Il y a une différence importante entre quelque chose de complexe et quelque chose de compliqué, même si les deux pourraient avoir comme opposé le mot « simple ». Le designer Don Norman, dans son livre Living with Complexity, explique bien cette différence dès les premières pages:
Je fais une différence entre complexité et compliqué. J’utilise le mot « complexité » pour décrire un état du monde. J’utilise le mot « compliqué » pour décrire un état de l’esprit. La définition du dictionnaire de « complexité » décrit quelque chose qui a plusieurs parties interreliées, et c’est ainsi que je l’utilise aussi. La définition de « compliqué » inclut comme second sens quelque chose de « confus », et c’est que j’inclus aussi dans ma définition du terme (Norman 2016, p. 2).
La complexité implique quelque chose qui a beaucoup d’éléments, qui a beaucoup de composantes, peu importe s’il est facile d’accès ou non. Ce qui est compliqué, en revanche, implique qu’il est difficile à comprendre. Quand on crée un jeu vidéo, on a parfois envie d’ajouter une certaine complexité, mais en général on préfère éviter de la rendre compliquée.
Une certaine complexité est désirable. Quand les choses sont trop simples, elles sont aussi vues comme ennuyantes et sans intérêt. Les psychologues ont démontré que les gens préfèrent un niveau médian de complexité: trop simple et nous nous ennuyons, trop complexe et nous sommes confus. Plus encore, le niveau de complexité idéal est une cible toujours en mouvement, parce que plus on devient expert de n’importe quel sujet, plus on préfère de complexité. Ceci reste vrai que l’on parle de musique ou d’art, d’intrigues ou de romans historiques, ou encore de passe-temps ou de films (p. 13).
Référence
Norman, Donald A. 2016. Living with Complexity. MIT Press.



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