Hume et le goût : à la recherche de principes universels?

J’ai lu dans Le Devoir le dernier « devoir de philo » , une série d’articles qui visent à appliquer la philosophie à des problématiques plus appliquées pour montrer aux étudiants du Cégep à quoi peut servir la philosophie. En faisant le lien vers cet article, Antoine ajoute le lien vers un article de Janmi écrit le 25 janvier 2007 sur Burke. Deux ans jour pour jour après, j’écrivais quelques mots à propos de Hume et d’une norme du goût. Je trouve l’article du Devoir en effet fort intéressant, et je tenais à réitérer mon interrogation sur cette norme de goût. Cet article m’a fait questionner mon questionnement, sans que je ne sois capable de comprendre quelques aspects du raisonnement de Hume. Une phrase de Janmi explique mon doute, bien que ce soit sur Burke :

Pour lui, la base de toutes perceptions réside dans les sens, et notre appréhension du monde passe par ces cinq sens. Conséquemment, nos sens sont à l’origine de nos idées. Pour Burke, il est donc possible d’en arriver à un principe universel du jugement (Janmi, le 25 janvier 2007).

C’est entre ces deux propositions que je ne vois pas de lien logique : le fait que les sens soit à l’origine de nos idées entraîne-t-il un principe universel du jugement? Cela implique-t-il que nos sens soient nécessairement les mêmes? Quelqu’un qui connaît mieux Burke, Hume ou un autre philosophe qui se serait prononcé là-dessus pourrait peut-être m’expliquer quelque chose que je ne verrais pas de leur raisonnement. Toute autre réflexion personnelle là-dessus serait aussi la bienvenue.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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3 commentaires

  1. Je vais me pencher sur cette question éventuellement. Je te propose de lire la définition du sublime que Deleuze fait à partir de Kant (vers la fin)

    http://www.webdeleuze.com/php/texte.php?cle=72&groupe=Image%20Mouvement%20Image%20Temps&langue=1

    Sinon je pense bien qu'il faut lire Critique du jugement de Kant pour comprendre la philosophie plus récente, comme par exemple ce livre qui a l'air bien selon le compte rendu http://revues.mshparisnord.org/appareil/index.php?id=791

    Sur la question des cinq sens et des liens avec les idées, à mon avis vaut mieux s'attacher à la définition plus moderne de la perception de Henri Bergson.

  2. J’avais déjà entendu parler du sublime de Kant. En effet, il y a beaucoup de philosophie à lire pour comprendre la philo. Je devrais m’y mettre (modestement) cet été… je ne souhaite pas non plus être un spécialiste de la philosophie mais c’est un domaine d’études qui m’intéresse.

    Merci de ces contributions!

  3. Moi non plus je ne veux pas être un spécialiste de la philosophie (il faudrait y passer sa vie), mais elle me rattrape continuellement alors de temps à autre je lui laisse un peu d’espace. Par exemple, ces questions de goût, de beau et de sublime me semblent incontournables dans une réflexion sur la critique.

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