Peut-on créer du contenu qui n’est pas divertissant sur les médias sociaux?

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Je reviens de la première journée du CIFEL et je suis encore sur le hype de la conférence tout en étant très fatigué! J’aurais des trucs à écrire sur tellement de choses, mais la présentation de Fanny Barnabé qui fermait la journée m’a fait réfléchir à un truc extrêmement important il me semble pour les médias sociaux aujourd’hui.

Sa recherche porte sur la toxicité du clavardage sur Twitch à travers l’analyse d’une pratique précise de streamers européenne qui consiste à faire des tribunaux des bannis. Dans une mise en scène parodiant les émissions télévisées de cour, le streamer accepte de rencontrer la plaidoirie d’un spectateur banni de son stream. Ce que Barnabé notait, c’est que c’est souvent l’aspect humoristique qui prime pour « réhabiliter » les spectateurs; autrement dit, un commentaire déplacé peut être considéré comme acceptable s’il a une visée humoristique. La toxicité a priori en vient à devenir utile pour créer un nouveau contenu humoristique, le tribunal lui-même, et à amener même une réflexion plus sérieuse sur ce qui est acceptable ou pas.

Ça me faisait beaucoup penser aux chroniqueurs ou animateurs de radio qui gagnent leur vie en mettant en scène leur toxicité envers certains groupes sociaux ou certaines revendications sociales. Ce qui ne me rassure pas tant quant à l’avenir des médias. C’est comme si le divertissement est le seul langage qui en vienne à rendre une réflexion acceptable ou intéressante pour les médias.


Mon obsession musicale de la journée:


Image tirée de la chaîne de DANYetRAZ (que je ne connais pas mais qui font du tribunal des bannis): https://www.twitch.tv/videos/2129341613


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Je suis professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue au centre de Montréal.


En libre accès en format numérique ou disponible à l’achat en format papier.


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