Cobna a sorti Garde un œil ouvert le 27 février dernier, démontrant la place qu’il a au sein du Treizième étage, qui avait sorti L’asphalte dans mon district l’an dernier. Je crois que ce qu’il faut mentionner en premier lieu est l’importance accordée aux sujets. C’est sur cet aspect que la création semble avoir été orientée dans plusieurs cas. Il émane de certains textes une authenticité qui devient l’intérêt principal.
Le flow est important, mais ne serait pas aussi efficace tout seul : il doit être là pour supporter adéquatement les sujets, mais il perdrait toute sa force dans un autre contexte (« Avaient-ils prévu? » avec SP & Segnor Alonzo de Psy4 de la rime). D’ailleurs, dans certains cas, il ne nous laisse ni chaud ni froid. Certaines pistes, plus émotionnelles, sont particulièrement supportées par le flow. « Les chemins se séparent » ou « Sentiment de culpabilité » sont là-dessus d’excellents exemples : le flow y est modeste, posé, tranquille, faisant ressentir toute l’émotion associée au sujet et à l’instrumental.
C’est dans un cas particulier que le flow peut être mis de l’avant davantage : le posse cut « Ma marque » (avec SP, Joe B.G., Imposs, Von Von le Vet) où Imposs est toujours fidèle à lui-même avec un flow soutenu, et où Joe B.G. se démarque de l’habitude.
L’album passe par une variété de sonorités, qui vont jusqu’à un son plutôt sud-américain sur « No va parar » ou R&B sur « Ligne de départ ». La plupart du temps, le beat suit l’émotion du sujet. Certains instrus sont dans la lignée de « La cause », par exemple « Vrai » ou « Mafia », ce qui en a déplu plusieurs.
La force de l’album serait donc son authenticité. Les beats par contre ont parfois quelque chose de dérangeant. L’album est là, efficace, et qui démontre la présence de Cobna sur la scène, mais ne frappe pas aussi que ce à quoi on aurait pu s’attendre.

Laisser un commentaire