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Témoignage, information ou affirmation?

La Rive-Sud de Montréal
La Rive-Sud de Montréal

Les théories d’André Bazin permettraient d’expliquer ce qui m’a déçu du DVD de La Rive-Sud de Montréal, non dans les deux vidéoclips mais dans les interventions. Son point de vue est qu’il existe deux types de cinéastes: ceux qui se concentrent sur une mise en scène de l’image, et ceux qui font plutôt une mise en scène de la réalité. Il existe une ambiguïté propre au réel, qui peut, d’une certaine façon, exister aussi dans un film – mais pas dans La Rive-Sud de Montréal.

Ainsi, le montage coupe plusieurs interventions, assez drastiquement. En ce sens, il se permet une réintervention vis-à-vis de ce qui est dit, laissant les mots qui conviennent face à ce qui doit ressortir comme message au fond. C’est une réappropriation du sens que les intervenants donnent par le biais du montage. [Extrait de ma critique:] « En ce sens, son aspect documentaire est loin d’une pure démarche de captation de la réalité : c’est par le montage des entrevues avec les intervenants que le sens se produit réellement. » Ce qui conserve « l’ambiguïté » du réel, selon Bazin, c’est le plan-séquence (donc, peu de coupures) et la profondeur de champ (qui n’indique pas quoi regarder dans l’image). Ainsi, La Rive-Sud de Montréal, par ses coupures nombreuses, enlève la possibilité au spectateur de se faire son propre jugement sur le message du protagoniste. Voilà pourquoi je préfère un plan qui, très long, laisse le temps à Yvon Krevé d’exposer son point de vue et, dans sa longueur et sa continuité, semble à prime abord plus pertinent simplement parce que le discours est ainsi plus vrai.

Dernière modification: 28 septembre 2010 [remarque entre crochets]

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