Quelques commentaires sur mon visionnage récent du film Les Yeux sans visage de Georges Franju. L’impression générale a été celle d’une adaptation littéraire pure et directe; certains passages sont « clairs » mais ne sont pas particulièrement pertinents lorsque tout se passe rapidement. Je m’explique. À un moment donné, la jeune femme défigurée se fait refaire un visage, et tout semble pouvoir enfin fonctionner. Par contre, son visage se « redéfigure » suite à un échec de compatibilité (du moins, c’est ce qui semble en ressortir). La méthode pour expliquer cette métamorphose est la succession d’images du visage de la femme avec des fondus enchaînés qui montrent la dégénérescence, avec en accompagnement une belle voix off qui nous explique le phénomène. Tout ça pour revenir à un genre de point de départ. On dirait donc qu’on a coupé dans l’histoire littéraire en tentant de tout mettre quitte à moins expliquer.

La voix off devient donc descriptive là où le temps est manquant pour nous montrer ou pour nous faire ressentir le récit. C’est en regardant ce type de cinéma qu’on peut comprendre davantage la position qu’avaient les nouveaux cinéastes de la Nouvelle vague française.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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