Le scaphandre et le papillon
Je tiens à dire que je vais révéler des informations importantes sur l’intrigue du film Le Scaphandre et le papillon (Julian Schnabel, 2007).

Après mon visionnage du film, j’ai tenté justement de me questionner sur l’émotion que j’avais, comment celle-ci avait été crée, comment, oui, le film était touchant dans l’ensemble, mais comment ce que je ressentais au moment présent du générique était différent de l’émotion du reste du film. En voici quelques-unes de mes conclusions.

La mise en abîme qui casse le punch

D’abord, les concepts de lectures fictivisante et documentarisante sont importants dans la mesure où notre perception de l’histoire change selon qu’on sache d’avance ou seulement au générique final que l’histoire est vraie.

Le film est une adaptation d’un roman, écrit par le personnage qui subit l’accident, de la manière dont est relatée son écriture au sein même de l’histoire racontée. Le roman est donc un exemple typique d’une mise en abîme, car on sait qu’on lit le roman qui a été écrit par le personnage. On sait en quelque sorte d’avance qu’il va réussir à terminer le roman qu’il écrit avec la méthode de communication complexe que lui apprend la médecin interprétée par Marie-Josée Croze. Par contre, le fait de voir le film, qui lui n’est pas signé Jean-Dominique Bauby, le nom du personnage, on n’a moins d’indices pour prévoir la fin. C’est donc d’autant plus touchant et frappant d’apprendre la réussite de la publication et la mort de l’auteur peu après, en même temps que d’apprendre que tout ceci est une histoire vraie, que le roman qu’on a vu s’écrire de peine et de misère existe pour vrai, etc.

Une lecture fictivisante permet donc un « punch » final, celui de savoir que l’histoire est vraie, que c’est possible pour quelqu’un qui a le désir de vivre d’écrire un livre en faisant des clins d’œil. Le fait de savoir que le roman existe authentifie notre rapport au film, mais je crois que de lire le livre avant de voir le film brise un « punch » qui rend l’histoire de Jean-Dominique Bauby encore plus touchante.

Image tirée de http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=119032.html.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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