Distinction diégétique plutôt que formelle

J’ai souvent critiqué la notion de diégèse comme moyen de distinction des éléments dans la « grande syntagmatique » de Christian Metz. Voilà que je lis que Jacques Aumont et Michel Marie, dans L’Analyse des films, en font la remarque:

Ces deux dichotomies (chronologique/a-chronologique, succession/simultanéité), ainsi que la dernière (présence ou non d’ellipses narratives dans le segment), reposent sur une appréciation des rapports diégétiques [8] entre les différents plans. En revanche, le critère de l’alternance, lui, est purement formel (puisqu’il se définit comme l’alternance de deux ou plusieurs motifs visuellement identifiables). (Aumont et Marie, 1988: 45)

8. Sur la notion de diégèse, voir Esthétique du film, p.80.

Je suis content de savoir que cette idée ait été expliquée, ce qui me permettra de ne plus être trop agacé par les éléments de distinction diégétique. Je bloquais constamment sur ce point, puisque, techniquement, la diégèse n’existe pas, sauf par le biais de la forme filmique/présence du spectateur.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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