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3.12.07

Metz et la narrativité bien chevillée au corps

Vous avez peut-être déjà entendu la phrase: "Le cinéma a la narrativité bien chevillée au corps", qui serait de Christian Metz.

J'avais évoqué cette phrase implicitement précédemment, croyant qu'elle serait retraçable facilement, tellement connue. Enfin, bref, peut-être qu'elle ne l'est pas tant que ça, et - puisque Internet ne mentionne nulle part la source de cette phrase - il m'a fallu aller chercher dans son ouvrage Essais sur la signification au cinéma. J'ai pris une chance, tout comme d'aller voir dans "Langue ou langage?". Et la voilà.
Il fallait que le cinéma fût bien bon raconteur, qu'il eût la narrativité bien chevillée au corps, pour que les choses en soient venues si vite, et soient restées depuis, là où nous les voyons: c'est un trait vraiment frappant et singulier que cet envahissement absolu du cinéma par la fiction romanesque, alors que le film aurait tant d'autres emplois possibles, qui sont à peine exploités dans une société pourtant à l'affût de toute technologie nouvelle. (Metz, 1968 : 52)
D'autres internautes pourront donc savoir précisément où est cette phrase "célèbre" sans avoir à scruter l'ensemble de l'oeuvre de Metz.

METZ, Christian, « Le cinéma : langue ou langage? », in Essais sur la signification au cinéma, Paris, Klincksieck, 1968, j'ajouterai l'étendu des pages de l'article plus tard, il me semble les avoir égarées.

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2.8.07

La production bien chevillée au corps

Un peu à la manière dont je le soulignais en disant que le cinéma est un art de performance, je voulais exprimer mon avis sur le fait que les études cinématographiques ont "la production bien chevillée au corps", pour faire un clin d'oeil à la fameuse expression de Metz. En effet, sauf lorsqu'on baigne dedans, on distingue rarement les études cinématographiques des cours techniques de cinéma.

Pour faire le parallèle rapide, si je disais que j'étudiais en littérature, est-ce que quelqu'un penserait que la plupart de mes cours seraient concentrés sur la manière d'écrire des livres? Puisque le cinéma implique une certaine connaissance technique, on semble le dissocier d'un art "pur"/"simple"/"sans moyens techniques préalables*", en croyant qu'il est plus important de donner une formation technique qu'un aperçu historique/structurel/narratologique du médium filmique/cinématographique.

* Évidemment, ce "préalable" ne l'est pas nécessairement, certains cinéastes - expérimentaux, par exemple - n'ont pas tout ce bagage technique.

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31.7.07

Distinction diégétique plutôt que formelle

J'ai souvent critiqué la notion de diégèse comme moyen de distinction des éléments dans la "grande syntagmatique" de Christian Metz. Voilà que je lis que Jacques Aumont et Michel Marie, dans L'Analyse des films, en font la remarque:
Ces deux dichotomies (chronologique/a-chronologique, succession/simultanéité), ainsi que la dernière (présence ou non d'ellipses narratives dans le segment), reposent sur une appréciation des rapports diégétiques [8] entre les différents plans. En revanche, le critère de l'alternance, lui, est purement formel (puisqu'il se définit comme l'alternance de deux ou plusieurs motifs visuellement identifiables). (Aumont et Marie, 1988: 45)

8. Sur la notion de diégèse, voir Esthétique du film, p.80.
Je suis content de savoir que cette idée ait été expliquée, ce qui me permettra de ne plus être trop agacé par les éléments de distinction diégétique. Je bloquais constamment sur ce point, puisque, techniquement, la diégèse n'existe pas, sauf par le biais de la forme filmique/présence du spectateur.

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