M.I.G. – Gemini, Me, Myself and High LP

Les deux côtés d’un disque

M.I.G. est un des membres du groupe BMC, qui a sorti il y a quelques temps l’album Cirque vicieux.  Son album solo, Gemini – Me, Myself and High, est dans des sonorités différentes de son groupe.  Il divise son disque en deux phases, le côté Chill et le côté Dark.

La grande différence d’avec Cirque vicieux, c’est qu’il y a une plus grande application des formes standards de la manière de faire du rap, par exemple, le fait que le beat est plus suivi, que les rimes arrivent aux « bons endroits » dans le beat.  D’un côté, bien sûr, ça donne une plus grande impression de travaillé, un effort plus minutieux, moins grossier.  Par contre, bien sûr, on perd l’aura de BMC à la base, soit celui plus « hardcore » qui donnait la touche spécifique du groupe.  La dualité du personnage de M.I.G. est somme toute un portrait assez simpliste, et même cliché.  Le même principe s’applique au niveau des sujets, qui ne réinventent pas le rap.

Le passage du groupe de BMC à un style plus conventionnel est donc un couteau à double tranchant.  Ça entraîne le fait que, bien sûr, le public amateur de rap va se sentir moins dépaysé par le style (ce qui avait plutôt été le cas sur Cirque vicieux), mais par le fait même, il établit de nouveaux critères pour juger l’album, critères qui ne sont pas nécessairement systématiquement maîtrisés.  On se trouve donc dans un entre-deux qui fait que Gemini – Me, Myself and High est un album qui ne se démarque pas du lot.

Pour l’anecdote, cette rime ressemble étrangement à une que Mic Life avait sorti sur son single « Putes » :

Tu fais partie des osties de criss de fifons, qui savent vraiment pas ce qui font

Tu joues sur un terrain glissant pis tes shoes, c’est du ski de fond (« Mong Top »)

Mon appréciation personnelle : 6.5/10

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