Julia Kristeva. 1978 (1969). Seméitoké. Recherches pour une sémioanalyse. Paris : Seuil.

Julia Kristeva expliquait, sous la notion d’« espace intertextuel », que les éléments contenus dans le roman peuvent se définir dans leur rapport de différence d’avec tout ce qui les précède. Ainsi, les figures qui forment le discours « […] obtiennent, ajouté à leur sens original, un sens supplémentaire dû à leur insertion dans l’arbre génératif [1] du champ romanesque. » (1978: 176) . Une seule entité – le roman ou l’œuvre – en vient à être définie par ce que tout ce qui précède a généré ou aurait pu générer. Les significations sont ainsi multipliées, et le roman ne peut trouver un sens que par une polyphonie , une combinaison de plusieurs « voix » qui sont justement cet espace intertextuel. L’idée d’intertextualité vient évoquer la possibilité de définir une œuvre ailleurs que par son seul auteur déclaré. (extrait de mon travail du cours Art actuel)

1. L’expression « arbre génératif » pourrait être définie comme un schéma abstrait de relations entre les éléments qui le constituent – chaque roman en quelque sorte – qui viendrait engendrer toutes les possibilités de futurs éléments.

Message blog référant à cet ouvrage

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire