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Walter Benjamin. 1991. « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée ». Dans Écrits français, p.118-171. Paris : Gallimard.

Benjamin explique que la reproduction manuelle d’une œuvre d’art laissera toujours des traces qui la définisse comme fausse. Mais, dans une reproduction mécanique, deux aspects diffèrent : elle « s’affirme avec plus d’indépendance par rapport à l’original que la reproduction manuelle » et elle « assure à l’original l’ubiquité dont il est naturellement privé » (p.142). Ce changement de fondement lui donne inévitablement un changement de fonction. La photographie, par exemple, se définit par son aspect de « témoin » d’une vérité. Dans l’Antiquité grecque, ce qui donnait une valeur d’éternité à une œuvre était sa caractéristique « irreproductible » (p.150). À l’inverse, le film renonce à cette éternité. Il définit le film comme étant l’art le plus significatif, parce qu’il imprègne le réel d’une telle façon par rapport à, par exemple, la peinture. Cependant, cette imprégnation amène à détruire l’aura de l’art, par la destruction au préalable de l’impression de « faux » d’une reproduction.

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