Le rap et le « régionalisme »

Je crois qu’une des choses caractéristique du rap est qu’il ne fait pas nécessairement attention aux « régionalismes », que ce soit au niveau de termes de langage, d’expressions, ou même simplement de choses qui pourraient être inconnus à l’extérieur. Je prends, par exemple, la piste « Rien à perdre ». Lorsqu’Akhenaton fait référence à la RTM (Régie des Transports de Marseille), il ne s’attarde pas à expliquer ce qu’est la RTM: on comprend par le contexte, ou, à la limite, on saute et on comprendra plus tard. Même des éléments associés à la France de façon plus large, par exemple les références aux CRS entre autres sur « 16:50 contre la censure » (ou sur Ma 6-T va crack-er), peuvent ne pas être accessibles aux gens outre-mer.

Pourtant, à l’inverse, c’est ainsi que j’ai appris le peu que je connais de la politique française, des banlieues de Paris ou de Marseille. D’autres artistes ont pu utilisé ce type de « régionalismes » hors du rap: Beau Dommage en est sans doute le meilleur exemple. Je crois qu’il y a avantage à parler de sa réalité telle qu’elle est, sans tenter de la faire comprendre à tout le monde.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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