7.10.08
Juste pour contredire ce que je disais sur l'engagement politique et le rap québécois, le groupe Taktika prend l'initiative d'inciter les jeunes à aller voter. Bravo. C'est fait juste avant la sortie de leur prochain album, Le cœur et la raison, mais en même temps, il était temps de toute façon, et, pour ce genre d'action trop rare, ils méritent à mon sens la publicité qui va avec.
Je me surprends à considérer voter pour le Parti libéral. Je crois que Stéphane Dion serait un excellent premier ministre (ce que j'espère qu'il sera), qui est vraiment à la place qu'il est par conviction plutôt que par opportunisme. Je me rends de plus en plus compte (il était temps!) que c'est la loi du plus fort qui prime à peu près partout, les milieux intellectuels n'en faisant pas exception.
Attaquer l'image faute du fondLa logique de la cour d'école a encore préséance sur la scène politique. Celui qui a raison est le plus "cool", celui qui a le plus confiance en lui et qui a le plus d'appui. J'apprécie le fait que Dion sache admettre que la solution, quoiqu'elle soit, pour régler les problèmes financiers nécessite des discussions rapides mais éclairées avec des experts. Mais Harper fesse plus fort, et on lui donne notre appui parce qu'il conforte en ayant des idées claires, quelles qu'elles soient.
N'oubliez donc pas de voter, de manière stratégique s'il le faut, faute d'avoir un système politique où un vote n'est jamais perdu.Libellés : Hip-hop, Politique, Taktika
publié par Simon Dor @ 21:19
 
21.9.08
"Mes frères restent aveugles et restent sourds." - King, "Rien n'a changé" (single, 2002)
J'étais il y a quelques jours dans un party chez un de mes amis. Je suis allé quelques fois dans ce genre de party, souvent organisés par lui, mais ça faisait un certain temps. C'est le genre de fête où, de temps en temps, il y a quelques personnes qui freestylent. L'un de ces freestyles informels m'a fait réfléchir, car je trouvais qu'il incarnait l'ensemble de la soirée de mon point de vue. Quelques lieux communs du freestyle, notamment les termes "mouvement hip-hop québécois", m'ont fait me sentir vieux. J'avais l'impression d'avoir changé, mais d'être dans un environnement où "rien n'a changé" depuis les moments où je voulais faire du rap. Je l'extrapole en faisant l'hypothèse que ce manque de changement serait le problème fondamental du rap québécois. Il est par contre sans contredit nécessaire que les rappeurs se posent ces questions.
Un hip-hop apolitique même dans un rap politique?La force de la pensée dogmatiqueJ'ai déjà définit ce que j'entendais par rap et hip-hop. J'ai été relativement critique à l'égard de certains groupes de rap politiques, comme Loco Locass et Droit d'parole, parce que je considérais que, parfois, ils ne faisaient que citer leur point de vue sans le décrire et le soutenir. Qu'est-ce qu'implique être souverainiste? En quoi est-ce que la souveraineté est un moyen qui pourrait nous conduire à ne plus nous faire avoir par les multinationales? Toutes des formules dogmatiques qui marchent bien dans des chansons mais qui manquent d'explications.
Loco Locass et l'engagement politique comme outil promotionnelSuivant l'idée que "rap is something you do, hip-hop is something you live", il serait logique qu'un groupe qui se dit dans le mouvement hip-hop "vive" ce qu'il affirme dans ce qu'il "fait". Le silence de Loco Locass durant toutes les campagnes électorales, notamment celle où il était question de "se libérer des Libéraux", a particulièrement fait descendre l'estime que j'avais de ce groupe. En aucun cas je ne dirai que Loco Locass n'a pas les convictions politiques qu'il affirme avoir, mais je dirai par contre que l'impopularité du PLQ leur a servi d'outil promotionnel - volontaire ou non - et qu'ils n'ont pas lancé l'assaut final au moment où ça aurait pu réellement changer les choses.
La volonté de changer le monde versus l'opportunisme du monde actuelMon impression à propos du rap québécois actuel: un immobilisme lassant. La forme reste la même, ceux qui ont innové ayant amener les balises du conservatisme des nouveaux. La fraîcheur que le "rap de guitare" et les "refrains chantés" ont amené, malgré toutes les controverses autour de sa "pureté", aurait pu emmené une vague de changement, au lieu d'entraîner d'autres groupes à s'approprier exactement la même forme et d'ainsi avoir une certaine "popularité". Une attitude de "Ce que je suis capable de faire pogne, alors, pourquoi ne pas le faire encore une fois" ne peut qu'être mortelle pour la scène locale. Omnikrom s'inspirant de TTC aurait pu emprunter ailleurs pour rafraîchir ici, mais l'idée n'est pas très loin de la vague Atach Tatuq, Lez Majesté, 2e monde & Supercharger, déjà en vogue bien avant.
Un style à succès est un style relatifCeux qui cherchent la recette du succès ont oublié de regarder le "deuxième degré" de cette recette. Si Sans Pression, Muzion, Rainmen, King, Connaisseur et même 83 sont allés chercher un certain succès (relatif, mais énorme comparé à la moyenne d'aujourd'hui), ce n'est pas tant par le style de leur rap en lui-même, mais surtout parce que ce style était complètement original par rapport au contexte dans lequel il sortait. Aujourd'hui, ils sont des classiques, mais ça ne veut pas dire que leur style doit être un modèle.
Au fond, c'est si facile de conserver le statut quo. Tellement facile que les artistes hip-hop québécois ne s'en sortent pas.Libellés : 2e monde, 83, Atach Tatuq, Connaisseur, Droit d'parole, Hip-hop, King, Lez Majesté, Loco Locass, Muzion, Omnikrom, Politique, Rainmen, Sans Pression, Supercharger, TTC
publié par Simon Dor @ 14:20
 
10.9.08
Rares sont mes interventions politiques, pour rester dans le thème général, mais je trouve que la politique est quelque chose d'important malgré tout, et j'y fais parfois une petite place. La question notamment de l'argumentation est de surcroît fort intéressante, et l'argumentation est nécessaire dans le milieu universitaire (voilà la raison formelle pourquoi ça n'entre pas en conflit avec les thèmes du blogue). À propos, donc, de l'inclusion d'Elizabeth May du Parti vert au débat des chefs: M. Harper croit néanmoins toujours que la présence de Mme May n'est pas souhaitable au débat, a précisé son porte-parole. Selon les conservateurs, la chef du Parti vert est pratiquement candidate du Parti libéral, puisqu'elle a déjà mentionné qu'elle préférait voir M. Dion plutôt que M. Harper à la tête du pays. (Fannie Olivier, May participera aux débats télévisés, 10 septembre 2008). Il faut comprendre qu'il est logique d'être conscients pour certains partis de ne pas avoir de chances d'être au pouvoir. Dans une démocratie où le vote est divisé en circonscriptions, il est clair que la possibilité d'avoir de nombreux partis représentés est limitée. Disons que le rapport votes-sièges est bien loin de la réalité. Il est donc normal qu'une chef qui soit consciente de la limite de sa présence potentielle affiche, non pas son soutien, mais sa préférence quant au chef qui, réalistement, gouvernera le Canada.Libellés : Politique
publié par Simon Dor @ 20:32
 
21.1.07
Et voilà, donc, un petit texte "freestyle" inspiré par un texte d'opinion publié dans le Devoir, intitulé Un débat qui dérape - Bienvenue aux hommes!, qui me fait considérer la question d'équité ou d'égalité devant la loi, par exemple. Qu'est-ce qu'on peut considérer comme équitable à la base? Est-ce qu'on place deux groupes d'individus et qu'on les juxtapose l'un à l'autre en tentant de voir quelle équité il y a entre les deux? En fait, lorsqu'on considère le terme équité en ce sens, c'est ce qu'on fait, et ça donne les statistiques données par Ariane Émond dans son texte.
Oui, 85% des victimes de la violence conjugale sont des femmes et des enfants. Belle statistique, mais, c'en ai une justement qui vient à dérégler la balance. En fait, ça vient justement créer cette même balance, inexistante dans un principe équitable. L'idée n'est pas d'aider plus les groupes masculinistes qu'ils ne le sont aujourd'hui, mais plutôt d'aider des groupes qui considèrent les personnes battues plutôt que de faire une distinction au niveau du sexe. Là, on parle d'équité - ou d'indistinction.
Si on dit que le phénomène des gangs de rue touche principalement des individus haïtiens, on fait une distinction raciale. Il y a ensuite un risque de profilage racial beaucoup plus élevé. Mais, à partir du moment où on élimine le facteur ethnique du phénomène, soit de ne pas distinguer l'ethnie des gens qui font partie des gangs de rue, on peut considérer le phénomène sans discriminer aucun individu, et sans prendre certaines choses pour acquises.
C'est donc vers l'indistinction qu'il faut avancer à mon sens. Ainsi seulement pourrons-nous nous considérer comme tous unis. Peut-être un jour que les statistiques appliquées aux autres individus du même sexe que moi n'auront plus d'effet sur le montant d'assurance qui m'est fixé.Libellés : Actualités, Le Devoir, Politique, Réflexions
publié par Simon Dor @ 18:03
 
16.11.06
 "Ce que je trouve dommage, c'est que l'étendard que Droit d'parole lève en l'air manque de fondements, manque de raisons – ou, s'il y en a une, elle n'est pas présente sur ce disque. " (Extrait de ma critique sur Hiphopfranco) Je clarifie donc ici ma pensée en disant que, même si le disque parle d'autre chose que de la souveraineté, le sujet est plutôt mis de l'avant par l'ensemble de ce qui est dit, notamment par des références implicites dans les tracks qui n'ont pas ce sujet précis. L'idée que la souveraineté éliminerait l'exploitation du gouvernement est totalement fausse, ce qui se confirme dès qu'on regarde les actions du PLQ au pouvoir. Libellés : Albums, Critiques, Droit d'parole, Hip-hop, Politique
publié par Simon Dor @ 11:56
 

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