Menu Fermer

La vie des gens pauvres et misérables dans les séries télé?

De rien, voilà de quoi on te parle

Le Rat Luciano, dans « La vie des gens pauvres et misérables » (Rainmen, feat. Fonky Family)

Je suis en train de regarder la troisième saison de This is Us (Dan Fogelman, 2016-) et je suis vraiment saturé d’émotions qui semblent tellement belles une fois qu’on les met en scène à l’écran mais qui suintent la vie de gens riches et célèbres se faisant passer pour des gens « ordinaires ». Au-delà des multiples discours moralistes et des phrases de réconfort parfaitement rédigées qui s’enchaînent les uns après les autres, combien de fois dans la série voit-on un problème réglé par un « je prends un avion pour aller te consoler de l’autre côté du continent », « je prends un congé sans solde de plusieurs mois pour régler mon problème d’anxiété/d’alcoolisme », ou « j’en parle à un contact que j’ai dans la politique municipale »?

J’ai vraiment l’impression que c’est une série sur le rêve américain revisité, où le « this is us » passe pour un « this is u.s. ». On cherche quelque part à réhabiliter les relations raciales aux États-Unis en montrant qu’une famille peut être unifiée malgré la différence des trois triplets, lesquels de manière troublante devaient à l’origine s’appeler Kate, Keven et Kyle (KKK). Je me demande si l’allusion sera utilisée à un moment dans la série.

C’est extrêmement rare qu’on laisse la place aux personnes marginalisées dans les séries télé, mais je pense qu’on ne réalise pas à quel point la « normalité » représentée est celle de gens privilégiés qui ont des appartements que personne ne peut se payer — même l’artiste bohème qui n’a pas les moyens de payer ses contraventions dans Friends from College (Nicholas Stoller et Francesca Delbanco, 2017-) a un appartement tout à fait hors de prix à New York.

Même Marie Lamontagne dans Unité 9 (Danielle Trottier, 2012-) ne vient pas d’un milieu marginalisé et son contact avec celui-ci reste assez distant (du moins, jusqu’à l’endroit où j’ai eu le courage de me rendre dans la série).

Est-ce qu’on essaie suffisamment de représenter véritablement la pauvreté et la misère ou est-ce que c’est qu’elle a quelque chose d’intrinsèquement irreprésentable?

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *