This Bed We Made remporte le grand prix Numix!

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Toutes mes félicitations à l’équipe de Lowbirth Games qui vient de remporter le prix du meilleur jeu indépendant et le grand prix Numix pour le jeu vidéo This Bed We Made! C’est amplement mérité à mon sens. Le jeu est vraiment une expérience narrative digne des jeux de Don’t Nod (Life is Strange). La compagnie a été fondée par plusieurs diplômé-e-s de l’UQAT et ils ont aussi embauchés de nombreuses personnes qui sont passées par nos corridors; c’est d’autant plus un plaisir de les voir recevoir cette reconnaissance!

On incarne Sophie, un jeune femme de chambre un peu trop curieuse qui découvre qu’elle est elle-même observée et prise en photo par un des clients de l’hôtel où elle travaille au centre-ville de Montréal dans les années 1950. Accompagnée d’un-e acolyte qui l’aidera à partir de la réception, elle fouille les chambres et s’implique dans un mystère et un meurtre bien malgré elle.

Le jeu se déroule dans un espace clos avec à peine quelques personnages avec qui interagir, mais donne une impression de huis clos et d’inquiétude au fur et à mesure de nos découvertes. Les différentes chambres racontent elles-mêmes des histoires autour de thématiques de relations amoureuses et de surveillance — je n’en dis pas trop pour vous laisser le plaisir de le découvrir. On sent vraiment que la curiosité de notre personnage est liée à l’empathie qu’elle éprouve envers les gens sur laquelle elle en apprend de plus en plus et qui lui permettent, au fond, d’exercer une agentivité plus grande sur sa vie alors qu’elle se sent prise dans une situation sociale qui ne lui laisse pas beaucoup de choix ni d’espace pour être elle-même.

Un regard sur l’histoire

Je dirais qu’il s’inscrit dans une vague de jeux d’histoire au Québec qu’on constate dans les dernières années: Sang-Froid – Tales of Werewolves, Kona, La vallée qui murmure… Ce n’est pas nécessairement un «genre» hégémonique mais il y a quelque part cette volonté de recréer un esprit particulier d’une époque qui se sent bien dans This Bed We Made.

This Bed We Made a certainement une manière de regarder le passé moins glorifiante ou mythifiante que le font d’autres, et c’est je pense l’une de ses forces. Ce n’est pas un jeu de combat, de monstres ou d’horreur. C’est un jeu qui montre des lieux quotidiens où on accomplit des tâches triviales comme laver les planchers et s’assurer de ramasser de la vaisselle salle, même s’il se déroule des drames intenses et peu communs, racontés à travers des objets extrêmement détaillés et des lettres laissées derrière.

C’est une expérience de 6-7 heures qui se fait très bien!



À propos de l’auteur

Simon Dor


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Je suis professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue au centre de Montréal.


En libre accès en format numérique ou disponible à l’achat en format papier.


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