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4.3.08

Kant et la finalité formelle objective

Note particulière: ici, je marcherai sur des œufs, car je suis loin d'être un spécialiste de la philosophie de Kant.

J'étais en train de lire "Analytique du beau" de Kant, quand un extrait m'a en quelque sorte "expliqué" clairement ce qui m'agaçait dans l'établissement de prix de "l'Académie" (Oscars, Jutras, Génies, Césars, ...). Kant parle en quelque sorte - à propos de la perfection - de l'idée d'une fin à une chose, et qu'on ne juge pas les choses en fonction d'une fin:
Ainsi en est-il, par exemple, quand je trouve dans la forêt une pelouse tout autour de laquelle des arbres sont disposés en cercle, et que je ne me représente pas en cela une fin, en songeant qu'elle pourrait servir à un bal campagnard: la forme à elle seule ne me fournira pas le moindre concept de (228) perfection. Or, se représenter une finalité formelle objective sans fin, c'est-à-dire la simple forme d'une perfection (sans nulle matière ni concept de ce avec quoi il y a accord, quand bien même ce ne serait que l'idée de la légalité en général), c'est une véritable contradiction.
Si ce qu'il dit est qu'on ne juge les choses que difficilement en fonction d'une fin précise, c'est pour dire que les choses seraient déclarées belles selon des critères qui ne dépendent pas de leur fonction (le cas échéant, on parlerait davantage de "bien" ou, justement, de "perfection"). Les prix visent rarement la beauté [de Kant, qui semble ne pas s'atteindre par définition] mais plutôt le "bien" et la "perfection", ce qui doit être fait en quelque sorte.

Donc, ce qui m'agace des remises de prix, c'est le fait que l'on ne peut tenir en compte aucune fonction inhérente à toutes les œuvres cinématographiques. L'idée, donc, de "meilleur film" ne fait pas sens, car on ne peut parler de "bien" et de "perfection" sans parler d'une fonction. Kant parle de la "beauté" comme de ne pas tenir en compte minutieusement les éléments formels, mais plutôt comme d'une impression personnelle à laquelle les autres doivent adhérer - tout en étant conscient que nous ne pouvons accéder aux pensées de tous, donc, créer une véritable subjectivité universelle.

J'avoue ne plus être sûr de suivre une ligne directrice dans mon texte, car on dirait que chaque mot me réfère à quelque chose d'autre qui demanderait davantage d'explication de ma part (et de réflexion, car tout n'est pas clair suite à ma lecture de ce texte). Il me semble du moins que la raison pourquoi je n'aime pas les remises de prix est claire, je m'en tiendrai donc là, jusqu'à ce qu'un commentaire vienne poser des questions ou expliquer des concepts (ce que je souhaite!).

Référence: Emmanuel Kant, "Analytique du beau", Critique de la faculté de juger (trad. Alain Renault), Paris, GF Flammarion, 1995, p.181-224.

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23.6.07

Naissance ou renaissance de l'art?

Sur la piste d'une réponse à la question de la définition de l'art, un article propose que la Renaissance a créé l'art, ce qui porte la réflexion vers quelque chose de particulièrement intéressant. C'est dans l'essai Comment l'art devient l'Art qu'Édouard Pommier défend cette théorie. Le Figaro offre un court texte descriptif à ce sujet.

Je crois que cette réflexion a passé dans la tête de plusieurs, mais cette phrase résume sa pensée de façon très claire et précise:

L'art, c'est aussi, parfois, une valeur ajoutée aux oeuvres d'art et à leurs créateurs.
Laissons de côté la rigueur factuelle historiographique en se demandant si l'Antiquité avait porté fruit à des réflexions semblables, l'idée est plutôt de rappeler qu'on peut concevoir l'art non pas comme "l'objet fabriqué", mais plutôt "ce que l'objet fabrique". L'art deviendrait ainsi la conception plutôt que le conçu.

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