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30.1.08

Le rôle des études cinématographiques

Vous me direz que je suis insécure de trouver le besoin de toujours justifier mon domaine d'études, voire de justifier "pourquoi je suis là". En effet, il y a probablement un peu de ça.

On me pose une question un peu embêtante mais remplie de vérité l'autre jour au travail: qu'est-ce que ça fait un doctorant en études cinématographiques? Sur le coût, j'ai tenté de bien le définir, donner des exemples, etc. C'est une question très pertinente honnêtement, car, dans le contexte de l'université, à parler cinéma et études principalement avec des gens qui sont eux aussi baignés dedans, on oublie de retourner aux sources.

En y réfléchissant, je crois que je peux en faire rapidement un parallèle avec l'introduction au cours Analyse filmique (donné par Bernard Perron à l'hiver 2006). Le cours démontrait en fait que l'analyse filmique pouvait prendre plusieurs formes. Il donnait l'exemple de Titanic (James Cameron, 1997). On peut en faire une analyse formelle : s'intéresser, par exemple, à la composition des images, au son, et à leur effet sur la réception du film; on peut en faire une analyse historique, à savoir si la diégèse présentée est plausible et vraisemblable vis-à-vis notre connaissance du contexte socio-historique; on peut en faire une analyse narratologique, c'est-à-dire de voir "qui raconte" le film à quels moments; etc. En gros, plusieurs approches sont possibles vis-à-vis d'un film comme objet d'étude, mais toutes ces différentes manières de regarder un film se regroupent sous l'appelation "analyse filmique".

Dans cette même optique, je crois que les études cinématographiques sont très variées et peuvent à la limite regrouper toutes les manières dont les sciences peuvent approcher un objet comme le cinéma, voire même l'audiovisuel au sens large. Enfin, bref, la question de la définition des études cinématographiques vis-à-vis d'autres domaines d'études est aussi intéressante et je l'aborderai éventuellement.

Voir: Introduction aux études cinématographiques

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5.11.07

Analyse formelle de Mémoires affectives de Francis Leclerc

Mémoires affectives de Francis LeclercAlors voilà, je viens d'ajouter un de mes travaux tiré du cours Analyse filmique, donné par Bernard Perron en hiver 2006. Le texte s'intitule Analyse formelle d'une séquence de Mémoires affectives de Francis Leclerc, que je place en format pdf.

Je n'ai pas vraiment de réflexion rétrospective à ce travail, sauf peut-être qu'elle surpasse à mon sens d'autres analyses que j'aurais pu faire. Enfin, bref, vos commentaires sont comme d'habitude très appréciés.

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13.8.07

Les limites de l'infini

Lors de ma lecture de la thèse de Bernard Perron, La spectature prise au jeu. La narration, la cognition et le jeu dans le cinéma narratif [disponible sur Ludiciné], je tombe sur une citation qui me fait réfléchir sur le concept de l'infini. Perron parle des hypothèses que le spectateur se fait sur ce qui va se passer dans le film au moment où il pratique sa spectature (soit, ses attentes à mesure que le film se déroule).
Celui-ci [le pouvoir de création], tout en restant en principe infini, est pourtant limité par ce qui limite le champ des possibles à l'intérieur du langage lui-même. En effet, tout n'y est plus possible, car n'importe quoi qui n'y a pas (ou n'y a plus), a priori, un sens. L'institution du langage limite déjà le champ des possibles à l'intérieur de ses propres règles, celles par lesquelles un énoncé possède ou acquiert ou non une signification [ATLAN, 1986: 285; cité dans PERRON, 1997: 158]
L'exemple est particulièrement pertinent: il peut se passer un nombre infini de choses dans un film, même si on peut techniquement circonscrire les possibilités dans une certaine boîte, relative à la configuration (ou dans certains cas le genre) dans laquelle le film s'inscrit.

Il ne faut pas croire que l'infini est synonyme de tout ce qui existe. En effet, si on dit que les nombres sont infinis, en réalité, ils sont limités par la définition même de nombre: tout n'est pas un nombre, mais il existe une infinité de possibilités de ce qu'on peut définir en tant que nombre. Même chose pour tout ce qui concerne l'imagination: l'humain peut imaginer une infinité de choses, même si ses possibilités sont limitées par ce qu'il est physiquement possible d'imaginer.

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