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Des réponses ou des questions / hyperlier par honnêteté ou parasitage

Sur le blogue de L’électron libre, Louis Préfontaine propose un article où il dénonce une forme de blogues qui fonctionne selon le principe du parasite. Il y a deux éléments intéressants de sa réflexion qu’il me semble ici pertinent de faire ressortir:

  1. Il y aurait une mentalité de « blogueur-agrégateur », suivant le terme qu’emploi Le Petit Émerillon dans sa critique des propos de Préfontaine. À mon sens, hyperlier, c’est une forme de respect envers l’information, d’une part pour le remercier d’un texte pertinent, ou simplement, par honnêteté intellectuelle, pour situer notre pensée par rapport à ce qui se dit (bien évidemment, la pensée n’apparaît pas seule dans le vide), pour préciser sa source dans le cas où certains faits y sont directement tirés, voire simplement pour signaler à nos lecteurs d’autres textes semblables à un sujet.
  2. Autre point, qui me semble le plus pertinent à questionner, c’est le fait que le questionnement soit ou non un élément pertinent à intégrer dans le cadre d’un blogue. Je me réfère à ses propos (qui est aussi ce que pointait Émerillon) :

Poser une question, ça permet de laisser les autres tenter d’y répondre. Bref, encore une fois, on prospère sur l’énergie créatrice d’autrui.

Je trouve plus qu’étonnant qu’on voit la question de cette perspective. D’une part, il me semble que l’un des intérêts de suivre des blogues est d’avoir une multitude de points de vue voire de questions, et c’est de ces points de vue souvent qu’émerge de nouvelles questions qui deviendront de nouvelles réponses. Il est souvent bien plus pertinent de poser la bonne question que de trouver la bonne réponse.

Je re-cite Préfontaine dans son commentaire sur le blogue d’Émerillon :

l’aggrégateur [sic] vit au dépend du penseur et n’apporte rien de plus que le lien vers celui qui pense

Je poserais la question pour finir : le penseur, lui, vit au dépend de qui?

Et tiens, je vais proposer une réponse : de l’agrégateur.

Dans Autres réflexions

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3 commentaires

  1. Louis Préfontaine

    Merci pour l’intérêt. À mon avis on ne peut pas dire que le penseur vit au dépend de l’agrégateur comme il est suggéré par la finale de ton texte.

    Le penseur vit par lui-même, et si l’agrégateur peut le supporter à l’aide de liens, il n’en est pas dépendant pour autant. Il peut prospérer simplement par la qualité de son travail.

    L’agrégateur, au contraire, dépend du penseur pour son travail. Si le penseur cesse de penser, l’agrégateur se retrouve au bout d’une ligne de production vide et attend… en vain!

    L’agrégateur n’est pas inutile, s’il peut ajouter des réflexions pertinentes à ses liens. Mais s’il se contente de faire des petits tours de la blogosphère et puis s’en va, alors je dirais qu’il est aussi inutile qu’un vieil annuaire des pages jaunes à l’ère Google.

  2. Simon Dor

    Je crois qu’on peut le dire comme ça: la fonction de penseur nécessite la fonction d’agrégateur. Autrement dit, le penseur seul dans son coin ne fonctionne pas, ça lui prend un « agrégateur » (qu’il soit son propre blogue ou celui des autres) pour être transmis. Le blogue strictement agrégateur peut certes être conçu comme un parasite, parce qu’il ne fait que lier vers des éléments, mais ce qui fait qu’il est intéressant aux yeux des blogueurs, c’est qu’il est bien souvent le représentant de leur position: curieux, qui scrute le net et qui y ajoute son petit grain de sel (parfois peu pertinent, j’en conviens) familier et/ou humoristique. Si l’agrégateur ne joue pas bien son rôle, ou si son impertinence est assez forte pour être désagréable, les lecteurs vont lâcher, simplement.

    Mais je suis d’accord sur le fond : faire un hyperlien n’est pas un geste qui a un mérite « scientifique/politique/sur le plan des idées/de la pensée » en soi. On pourrait dire qu’il ne fait pas « progresser » la pensée dans le « temps » (si on avait une perspective positiviste), mais on peut s’entendre qu’un bon agrégateur la fait progresser dans l’espace.

    Il me semble que de voir ça comme « parasitaire », c’est un peu dire que les émissions de vulgarisation scientifique comme Découvertes sont des parasites des recherches universitaires. Non, ils en sont plutôt un moteur de diffusion essentiel, car le curieux ne peut suivre les canaux de diffusion de toutes les universités dans tous les domaines de recherche.

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