des costumes et des paysages nous rend complices, intégrés dans cet univers de beauté et d'excès. La focalisation sur le personnage de Marie-Antoinette nous place dans une situation de compréhension, car elle nous permet de douter de sa culpabilité par l'ignorance de la réelle situation politique. Cette position est aussi celle du roi Louis XVI, montré comme manipulé par ses conseillers.

Le film ne m'a personnellement pas ennuyé. Mais qu'il soit objectivement ennuyant ou non n'est à mon avis pas ce qui fait son intérêt. Je crois qu'il vient parfaitement en complément de d'autres films de Coppola-fille (Virgin Suicides, Lost in Translation), et que certaines interprétations peuvent justifier amplement l'aspect formel qui en a rebuté plus d'un.

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14.12.06

La morale des enseignants de Cégep

Je viens de lire un article de Jacques Légaré, professeur retraité d'économie, d'histoire et de philosophie, intitulé Littérature au cégep - Sade ou saint François de Sales? Cet article se veut en quelque sorte une réflexion sur ce que les professeurs de littérature et de philosophie au Cégep doivent faire lire à leurs étudiants. Je déplore cependant son manque d'horizons.

Il reproche au livre Maria Chapdelaine ses opinions: "non à l'amour, oui à la mort, oui au sacrement du mariage de convenance, non à la modernité, oui au refus de tout progrès éventuel et pas une graine de pensée progressiste. Amen."

Que ces opinions soient dignes d'être enseignées ou non n'est pas la question, car, ce qu'on enseigne dans les institutions collégiales n'est pas une opinion, mais la littérature. Je crois par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'imposer des valeurs aux étudiants; il s'agit de leur présenter des oeuvres, majeures ou non, afin qu'ils sachent se forger un esprit critique par rapport à la forme et au fond. Du moins, c'est ce que j'ai retenu de mes cours.

L'immoralité ou non de ces oeuvres n'est pas un point sur lequel on doit s'attarder, à moins qu'on soit dans un cours d'éthique au secondaire. Ici, l'idée n'est pas d'imposer des valeurs - ni même d'en présenter.

Donc, M. Légaré, je ne sais pas de quoi avaient l'air les cours de philosophie et de littérature au moment de votre parcours collégial, mais aujourd'hui, afin d'exprimer une pensée progressiste, il faut utiliser les moyens progressistes, et non pas une méthode d'apprentissage classique.

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24.11.06

Bigg Steele: Fausse première impression

Bigg Steele - Size Duz MatterMessage donc à tout ceux qui jugent le rap [américain, notamment] sur leur première impression: faux. Bigg Steele traduit bien une sorte d'ambiguïté par rapport aux intentions de ce qu'il fait, à savoir s'il se joue de nous ou s'il croit vraiment ce qu'il dit. C'est l'impression que j'ai voulu retransmettre dans ma critique de son album, Size Duz Matter. Car, Bigg Steele amène à la fois un rap relativement conventionnel, mais avec quelques éléments d'énonciation dans les paroles [un "gangster" qui dit "Please don't call the cops"], dans la musique [des éléments de rupture qui n'en font pas une musique pour danser] et dans le rapport entre les deux [une petite fille qui dit: "That's what the hood is made of"].

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16.11.06

Droit d'parole et la souveraineté

"Ce que je trouve dommage, c'est que l'étendard que Droit d'parole lève en l'air manque de fondements, manque de raisons – ou, s'il y en a une, elle n'est pas présente sur ce disque. " (Extrait de ma critique sur Hiphopfranco) Je clarifie donc ici ma pensée en disant que, même si le disque parle d'autre chose que de la souveraineté, le sujet est plutôt mis de l'avant par l'ensemble de ce qui est dit, notamment par des références implicites dans les tracks qui n'ont pas ce sujet précis. L'idée que la souveraineté éliminerait l'exploitation du gouvernement est totalement fausse, ce qui se confirme dès qu'on regarde les actions du PLQ au pouvoir.

Le groupe Droit d'parole aura beau dire n'importe quoi pour se défendre, cet album ne peut pas ne pas avoir comme fondement important le message politique souverainiste, au même titre que, par exemple, Loco Locass - qui n'abordent pourtant pas toujours ce sujet. Au fond, au même principe que ce que j'avais précédemment évoqué par rapport au rap chrétien sur Es-tu prêt pour celui qui est vrai, il s'agit de décrire le cheminement historique ou psychologique (par exemple) vers quelque chose plutôt que de simplement expliquer nos fins sans fondement.

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