Gérer son inventaire — entre deux marchands

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Il y a quelques temps, j’ai créé une liste en grosse tempête d’idées pour isoler les éléments qui rendent une économie intéressante dans un jeu vidéo. Je me dis qu’il serait intéressant de revenir sur plusieurs (chacun?) des concepts abordés dans cette liste! Allons-y aujourd’hui avec la gestion d’inventaire «entre deux marchands».


Un inventaire limité est d’emblée une manière intéressante de créer une économie. Pensons à un jeu comme Fortnite (Epic, 2017), où on a un nombre de cases d’armes et objets très limité durant une partie qui nous force à faire des choix très rapidement lorsqu’on a accès à de nouveaux objets. Certains jeux qui misent sur le plus long terme ou utilisent d’autres moyens pour contrôler la quantité d’objets dans un inventaire.

Final Fantasy IV, par exemple, a un nombre limité mais assez élevé d’items. Pour avoir plus de place, on peut en stocker en rejoignant un champ de chocobos et en utilisant une carotte pour appeler le «gros chocobo», lequel pour une raison fictionnellement étrange, conserve nos objets et peut nous les redonner en le rappelant plus tard.


Mais plusieurs jeux ont une dynamique où, on pourrait dire, l’inventaire se gère «enter deux marchands» lors de différentes boucles de jouabilité. Dans un jeu comme Skyrim, lorsqu’on explore un donjon, notre capacité à transporter des objets est limitée par notre score d’encombrement. On finit souvent par conserver des objets pour pouvoir les rapporter aux marchands et les revendre. Mais tant qu’on est dans le donjon, on fait des choix de garder ou laisser tomber des objets jusqu’à la possibilité de retourner voir un marchand qui nous permettra de vendre notre excédent. Le rapport «prix par poids» devient central pour savoir ce qu’on garde et ce qu’on laisse au sol.


Diablo a une dimension intéressante avec les «town portals»: on peut garder un espace dans notre inventaire pour un parchemin qui nous téléporte jusqu’au village, et une fois notre inventaire plein, utiliser ce sort pour nous ramener au village pour vendre notre stock. (On peut, bien sûr, apprendre le sort pour se libérer d’un espace d’inventaire.)


L’économie devient intéressante parce qu’elle implique des choix de ce qu’on garde et ce qu’on décide de laisser derrière, mais peut devenir désagréable lorsque de refaire des allers-retours entre lieu de l’action et lieu de l’échange a un rythme trop fréquent, que ce soit par nécessité ou parce que ça donne un trop grand avantage. Au final, créer une économie implique beaucoup de choisir ce à quoi on souhaite donner de la valeur comme designer.



À propos de l’auteur

Simon Dor


2 réponses à “Gérer son inventaire — entre deux marchands”

  1. Avatar de Dominic Arsenault

    Ça me rappelle mon marchand préféré, Creeper dans Morrowind. Un petit diablotin qui a une grosse quantité d’or. https://elderscrolls.fandom.com/wiki/Creeper_(Morrowind)
    Comme il faut respecter le budget du marchand, on doit vendre des items pour ensuite le lendemain lui racheter, ce qui lui donne de la marge pour ensuite qu’on lui vende des items plus chers qui excèdent son budget de départ, puis revendre l’article 1. Un genre de puzzle de tours d’Hanoï, et un aperçu de la gestion des flux de trésorerie (qui n’auront jamais aussi bien porté leur nom que dans ce genre de jeux!)
    Je pense aussi à un jeu où tu envoies ton chien vendre ton loot pendant que toi tu continues l’exploration…. Torchlight si je me trompe pas.

  2. Avatar de Simon Dor

    Fascinant ces échanges dans Morrowind! C’est vrai que l’ordre des ventes est parfois complexe quand les vendeurs ont des inventaires. Acheter des trucs plus ou moins pertinents pour donner de l’argent peut devenir utile pour se débarrasser d’un objet encombrant sans le vendre à rabais.

    Je ne savais pas que Torchlight avait cette mécanique! Si c’est le cas, comme c’est à peu près un clone de Diablo, c’est un peu comme si ça «remplaçait» le town portal finalement!

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Je suis professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue au centre de Montréal.


En libre accès en format numérique ou disponible à l’achat en format papier.


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