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Le rap et le peer-review

Je suis tombé par hasard, via Twitter, sur le blogue de Koriass, blogue presque vide mais avec quelques éléments d’intérêt. D’autres rappeurs tentent l’expérience: je suis très satisfait des réflexions de Dramatik sur AMG Showbiz aussi. Tout comme de MurpH (qui sera en show dans un concert anti-racisme vendredi soir, le 26 février 2010).

Pour en revenir aux propos de Koriass, voici la perle que je trouve sur son blogue. Je cite une citation, mais la réaction du rappeur québécois me semble importante aussi:

Et c’est pas juste au Québec qui a un manque de recherche et d’intérêt dans la complexité des textes. Black Thought du groupe The Roots, un des mc’s les plus fous et les plus technique, a dit: « From my point of view, lyrics mean nothing. It’s strictly something that we do for nostalgia, for ourselves. It’s for other mc’s, basically. » J’avais envie de pleurer quand j’ai lu ça. En gros ça dit que les seules personnes qui comprennent c’est les autres rappers.

Je me suis exercé au rap aussi il y a un certain temps. Mais ce que je lis ici, c’est un rappeur qui est happé par une phrase qui met en évidence qu’en gros, son travail, il n’y a que très peu de gens qui l’apprécient comme lui voudrait qu’il soit apprécié. Et ça, je pense que toute personne qui investit énormément de temps dans quelque chose qui le passionne le vit.

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5 Comments

  1. Simon Dor

    Comme plusieurs voient l’art contemporain comme quelque chose qui ne trouve plus son public. Les artistes font ça presque juste pour les artistes. Bien sûr, il y a toute une communauté autour, comme c’est le cas pour le rap, mais c’est tellement petit.

  2. MurpH

    Comme dit le Renart, cette réalité est vrai pour beaucoup de domaine qui dépasse même le seul champ artistique. C’est le cas pour un bon nombre de passionnés qui se sentent désavoué par le manque d’intérêt des autres pour leur muse.

    D’autant plus que Koriass est particulièrement «technique» dans son approche du rap.

    Mais là ou on peut extrapoler, c’est au niveau de la diffusion dans le temps.

    L’artiste, si sur le coup est reconnu qu’au travers une sphère restreinte d’individus, laisse tout de même une oeuvre qui pourra être appréciée par les artistes des générations suivantes. Une motivation qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer.

  3. Simon Dor

    Je pense en effet qu’au final, il y a toujours « espoir » que quelqu’un trouvera son public à un moment donné. Mais en même temps, comment savoir? C’est un sentiment étrange que de ressentir ça, ce type de solitude. J’ai l’impression qu’on se sent souvent assez seul à plusieurs moments lorsqu’on est passionnés par quelque chose, parce qu’on y trouve un aspect que, souvent, les autres ne voient pas nécessairement.

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