Rallier le Québec à tout prix

Je trouve intéressant l’idée que certains ont de vouloir à tout prix rassembler les gens d’une même nation dans un point commun. J’ai toujours eu l’impression qu’une nation se définissait par un ensemble d’individus ayant des valeurs en commun, ayant un destin qui se relie de manière plus ou moins naturelle, parce qu’ils ont une réalité politique, géographique, commune.

Pour certains, qui ont commenté sur le blogue de Renart L’éveillé, remettre en question la pertinence de certains moyens d’en arriver à l’indépendance du Québec est déjà s’éloigner de la nation.

Bref, Loco Locass vient de sortir un nouveau single où ils scandent leur amour pour les Canadiens de Montréal. Payante, je n’ai pas entendu la chanson en question. Je cite Biz dans l’entrevue par Katherine Lavoie :

Le Canadien rassemble toutes les langues, les religions, les classes sociales confondues. La chanson va dans ce sens-là.

Je n’apprécie pas particulièrement l’idée qu’il faille à tout prix trouver un point commun qui soit le cœur de la nation. Que l’amour des Canadiens unisse un nombre suffisant de gens, c’est bien intéressant et c’est tant mieux qu’ils partagent cette passion (écouter une partie est en effet très intéressant une fois de temps en temps!). Mais il me semble que de se réjouir que ce soit la seule chose qui rallie les Québécois, je suis étonné. Il me semble qu’au temps où Maurice Richard incarnait une réussite pour les Canadiens-français, c’était intéressant parce que ça unissait un peuple qui avait comme point commun d’être marginalisé et mis toujours au second rang. Y a-t-il un autre point commun qui soit symbolisé par le CH? S’unir sous une même bannière à tout prix… pourquoi?

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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4 commentaires

  1. Je sais pas pourquoi mais, depuis le non-événement des accommodements raisonnables, c’est devenu comme une obsession pour certains de «définir» le Québécois (principalement, pour pouvoir en exclure certains) et, ce que je remarque, c’est que toutes ces définitions du Québécois m’excluent systématiquement. Qu’elles soient basées sur la religion, les valeurs, l’alimentation ou le hockey… je ne suis plus un Québécois!

  2. @Renart : Moi non plus… très moyen mettons.

    @Feel : Il reste toujours la langue et, pour certains, le « lieu de naissance ». Dans leur conception, souvent, les autres « critères » ne servent que pour ceux qui ne sont pas nés ici (ou qui ont l’air de ne pas être nés ici).

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