1Étranjj – Un vent nordique

Une valeur sûre pour les fans d’1Étranjj

L’album Un vent nordique était attendu depuis assez longtemps du moins par ceux qui ont apprécié le single éponyme, en featuring avec Sans Pression et Yvon Krevé. Le style du single n’est pas représentatif de l’album, différent du rap québécois sous plusieurs aspects. 1Étranjj peut décevoir par moments, mais a le mérite d’avoir créé un projet où plusieurs genres de musique sont sollicités tout en conservant son propre style au niveau du flow.

Les paroles d’1Étranjj sont difficiles à comprendre pour deux raisons: sa prononciation n’est pas très articulée, et il passe sans cesse du français à l’anglais, parfois pour quelques mots, pour une expression. On a l’habitude de la part d’1Étranjj de ce type de flow, et c’est une de ses particularités, mais essayer de suivre le fil de ses paroles devient complexe et parfois presque impossible. L’apogée de ce type d’incompréhension est sans doute « Steeechhh Thong ». Ceux qui n’y sont pas déjà habitués peuvent ne pas apprécier. Parfois, les paroles nous semblent étranges: par exemple, on se demande comment 1Étranjj a fait pour placer l’expression « je viens du southside » dans une track qui se veut « d’amour » (« I Like to Be »).

En général, c’est le vibe qui est intéressant sur cet album. « Un vent nordique » est à mon sens vraiment le hit du disque, et on l’avait pour la plupart déjà entendus un ou deux ans avant cette sortie. La musique amène une atmosphère relax, des instrumentaux qui font bouger la tête, mais il n’y a rien qui amène le tout plus loin que ça.

On doit reconnaître que les sonorités de l’album sont parfois particulièrement intéressantes. Le style est très rap américain, raggaeton & musique de club, mais ça donne quelque chose de plus considérant l’intégration d’un style franglais dans le flow. Le featuring de John Bling est le plus américain, celui de Chucklet amène une touche près du R&B et « Feelin », avec Sir Jay Bee & Marokia, a un style plus près du raggaeton.

On dirait que la track « J’m’excuse » vient complètement en opposition avec le reste, dans le sens positif. Le style est plus standard, et 1Étranjj y est plus articulé et chaque mot y est à sa place. Même principe pour « Rien à s’dire », avec Yvon Krevé, même si le refrain fait rimer « moé » avec « toé ».

Je ne recommanderais pas cet album pour découvrir 1Étranjj, mais ceux qui le connaissent comme valeur sûre feraient bien d’y jeter un œil car ils seront sans doute satisfaits. Il n’est à mon avis pas la plus grande réussite ni l’album de l’année, mais l’album prend plusieurs directions artistiques intéressantes et dans certains cas audacieuses. On ne peut donc que lui reconnaître ce fait, en appréciant ou non le résultat.


Note de 2026: l’album est maintenant disponible sur Bandcamp:

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