Qu’est-ce que la disciplinarité?

Je reviens il y a quelques heures de la rencontre sur l’interdisciplinarité en études cinématographiques. Les questionnements proposés par Laurent Jullier étaient très pertinents, et, comme j’en parlais par hasard juste avant, le mot-clé a été justement épistémologie! L’idée d’ensemble était de se questionner sur le fait que plusieurs disciplines se penchent sur le cinéma, et que le mot « cinéma » lui-même peut être pris de plusieurs manières (il en note trois: fabrication, texte, réception).

Étonnamment, certains concepts qui m’apparaissent maintenant fondamentaux pour faire avancer cette question d' »interdisciplinarité » sont restés en suspens. Notamment, une question qui me semble essentielle (on pense toujours aux bonnes questions quelques heures après!): qu’est-ce que la « disciplinarité »? Qu’est-ce qu’une discipline?

J’avais au départ l’idée que « Études cinématographiques » pouvait être une discipline, centrée autour de l’objet d’études « Cinéma ». Or, la question d’interdisciplinarité était dans ce qu’on pourrait aussi appeler des « approches »: « sociologie », « esthétique », « gender studies », « cultural studies », sémiologie, etc. Il semble qu’en France, un chercheur doive se spécialiser dans une de ces approches avant de pouvoir prétendre à un poste universitaire; le Québec est à ce propos plus modéré.

Tout ceci me permettra certainement d’enrichir ma réflexion sur la question des études cinématographiques.

Commentaire sans lien avec le sujet: je suis de plus en plus lu il semblerait! Martin Picard, qui donne le cours Cinéma et technologies numériques, me l’a confirmé lors de cette conférence. Bien sûr, comme Dominic Arsenault m’a contacté par le biais de mon blog, et qu’ils collaborent pour le groupe de recherche Ludiciné et pour le site Kinephanos, je ne devrais pas m’en étonner. Sauf que, je ne sais toujours pas comment il a associé mon visage et mon nom…

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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5 commentaires

  1. Merci pour le commentaire. Je viens de finir une présentation au seminaire doctorale sur l’interdisciplinité (description, conditions, ect.). Je pourrais vous l’envoyer si cela vous intérêt.

  2. Merci! Bien sûr que ça m’intéresse, je crois que ce genre de réflexions aide à mieux cerner ce qu’on veut faire et où on veut s’inscrire dans notre discipline, particulièrement quand on veut parler de jeu vidéo et qu’on soumet un projet dans un programme d’études cinématographiques… mais là-dessus je crois qu’on se comprend.

  3. Simon, un indice : la journée d’examen 🙂

    Et salut à Kelly par le fait même !! Je suis bien intéressé aussi à connaître tes réflexions sur l’interdisciplinarité.

    Cette conférence de Jullier m’a confirmé ce que je pensais déjà, que mon approche n’est pas tant interdisciplinaire (le croisement entre plusieurs disciplines) que transdisciplinaire (i.e. l’emprunt de concepts et théories d’une autre discipline (à savoir ici les études du jeu vidéo) appliqués à ma discipline (les études cinématographiques)). Évidemment, il y a l’esthétique qui vient mélanger tout ça, si on la conçoit comme une discipline propre. Quoique selon moi, c’est plutôt une approche désormais. J’espère éventuellement avoir le temps d’en dire davantage sur le blog de Kinephanos.

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