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Apprendre la vraie vie aux doctorants

Dans Le Devoir paraissait un article qui expliquait que trois universités du Québec allaient donner des cours à ses étudiants de doctorat et ses stagiaires postdoctoraux pour intégrer la « vraie vie ».

D’une part, étrange manière de dire que l’université n’est pas la vraie vie. Richard Patry, vice-doyen aux études supérieures et postdoctorales à l’Université de Montréal, explique bien que la vraie vie n’est pas l’université, et ce, même en tant que professeur. Autrement dit, vouloir une carrière universitaire, c’est rester dans cette « bulle ».

« Certains feront une carrière universitaire, mais d’autres pas. Vaut mieux qu’ils ne le découvrent pas trop tard et qu’ils mettent toutes les chances de leur côté dès le début », conclut-il.

Mais c’est encore plus étrange de lire ce qu’est cette « vraie vie ».

« Levez la main ceux qui savent bien utiliser la coutellerie dans un dîner d’affaires? Et ceux qui savent quoi faire lorsqu’on échappe une serviette de table? », demande la formatrice Gloria Di Francesco à un groupe de doctorants et postdoctorants de l’Université de Montréal. Quelques rares mains se lèvent timidement, la classe pouffe de rire. Pour ces étudiants qui possèdent un savoir scolaire très poussé, les questions d’étiquette peuvent paraître futiles. Mais elles font pourtant partie de ce qu’il faut savoir pour bien fonctionner dans le marché du travail, croit Mme Di Francesco, qui est conseillère en développement de leadership.

Je suis souvent assez idéaliste, mais il me semble que les questions d’étiquette sont effectivement futiles. Sérieusement, une entreprise va-t-elle engager quelqu’un pour ses compétences ou pour sa capacité à se débrouiller pour ramasser une serviette de table selon les traditions culturelles établies? C’est une fausse question, c’est probablement important, mais disons que je suis effectivement complètement déconnecté de cette « vraie vie »-là…

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7 commentaires

  1. Paule

    On entend ça souvent : la « vraie vie »…Je ne suis pas certaine de comprendre non plus. Je comprends, jusqu’à un certain point, lorsque l’on dit que nos compétences ne sont pas adaptées au milieu du travail (mais encore, de quel travail parle-t-on exactement?). Le travail individuel, la recherche, l’analyse, l’esprit de synthèse…etc. sont toutes des compétences qui me servent pour mon doctorat, certes, mais pour mon travail et pour la vie de manière générale et je ne pense pas que cette vie soit fausse. J’entends parfois des gens dire que l’université n’est pas la vraie vie (une bulle) parce que ma réalité quotidienne ne correspond pas à la réalité des gens en général, que mes pensées sont occupées, voire obsédées par des choses futiles et surtout, non utile…Je trouve que la réflexion est un peu facile et assez fausse…De toute manière, imaginons un monde où les humains ne feraient que des choses perçues comme utiles pour la majorité! Quand on y pense, ça tourne vite à l’absurde…

  2. Dominic

    Autrement dit, on troque le « faux rêve de faire une carrière universitaire » que plusieurs n’auront pas la chance de réaliser, pour le remplacer par des dîners d’affaire où l’étiquette des fourchettes est capitale? N’est-ce pas remplacer un faux rêve par un autre? Je pense que l’ensemble des travailleurs ne sont pas convoqués dans des dîners d’affaires à l’étiquette coupe-gorge. Et encore l’idée de la « vraie vie ». Comme la phrase « tu vas encore à l’école ». Comme si en faisant une maîtrise, un doctorat ou même un post-doctorat on remplissait notre « sac d’école » de livres le matin pour aller s’asseoir et écouter un professeur parler. Comme si, généralement parlant, être un étudiant gradué, ce n’était pas une forme d’entrepreneuriat personnel.

  3. Simon Dor

    @ Gabriel

    Ça me rappelle les billets où tu parlais des « vraies affaires à l’école de la vie qui nous apprend le gros bon sens ».

    @ Yvan

    Oui, j’aimerais qu’il en soit autrement, mais je me sens souvent (un peu trop) concerné par l’image que les étudiants de maîtrise/doc projettent dans la société. :/

    @ Paule & Dominic

    C’est en effet étrange comme les gens ont des perceptions sur ce qu’est la « vraie vie » et la bulle. Comme Dominic le pointe, je pense qu’il y a beaucoup le fait que les gens voient l’université comme « l’école », la suite logique d’une série qui commence à la pré-maternelle… alors que je vois le travail de 9@5 dans un bureau comme la suite logique du secondaire.

  4. Yvan L.

    Des philosophes avant moi ont dit que l’on est responsable
    non seulement de nos paroles ou gestes que nous proférons
    ou posons mais aussi de leurs conséquences sur notre entourage.
    (…)

    Pour ma part je préfère voir des êtres qui analysent
    et étudient un sujet précis, à d’autres ayant troqué
    la pensée analytique pour l’action impulsive.
    La « vraie vie »…

    C’est aussi prendre le temps.
    Le temps d’observer.
    J’essaie d’observer les deux en même temps.
    Réfléchir avant, agir ensuite.
    Pas donné à tout l’monde.

    La bulle étant bien relative.

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