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Les choses et l’évocation. Au-delà du deuxième degré

J’adore les chroniques de David Desjardins. Sa dernière porte sur l’histoire d’un homme qui termine une relation avec une femme qui avait deux filles d’une relation précédente. Nécessairement, il a développé au cours des années une relation paternelle avec elles. Très touchant. Comme souvent, je me rends compte qu’en lisant un livre ou en regardant un film, ce sont des éléments qui m’apparaissent à première vue secondaires qui viennent me donner des idées parallèles.

Bref, Desjardins utilise parfois la boxe pour évoquer autre chose. C’est le cas dans cette dernière chronique.

Mais en réalité, c’est surtout la boxe qui m’intéresse.

Une fascination sans cesse renouvelable pour le pugilat de la vie, pour la capacité des gens à encaisser les coups, à se faire mettre au tapis et à rebondir.

Dany Laferrière parlait d’une vision d’écrivain qu’il avait eue: une fleur restée debout après le séïsme en Haïti, symbole de ce qui se tient toujours debout. Le symbole de la culture qui reste. (Pas mal sûr que j’ai entendu ça au Téléjournal 18h de Radio-Canada dans les jours qui suivirent le séïsme, faute de cette source il en évoque quelques aspects dans un article du Devoir). Une manière de détourner le sens d’une chose parce qu’on y voit une autre chose en filigrane. Une autre chose dans le cadre de la fenêtre qui parfois saute aux yeux davantage que la fenêtre elle-même.

J’aime les sens évoqués/connotés, sauf quand ils détournent le sens des choses que j’aime. Sauf quand ils prétendent pouvoir comprendre une chose en évoquant son rôle dans une métaphore.

Peut-être qu’au fond c’est quelque chose d’autre que les jeux vidéo qui intéresse des sociologues comme Laurent Trémel, qui critiquent le rôle des jeux vidéo dans la société… ils y verraient le symptôme d’autre chose. En s’intéressant à la représentation d’une réalité historique dans Civilization, ce n’est pas tant la manière dont ce jeu met en scène l’histoire qui est problématique, peut-être davantage le fait que les gens en général ne remettent pas en question l’histoire et comment elle s’est déroulée ou aurait pu se dérouler. Ils oublient que leur métaphore n’est qu’une manière d’illustrer autre chose, ce qui au fond les intéresse peut-être vraiment.

Un horticulteur n’aime peut-être pas qu’on ne voit que l’amour ou le deuil dans les fleurs. Au-delà du deuxième degré se trouve parfois le premier.

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