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Le privilège de la marginalité. Être un connaisseur dans la masse

Je suis tombé récemment sur cet entretien avec Stéphanie Molinero qui date de 2009, qui parle de son livre Les publics du rap, et j’avoue que je me suis vraiment reconnu dans cette contradiction.

On parle de légitimation du rap. On en est où, là, justement ? Est-ce que le rap est légitime aujourd’hui, ou est-ce que les fans de rap ont toujours cette impression, qu’ils regrettent ou qu’ils valorisent, d’être une sorte de citadelle assiégée, d’être seuls contre tous ?

Dans tous les entretiens il a été question de ça. Ils ont bien conscience de la mauvaise réputation du rap, qu’ils déplorent la plupart du temps. Mais en fait, ils ont un double discours, car il y a aussi la distinction de l’amateur, cette envie de connaître des choses que les autres ne connaissent pas, de garder un petit aspect de marginalité. Ils n’ont pas envie que leur voisine de pallier avec qui ils ne partagent rien leur dise : « ah le rap c’est super, j’aime bien » (codotusylv, Stéphanie Molinero – Interview, 2009)

Il y a quelque part ce désir de rester marginal qui a toujours été présente dans ce que j’aime du hip-hop. J’aurais une impression bizarre si tout le monde se mettait à aimer ça. Déjà, dès que j’entends une chanson que je connais dans un bar ou un lieu public, ça m’impressionne encore car je ne suis pas habitué d’entendre du rap ailleurs que chez moi. Je me dis toujours intérieurement que « Moi, je connaissais ça avant que ça joue à la radio », ou, « Moi, j’écoute ça différemment ». Étrange phénomène.

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