En lisant les commentaires de ce genre d'événements (comme par exemple les émeutes parisiennes), je vois toujours le problème de la spéculation des gens sur les motivations derrière. Les choses n'arrivent pas pour rien, bien qu'il y aurait en effet plusieurs autres solutions possibles. Mais tant qu'on entendra encore des "retournez dans votre pays!" ou "allez vivre ailleurs si ça ne vous plaît pas ici!", et tant qu'il y aura notamment des propos racistes, il semble que la solution pacifique se fera attendre.
Dernière modification: 11 août 2008 à 12:41. J'ai décidé de changer l'expression "blogue raciste" que j'utilisais pour qualifier le blogue du Dernier Québécois, pour plutôt employer l'expression "propos racistes", permettant ainsi de ne pas cibler personnellement l'auteur du blogue, ce qui n'était pas mon intention, mais plutôt à décrire l'atmosphère générale du billet et des commentaires qui y sont rattachés.
Je crois qu'une des choses caractéristique du rap est qu'il ne fait pas nécessairement attention aux "régionalismes" (qu'on peut appeler "localisationnisme", au sens où il s'agit de choses comprises par les gens qui viennent d'un endroit), que ce soit au niveau de termes de langage, d'expressions, ou même simplement de choses qui pourraient être inconnus à l'extérieur. Je prends, par exemple, la piste "Rien à perdre". Lorsqu'Akhenaton fait référence à la RTM (Régie des Transports de Marseilles), il ne s'attarde pas à expliquer ce qu'est la RTM: on comprend par le contexte, ou, à la limite, on saute et on comprendra plus tard. Même des éléments associés à la France de façon plus large, par exemple les références aux CRS entre autres sur "16'50 contre la censure" (ou sur Ma 6-T va crack-er), peuvent ne pas être accessibles aux gens outre-mer.
Pourtant, à l'inverse, c'est ainsi que j'ai appris le peu que je connais de la politique française, des banlieues de Paris ou de Marseilles. D'autres artistes ont pu utilisé ce type de "régionalismes" hors du rap: Beau Dommage en est sans doute le meilleur exemple. Je crois qu'il y a avantage à parler de sa réalité telle qu'elle est, sans tenter de la faire comprendre à tout le monde.
Dans un texte traitant du rap français "de banlieue", Jean-Michel Devésa, le 30 juillet dernier, spéculait - c'est le cas de le dire - sur l'idée que les rappeurs "issus de l'immigration" revendiquent sans vouloir mettre les efforts. Une citation vaut mille mots (oui, une citation est faite de mots, tel est toute l'ambiguïté humoristique de ma phrase):
"Frustrés, discriminés, victimes d’injustices et du racisme, les rappeurs s’érigent en porte-parole d’une jeunesse qui veut pour elles ces privilèges, immédiatement, sans attendre. Et surtout sans fournir la contrepartie de travail, de mérite, d’efforts, d’implication et d’engagement personnels sans laquelle l’accès à ces privilèges, au pouvoir et à la richesse demeure interdit ou se perd rapidement. (Dévésa, 2006)"
Où tire-t-il toutes ces informations, ces sources? On ne parle sans doute pas du même rap. Le rap américain qui a le style "véhicule de clichés" peut bien évidemment avoir comme rôle de "mettre en évidence" le star système en étalant la richesse des artistes au maximum, dans l'optique bien évidente de vendre davantage.
Mais quand 2 Neg & Mystik scandent "Finis le temps des oppresseurs, passe la main aux opprimés" (sur Ma 6-T va Crack-er, 1997), l'idée est dans un changement de mentalité, bien évidemment. "La sédition est la solution", de 2 Bal Niggets (toujours le même album), scandent "on additionne les forces pour faire face à la menace de l'État bourgeois", je crois qu'ils sont parfaitement conscient qu'accéder à une modification de la distribution des richesses passe par une lutte.
Je me questionne donc à savoir pourquoi l'auteur n'a pas cité d'artistes ou de textes particuliers pour justifier son propos. Il ne semble pas parler de Ma 6-T va crack-er, puisqu'il parle de chansons récentes, mais citer ses sources a toujours permi de mieux se justifier.