17.6.08
Je n'ai rien entendu encore de Payz Play (Égypto, RU, Toastdawg et DJ Ephiks), l'un des groupes qui "succède" à Atach Tatuq, après le Dézed. Je n'en ai pour l'instant que lu la critique du Voir, signée Olivier Robillard Laveaux. J'ai déjà dit dans une de mes chansons (lorsque je faisais du rap) que "j'ai grandi dans un univers intertextuel, postmoderne, donc, j'ai découvert la logique en ordre décroissant". C'est en effet le cas: j'ai découvert la musique avec le rap, et c'est ce qui me fait découvrir aujourd'hui quelques morceaux qui ont été samplés, bien que pour l'essentiel, je ne les connaisse pas. Voilà pourquoi je trouve intéressant une démarche comme celle de recenser certaines sources de samples des chansons de rap.
Robillard Laveaux, donc, dans sa critique, fait ressortir que les membres de Payz Play utilisent des samples des années 80 comme Atach Tatuq utilisait ceux des années 70. Tout ça m'a fait réfléchir au fait qu'on critique bien des groupes comme Omnikrom, TTC, etc. de s'éloigner d'un rap dit traditionnel, mais au fond, dans leur essence, leur structure, ils ne font qu'opérer une translation dans le temps de leurs sources, puisque le présent devient progressivement un passé. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas - les goûts sont une autre histoire -, l'argument qu'ils ne sont pas du hip-hop (pas au sens musical, tel que je définis "rap" et "hip-hop", mais en tant que qualificatif) ne me semble pas tenir la route.Libellés : Atach Tatuq, Dézèd, Omnikrom, Payz Play, Sampling, TTC
publié par Simon Dor @ 22:07
 
19.12.06
Le principe du sample (je ne l'écrirai dorénavant plus nécessairement en italique), en tant que tel, c'est d'échantillonner du son, tout simplement. On oppose souvent le sample à la composition, opposition que je trouve fausse, car le sample n'est pas un principe "séquentiel", mais plutôt une technique de travail.
L'échantillon s'opposerait aux "vrais instruments", c'est-à-dire que, par cet échantillonnage, on crée une seconde couche sonore, où l'enregistrement prend un sens autre que la transcription dans le temps. Techniquement, en composition directement d'un ordinateur, on est plus près du sample, car on ne se base pas sur un instrument pour créer mais sur du matériel informatique, qui peut soit être à la base d'un synthétiseur (donc, un son complètement créé par l'ordinateur) ou d'un sample, justement. Le sample se veut donc un outil qui préexiste à la composition d'une séquence sonore.
En fait, la plupart des producteurs (alias "beat makers") qui disent qu'ils composent et ne samplent pas prônent simplement une déformation de la séquence échantillonnée de façon à ce qu'elle ne soit pas reconnaissable, à ce qu'elle ait été modifiée suffisamment pour qu'on considère qu'il y a une création. Mais, la paternité d'une création instrumentale hip-hop est une toute autre histoire... sur laquelle il me fera plaisir de revenir un autre moment donné.
Image tirée de: http://www.hiphopfranco.com/articles/information/24.html?mod=display&item=508Libellés : Hip-hop, Réflexions, Sampling
publié par Simon Dor @ 23:42
 

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