Le domaine d’études: un complément (in)direct

Vous avez peut-être constaté que j’aime jouer sur les mots.

À la question « En quoi étudies-tu? », je ne peux que rarement répondre quelque chose de simple. En cinéma? Oui et non. En jeu vidéo? Non. En études cinématographiques? Oui. Pourtant, j’étudie un jeu vidéo. Mais mes cours ne portent à peu près pas là-dessus. Bien que je puisse m’approprier les concepts. Mon rapport à mon (ou à un) domaine d’études est en quelque sorte problématique.

Un domaine d’études qui « englobe » ce qu’on fait

Un domaine d’études est-il quelque chose qui englobe tous les travaux qui s’y rattachent? Un texte est-il sous l’égide d’un domaine d’études? Est-il plutôt rattaché à plusieurs (ex: il y a de la sociologie dans ce texte, mais aussi de l’histoire de l’art, etc.)?

La question « En quoi étudies-tu? » semble quasi-synonyme de celle « Qu’est-ce que tu étudies? ». Pourtant, la seconde pose moins problème.

Étudiant en cinéma versus étudiant du cinéma

Me dire étudiant en cinéma implique que je sois inscrit dans un programme qui porte sur le cinéma. Je suis en effet inscrit dans un programme qui porte principalement sur le cinéma, bien qu’il se nomme « études cinématographiques », ce qui implique (il me semble) davantage une certaine approche qu’un objet comme tel (une approche des objets qui soit « cinématographique »).

Étudiant du cinéma me semble plus proche du « j’étudie le cinéma ». Ainsi, je peux dire que je suis un étudiant du jeu vidéo.

À quoi sert de faire toutes ces distinctions? Pas grand-chose, sauf peut-être faire la distinction entre ce qu’on étudie et à travers quelles perspectives nous l’étudions. Bien que je travaille sur un jeu vidéo, je crois bien être en mesure de me confronter à plusieurs types d’objets, que ce soit des jeux vidéo, des films ou des formes audiovisuelles diverses. Je n’étudie pas le cinéma, en ce moment, ce qui n’implique pas que je le ferai à un autre moment.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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