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Dix ans de hip-hop, cinq ans de cinéma

IAM - L'école du micro d'argent (1997)Il fait maintenant dix ans que j’ai reçu ma première cassette de rap, L’école du micro d’argent d’IAM (1997), et cinq ans que j’étudie le cinéma.

Pour l’occasion, j’ai reçu le CD du même album. Petite déception: il y a une modification majeure : la piste 15, « Libère mon imagination », est remplacée par le single « Independenza » (qui date de l’année suivante).

Je trouve d’abord très dommage que cette piste en particulier ait été remplacée: avec comme sujet entre autres l’esclavage, comme racines du hip-hop, mais aussi une puissance évocatrice du rap au niveau musical:

Dans les cales d’un négrier, corde au coup
Odeur de mort, ces percus sont la mémoire d’alors
Et chaque coup de grosse caisse blesse dans le cerveau
La caisse claire rappelle ce fouet qui lacère la peau [Akhenaton]
[…]
L’échantillon sans cesse revient
Fait de nous des victimes du quotidien
Combien de gens connaissent déjà leur avenir
Travailler dur pour à peine gagner de quoi survivre
Pour que l’esprit s’apaise il est nourri de libertés fictives
Nous voilà, esclaves sans chaînes [Shurik’n]

Ils entâment par ailleurs une réflexion sur le pouvoir des mots, et particulièrement lorsque ceux-ci sont de vive voix plutôt que par écrit. À l’inverse du fameux « les paroles s’envolent et les écrits restent ».

À l’Ouest rien de nouveau
Les clés sont les mots
Sinon pourquoi les nazis auraient-ils fait des autodafés
A Toulon, les livres se vendraient en toute liberté
Mais nos textes par voie hertzienne prennent le chemin des airs
Nos voix ne seront pas prisonnières
Parti pris pour la musique, cette atmosphère unique
Casse les lois de l’asservissement psychique (Akhenaton)

Je vous suggère donc d’écouter l’ensemble de la piste, c’est probablement l’une de mes meilleures.

Mais, « Independenza » est distinct de cet album de par son esthétique: il s’agit davantage d’un single, par rapport à l’album où chaque piste a sa place et prend du sens en relation avec les autres. C’est au niveau musical que ce single se démarque particulièrement: entraînant, dans une forme classique (couplet-refrain-couplet-etc.), contrairement à plusieurs pistes de L’école du micro d’argent.

Par exemple, « Libère mon imagination » répète les refrains un nombre de fois presque incalculable, amenant dans la forme une signification semblable à l’idée évoquée dans la même chanson, dans la citation de Shurik’n plus haut. L’audace va probablement plus loin sur « Demain c’est loin », piste de 9 minutes sans refrain, avec deux couplets (un pour chaque rappeur) de 4 minutes 30 chaque. Je crois par contre que cette dernière a eu plus de succès que « Libère mon imagination », ce qui justifierait son retrait pour cette nouvelle version.

Enfin, bref, je crois quand même que certains classiques ne devraient pas être touchés.

Ces deux anniversaires presque simultanés me font réfléchir à la transmission de mes réflexions ici. Je me place dans la position d’un lecteur qui ne connaît rien au rap, voire aux études cinématographiques [rares sont ceux qui ne connaissent rien au cinéma], et qui tenterait de s’intéresser au contenu du site. Je vais donc probablement essayer de créer des pages sous forme d’un « cheminement » pour rendre plus claires mes idées. Je pourrai donc donner un ordre logique (« chronologique ») à mes observations et réflexions sur le hip-hop et sur le cinéma.

N’hésitez donc pas à me faire signe par voie de commentaire ou par courriel s’il y a des questions particulières que vous avez eues sur le hip-hop ou sur le cinéma en lisant ce que j’ai écrit ici.

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5 commentaires

  1. Raphux

    Même constat, et même déception. Sait-on qu’est-ce qui a guidé ce changement?

  2. Ping :Albums virtuels, ou une chanson dans plusieurs albums dans une librairie mp3 | Paroles d'étudiants

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