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Le cinéma parlant (avec un accent français) au Québec

La forteresse (Ozep, 1947)
La forteresse (Ozep, 1947)

L’été dernier, j’ai notamment travaillé pour le Grafics, le groupe de recherche sur l’avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique, à l’Université de Montréal. À l’aboutissement de plusieurs de leurs recherches sur le cinéma des premiers temps, ils ont construit un site web qui propose des textes de vulgarisation scientifique de leurs découvertes.

En été 2009, le groupe a élargi son mandat habituel du cinéma des premiers temps pour construire un site web autour du cinéma parlant au Québec avant l’arrivée de la télévision (1930-1952). C’est donc dans ce projet que j’ai été engagé. Le site se veut davantage un moyen d’explorer les films, les salles de cinéma et les figures importantes de la période en question. Nous autres auxiliaires de recherche avions comme mandat d’explorer notamment les archives de films (les chutes, aussi connues sous le nom de « rushes ») et les journaux pour faire des liens entre le cinéma et la société de l’époque.

Ce qui nous a permis évidemment de découvrir ensemble plusieurs films de fiction, comme La forteresse (Fedor Ozep, 1947). Les techniciens et réalisateurs étaient engagés pour la plupart de l’étranger pour travailler sur des films canadiens-français.

Même si, pour l’apprécier, il faut se remettre dans le contexte de l’époque à un endroit où on n’a pas fait énormément de cinéma, le suspense de La forteresse a quelque chose d’hitchcockien. I Confess d’Hitchcock sera justement tourné quelques années plus tard dans la vieille Capitale. Une journaliste, un meurtrier, un litige amoureux, un possible empoisonnement, des intérêts financiers qui poussent à tuer, etc. Comme le souligne Mario Bergeron, on est loin des clichés qu’on se fait de l’époque.

La plupart des personnages ont des accents français: on suppose qu’il s’agit de personnages éduqués, et que c’est pour cette raison qu’ils parlent d’une autre manière. J’avais ressenti « inquiétante étrangeté » semblable lors de l’audiovision de ce film, où on parle anglais un peu partout dans la ville de Québec et où ceux qui parlent français semblent débarquer d’un film de Carné.

Image tirée de http://mariobcinema.unblog.fr/2009/10/20/la-forteresse/.

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