Blogue de Simon Dor, professeur en études vidéoludiques et médiatiques

Final Fantasy V, l’émulation et la progression

La première fois que j’ai joué à Final Fantasy V, c’était la version japonaise en émulateur traduite de manière amateure en anglais puis (partiellement) en français. C’est la raison pour laquelle je le donnais en exemple dans l’article d’encyclopédie que j’ai écrit sur les émulateurs (Dor 2012, p. 194). C’est pour moi un excellent exemple de la manière dont les émulateurs ont permis et permettent encore une plus grande accessibilité des jeux. Ce sera probablement encore le cas maintenant que Sony vient d’annoncer la fin du support physique pour les jeux de la future PS6; les émulateurs sont une tactique de la part des personnes utilisatrices qui peuvent sortir du marché classique et reprendre un certain contrôle sur leur consommation de la culture, même si cette action implique de sortir du cadre légal.

J’y jouais sur émulateur à partir d’une version traduite de manière extrêmement amateure, qui comprenait de nombreuses fautes (“abilité”) et dont la traduction avait été abandonnée en cours de route.

La progression et le système de “jobs”

J’ai beaucoup aimé y rejouer mais le système de “jobs” donne un étrange sentiment de progression. J’expliquais un peu cette émotion avec l’exemple de Fell Seal: Arbiter’s Mark dans une vidéo: une fois qu’on atteint le maximum de niveau d’une classe, l’idéal est de changer de classe pour pouvoir en maîtriser une nouvelle, mais les habiletés de l’ancienne ne sont pas maîtrisées pour toujours, elles doivent être équipées.

Final Fantasy V a même des classes moins utiles que d’autres. On s’attendrait à ce que certaines classes avancées donnent des bonus intéressants pour la fin de partie. Par contre, certaines classes sont à peu près inutiles. Le mage bleu apprend des habiletés de manière très difficile (en recevant une attaque spéciale en combat) sans avoir de magies très utiles; le barde a des compétences presque inutiles. Il y a certains moments du jeu où les habiletés du danseur, de l’archer ou du ninja sont très fortes en étant moins coûteuses que celles des classes plus classiques.

Mais la progression est étrange. En fin de partie, la meilleure classe est probablement le mime, qui peut imiter toutes les habiletés et équiper trois habiletés à la fois. J’ai essayé différents combos mais à peu près tous mes personnages avaient la magie blanche, la magie noire et/ou la conjuration et les items. Par ailleurs, une fois qu’une classe est maîtrisée, les bonus d’habiletés de celle-ci sont maîtrisés par le mime, qui ne garde que les meilleurs bonus. Autrement dit, il faut maîtriser les meilleures classes pour chaque statistique, ce qui en rend certaines plus efficaces que les autres.

Références

Dor, Simon. 2012. « Emulators ». Dans Encyclopedia of Video Games. The Culture, Technology, and Art of Gaming, sous la direction de Mark J. P. Wolf. ABC-Clio/Greenwood.


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