Dubmatique - Trait d'union
Dubmatique – Trait d’union

« L’industrie prise d’assaut
Modus operandi versus idéaux
Précis comme sur Illico » (Disoul sur Dubmatique, « Patience », Trait d’union [2009])

J’ai déjà mentionné ailleurs qu’il y avait une forme « classique » du rap. Celle-ci comprend notamment le recours au punchline, souvent une comparaison qui tourne autour d’un jeu de mots plus ou moins complexe, selon le rappeur et le style de rap qui va avec. L’humour du battlerap nécessite justement que les punchlines « punchent » davantage, donc qu’ils soient plus simples et plus faciles à comprendre, tout en conservant un certain mordant. Parfois, aussi, c’est lié à l’actualité.

Toujours est-il que la citation qui introduit ce court texte contient un punchline. « Précis comme sur Illico. » Pas vraiment d’originalité, pas vraiment d’explication outre mesure. Tant pis, ça arrive on n’arrêtera pas à chaque mauvaise ligne.

Par contre, ça m’a fait réfléchir au fait que ce serait possible, si le rap était vendeur et qu’une entreprise était motivée à y investir, que des punchlines puissent être « à vendre ». Autrement dit, que ce genre de ligne où la marque mentionnée est peu importante soit achetée par une marque. Ça pourrait donner des lignes (mauvaises) comme : « J’suis tellement fresh que tu me croiserais dans les allées du IGA » ou « Mon rap a des tonnes de copies comme Le Super Club Vidéotron ». J’suis sûr qu’il y aurait des exemples plus crédibles et subtils. La ligne que je citais au départ pourrait en faire partie.

Mauvais, mais je suppose que ça s’est déjà fait dans le rap américain.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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