On joue dans un chambara, la fierté la loi
Tuent, comme un bon vieux Kurosawa
La main sur le katana, même si la peur m’assaille
Je partirai comme un samurai (Shurik’n, « Samurai », Où je vis, 1998)

Il y a quelques semaines, j’apprends par le biais de sa page Facebook que Koriass faisait la première partie du groupe IAM à la Récréathèque de Laval (oui). J’y étais donc le 30 septembre dernier. Véritable groupe culte pour moi, je n’avais vu IAM qu’une seule fois en show dans ma vie, en 2008.

La première partie a été assez courte, peut-être surtout parce qu’il y avait une longue file d’attente à l’extérieur et que, dans les événements hip-hop en général, 20h signifie souvent quelque chose comme entre 30 et 90 minutes plus tard. Après que Koriass, accompagné de Bobby One et DJ Manifest, ait terminé son bloc, il s’est écoulé peut-être 45 minutes avant qu’IAM commence à interpréter « L’école du micro d’argent ».

Les classiques et la nostalgie

Comme en 2008, ils ont fait plusieurs extraits de chansons pour se permettre d’en faire plus. J’étais très près de la scène, et j’ai été extrêmement surpris de la qualité du son par rapport à la plupart des shows de rap où je suis allé. Ou peut-être que j’étais juste plus près. En plus de leurs classiques de L’école du micro d’argent, ils ont fait quelques pièces du prochain album de Shurik’n, une pièce de Saïd (« Qui veut du funk ») qui fait leurs backvocals avec Kephren, et j’entendais extrêmement bien les paroles.

J’ai entendu des tracks que je ne croyais jamais entendre en show, comme « Lettre » de Shurik’n, « NYC Transit » d’Akhenaton et « Un cri court dans la nuit ». De leur dernier album, ils ont fait « Offishall » et « Ça vient de la rue ». D’Ombre et Lumière, ils ont fait le traditionnel « Je danse le mia » et chanté le refrain de « Le feu ». Comme d’habitude, ils ne sont pas retournés aussi loin en arrière que …De la planète Mars (1991), et ont laissé de côté Revoir un printemps (2003), album où Freeman avait un rôle presque aussi à l’avant-plan que ses deux ex-collègues vétérans.

Ce fut un plaisir de voir le groupe s’exécuter: toujours énergiques, donnant leur 100% devant un public vendu d’avance. On ressentait vraiment leur plaisir et leur passion. Il y avait en même temps un discours de nostalgie derrière tout ça, notamment parce que ce sont leurs classiques qui suscitaient le plus l’engouement de la foule. Mais IAM a toujours eu un discours qui se nourrit et qui entre en dialogue avec le passé, que ce soit les cultures anciennes, le cinéma classique, la musique qu’ils samplent, mais aussi les thèmes. C’était touchant d’entendre Akhenaton nous dire quelques mots sur ses parents et Shurik’n nous lire cette « Lettre ».

La culture populaire classique

Au premier rappel, nous avons été servis par « L’Empire du côté obscur » exécutée dans le noir, avec des sabres lasers et introduite sur fond de marche impériale (un exemple de meilleure qualité que mon cellulaire même si on n’entend rien de la performance est ici). Je trouve fascinant l’appropriation de différents univers par IAM, que ce soit Star Wars, les samurais ou le western spaghetti de Leone. Le rap est souvent emblématique de la culture populaire, et j’aime l’idée d’une culture qui entre en dialogue avec d’autres manifestations culturelles, ici surtout la culture populaire classique.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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