Blogroll : tag du “printemps”

30 juin 2009, par Simon Dor | 2 commentaires

BAxT a eu l’idée de créer une tag de blogroll, c’est-à-dire qu’il invite les blogueurs qui le veulent à faire un ménage périodique de leur blogroll.

Étant quelqu’un qui oublie beaucoup, je trouve que c’est une bonne manière de se rappeler de mettre ça à jour. Parfois, il faut supprimer les blogs morts, mais plus souvent, il est intéressant d’ajouter de nouvelles découvertes.

Dans mon cas, mon ménage était assez récent, comme je viens de changer de design. Je relaie quand même à ma blogoliste elle-même.

Antoine, Tchendoh, Maphto, Amélie, Kelly, helenablue, HellRider, Jason et Francis, Yvan, Janmi, David, Feel, Dominic, Audrey, Hugo, Renart, Christian.

N’hésitez pas, ceux qui voudraient être ajoutés à ma blogoliste, à me le signaler.

Le regard qu’on perd | Chiens de paille - Mes yeux d’enfant

26 juin 2009, par Simon Dor | 4 commentaires

Sincèrement (Chiens de paille, 2004)“S’il vous plaît, rendez-moi mes yeux d’enfant
Je voudrais, revoir le monde comme avant
Retrouver, ce qu’on perd en grandissant”
Chiens de paille, “Mes yeux d’enfant”, Sincèrement (2004)

Je crois qu’en effet, on perd quelque chose en grandissant, on a une mémoire qui nous fait voir les choses autrement, qui ne nous permet plus de regarder naïvement le monde.

Ne serait-il pas possible qu’un phénomène semblable se produise à plusieurs reprises à plus petites échelles? Autrement dit, qu’à force de regarder des films, qu’à force de jouer à des jeux, qu’à force d’écouter de la musique, on perde une certaine manière de regarder, une certaine manière de jouer, une certaine manière d’écouter? Fort probablement pour regagner une autre manière, j’en conviens. Mais cette manière de voir plus “raffinée”, selon Hume, est-elle plus légitime? Est-elle la seule manière de voir qui devrait intéresser un universitaire? C’est cette question que je trouve intéressante à se poser.

Image tirée de http://www.stylehiphop.com/article-a-1449-r-chiens_de_paille_sako.html

L’opinion conditionnelle

9 juin 2009, par Simon Dor | 4 commentaires

Sur son blogue de Branchez-vous!, Pascal Henrard note qu’il y a une tendance chez les journalistes à employer le conditionnel. Comme la nouvelle n’est pas confirmée, mais supposée, le conditionnel marque une manière d’être modeste par rapport à ce que le journaliste avance, tout en sortant une nouvelle. Je suis personnellement un adepte du conditionnel, car il me semble que c’est un temps de verbe essentiel pour remettre ce qu’on dit en contexte, qu’il soit un fait ou une opinion.

Nous qui ne sommes pas journalistes abhorrons le conditionnel auquel nous préférons le catégorique. Les opinions se conjuguent en effet bien mieux à l’affirmatif formel. Et vous, lecteurs assidus, êtes bien placés pour le savoir.

Je ne sais pas, justement, si les opinions se conjuguent vraiment à l’affirmatif formel. Je suis d’accord pour dire que la phrase: “Je suis d’accord avec cela.” est un affirmatif formel. Mais, pour ma part, mon opinion se formule le plus souvent du temps sur du factuel conditionnel. Autrement, on se lance dans une guerre de faits. Trop souvent s’obstine-t-on sur les faits qu’on a pas compris de la même manière plutôt que sur les opinions.

Prenons une situation, peu importe, disons un ministre qui affirme quelque chose d’horrible. Je dis que je suis d’accord [que c'est horrible]. Je vais baser mon opinion sur un fait au conditionnel, strictement au cas où, finalement, ses propos n’étaient pas si tranchés que ce qu’on pouvait laisser paraître dans la manière dont la nouvelle a été rapportée. À mon sens, utiliser le conditionnel est essentiel pour être modeste par rapport à sa propre opinion : c’est démontrer que nous ne sommes pas contre catégoriquement et pour toujours, mais plutôt en fonction de certains éléments très précis, qui peuvent, si notre recherche n’est pas complète (ou si nous avons été trompés par un journaliste qui a tourné les coins ronds), s’avérer finalement différents. Le conditionnel ouvre la question d’un monde possible : si les conditions sont telles que je les décris dans ce monde possible, je suis pour ou je suis contre.

Mes articles sur Hiphopfranco

8 juin 2009, par Simon Dor | 1 commentaire
Hiphopfranco (nouveau logo)

Hiphopfranco (nouveau logo)

Je vous ai déjà dit ailleurs que j’ai déjà été critique pour le site web Hiphopfranco.com. Leur nouveau design avait supprimé l’ancienne plate-forme, ce qui faisait notamment que les articles avaient disparu. C’était quelque part logique, car aucune mise à jour ne se faisait de ce côté-là, mais quand même, je trouvais décevant qu’il n’y ait plus les anciens textes archivés.

Et voilà, justement, que tous mes articles sont de retour via le blogue d’Hiphopfranco (avec de nouveaux URLs, ce qui implique une perte de PR et quelques liens brisés notamment ici). J’espère que le blogue sera actif : c’est une chose qui manque dans le rap québécois actuellement, et je crois que ça donnerait à Hiphopfranco un avantage par rapport aux autres sites sur le hip-hop au Québec.

Être limité par la technologie

4 juin 2009, par Simon Dor | Aucun commentaire

Je suis vraiment fâché contre la technologie.

EndNote cause problème

EndNote cause problème

J’essaie de faire fonctionner EndNote X2. Pour modifier la manière dont les citations apparaissent (notamment pour faire apparaître les numéros de page… élément dont je ne comprends pas pourquoi il n’apparaît pas par défaut), je dois changer quelque chose dans les options. J’essaie d’aller dans le menu, mais dès que je vais dans le menu “format bibliography”, j’ai un problème qui apparaît (figure ci-jointe: la phrase “The left and right delimiter cannot be blank and must be unique”). Que je change ou que je laisse identique les “temporary citations delimiters”, le même problème apparaît. Ça me prendrait quelque chose qui remettrait les paramètres par défaut (qui ont été altérés je ne sais comment), comme cette manière de faire mais avec la version X2.

Et là, pour demander à mes lecteurs si quelqu’un utilise EndNote et pourrait m’aider avec ça, je ne peux uploader d’images dans ma nouvelle interface Wordpress. J’ai pas pris des heures à tout importer et “URL-rewriter” pour me faire niaiser par Wordpress… J’ai pas le goût d’uploader mes images par FTP chaque fois. Mauvaise soirée.

Nouveau design, nouvelle plate-forme

3 juin 2009, par Simon Dor | 4 commentaires

Et voilà. Après tout un travail, voici que j’ai changé à la fois mon design et ma plate-forme de blogue.

Nouveau design

Peut-être ce qui sera le plus un “choc” pour vous : oui, j’ai décidé de m’assumer en tant que gamer et de créer un design basé sur StarCraft. J’ai tout fait pour qu’il soit autant user-friendly que viewer-friendly.

Je confirme qu’il y aura des modifications au design, déjà certains éléments m’agacent un peu. À force de l’utiliser, les faiblesses seront plus visibles. N’hésitez pas à faire des commentaires ici sur ce nouveau design: votre sens esthétique et votre expérience de lecteur de blogues est la bienvenue.

Nouvelle plate-forme

Je n’ai rien contre la plate-forme Blogger en soi : elle fonctionne bien, tant et aussi longtemps qu’on est hébergés sur blogspot.com. Toute tentative de modification du design de manière personnelle m’empêchait d’utiliser les dernières fonctionnalités de Blogger. Ce qui m’a fait, éventuellement, migrer.

Wordpress optimise aussi certains éléments de référencement : il crée des balises “p” à chaque paragraphe et je n’ai pas à modifier le code pour créer des niveaux de titres.

Les URLs restent les mêmes, pour la plupart. J’ai quelques problèmes avec des cas de redirection (mes labels notamment semblent être difficile à rediriger, mais au pire je perdrai quelques points de PageRank et quelques visites, ce n’est pas la fin du monde). Quelques problèmes d’affichage peuvent arriver, notamment au niveau des titres dans les messages blogs. Je vais les corriger au fur et à mesure lorsque je les vois. Les anciens commentaires restent, j’ai fait suivre les URLs de vos blogues lorsque vous aviez commenté, lecteurs habitués.

Bref, voilà donc ce que ça donne comme résultat final. J’espère que vous serez ravi de continuer à naviguer sur ce site!

10e Carrefour international de théâtre au quartier St-Roch de Québec

3 juin 2009, par Simon Dor | 1 commentaire

J’ai passé la dernière fin de semaine à Québec, dans le quartier St-Roch. Par hasard, il s’y déroulait le 10e Carrefour international de théâtre, avec pour thématique Où tu vas quand tu dors en marchant…? Sans appréhension, par un drôle de concours de circonstances, ma blonde et moi avons décidé d’y aller, en débutant à la première de six stations. Les deux heures que dure l’événement, entre 21h et 23h, sont trop courtes pour tout voir.

Chacun son fragment de récit

D’abord, on attend en ligne environ 45 minutes. La première station est composée d’une vingtaine de lits chacun orné d’un ballon blanc lumineux, où sont placés le même nombre de comédiens, habillés de blanc. Dans la file d’attente, on entend des voix qui se superposent : un homme ou une femme qui nous confie un “secret”, qui sera répété à quelques reprises. Humoristiques, tristes, étranges…

Quand j’étais petite, je rêvais de déménager, pour être la nouvelle. Encore aujourd’hui, je rêve parfois de partir pour repartir à zéro quelque part où personne ne me connaît.

Je me suis déjà fait surprendre à faire l’amour sur le bord d’un lac, par quelqu’un qui passait en chaloupe. Il s’est mis à nous lancer des roches.

Regarder mon enfant est la seule chose qui diminue mon envie de m’enlever la vie. (je paraphrase)

Un comédien lève son ballon, où on peut lire un mot-clef différent des autres ballons; le nôtre était “spasme”. Nous allons nous asseoir avec lui sur le lit, et il parle. À moins d’un mètre de son visage, il nous raconte une histoire d’un peu moins de dix minutes : comment il a peur de sa propre imprévisibilité, comment il a peur, tellement le quotidien peut être meublé de gens imbéciles, d’exploser, d’un jour frapper quelqu’un, un coup de trop peut-être.

Nous comprenons que, fort probablement, chacune des histoires racontées sur chacun des lits est la suite du secret précédemment entendu.

Promenade au pays des merveilles

On se dirige ensuite vers la prochaine station. Une promenade en descendant l’un des escaliers de bois de la ville. Le spectacle se déroule en partie alors que nous croyons être encore dans la file d’attente… donc, on regarde à gauche et à droite, à moins de cinq mètres, les plusieurs très petites scènes, avec un ou deux personnages, qui font un mouvement répétitif lorsque les projecteurs sont sur eux, et restent fixes lorsqu’ils sont dans le noir. Musique étrange au saxophone ou à la scie, comptable qui travaille sur un cercueil entrouvert, où un faux-cadavre vivant aux longs cheveux y est éclairé. La thématique d’Alice aux pays des merveilles se révèle avec le “Mange-moi” et “Bois-moi” près de drinks en libre-service. Une table nous présente le Chapelier et le lièvre de Mars, un Humpty Dumpty est perché sur un bloc de pierre, deux jumeaux se chamaillent pour quelque chose au son d’un saxophone. Quelques scènes me sont inconnues : une femme épluche des patates, alors que deux attachées derrière elle tentent de se libérer.

La troisième station explore les sons : des grenouilles se répondent entre elles, des tourne-disques font tourner des verres de vin pour en extraire leur son. Nous avons sauté la quatrième, car la fin approchait, pour passer directement à la cinquième.

La rue St-Joseph était en partie barrée, éclairée par des blacklights posés dans les commerces, fermés ou ouverts. Une contorsionniste fait quelques mouvements dans une automobile, un individu écrit sur la vitre d’un commerce de l’intérieur… Inquiétante étrangeté dans l’ensemble, presque chaque personnage étant mis en parallèle avec un court texte qui donne une touche politique à la manifestation : les statistiques des viols de religieuses par des prêtres se juxtaposent à l’image d’une none habillée légèrement (de l’autre côté de la vitre) et à une musique religieuse qui sort d’une radio d’auto.

Nous avons manqué de peu la sixième station, un spectacle de danse devant l’église. La soirée s’est donc déplacée dans une direction étrange et somnanbulesque.

Problème de bande passante

1 juin 2009, par Simon Dor | 1 commentaire

Hier, mon site était inaccessible, pour une raison de bande passante (bandwidth). Une chance, ce problème est arrivé le 31, donc à la fin du mois. Dès ce matin, tout s’est réglé. Je vais m’arranger pour que ce genre de choses n’arrive plus.

La signification par elle-même?

29 mai 2009, par Simon Dor | 2 commentaires

“C’est un silence qui en dit long.”

“Poser la question, c’est y répondre.”

J’ai toujours trouvé étrange ces phrases. Il m’a toujours semblé que le silence ou la question auquel/à laquelle ils font référence devient subitement plus signifiant par l’ajout de cette phrase, qui vient justement nous dire que le silence/la question est signifiant(e). Spécifier que les choses signifient par elles-mêmes deviendrait donc une manière de rendre signifiantes les choses autrement que par elles-mêmes.

La règle du jeu et le pied de la lettre

25 mai 2009, par Simon Dor | 2 commentaires

La plupart du temps, décrire un jeu ne se résume pas à en décrire ses règles. La notion même de règle devient complexe, telle que le résume Linda Hughes : “Understanding the rules, at least as we normally describe them, cannot be equated with understanding the event” ([1983] 2006, p. 505). La notion événementielle du jeu est un élément à prendre en considération. Si on devait affirmer qu’un jeu équivaut à ses règles, il faudrait revoir cette notion : équivalent-elles aux règles qui précèdent le jeu ou plutôt aux règles qu’on peut comprendre à partir d’une séance de jeu? Hughes propose de faire une distinction entre les “game rules” et les “gaming rules”, en se basant sur une différence de termes que nous n’avons pas en français.

Afin d’expliquer l’ambiguïté des règles, elle cite un article du Newsweek de 1981, qui lui-même cite Ron Fournier sur le hockey :

referees must have an instinct for which violations to call and which to ignore. They themselves call “good” penalties (flagrant violations [...]) and “bad” ones (minor offenses such as hooking a player who doesn’t have the puck late in a tight game). [...] You call a guy for a minor infraction, and even though you cite the rule number, he just looks at you and says, “What’s that?” It doesn’t earn you respect [...]. One must not only know how the rule book defines and penalizes ‘hooking.’ One must also know that this ‘hook’ is not the same as that ‘hook’ (p. 506-507). 

Les règles du jeu, en tant que “game”, sont écrites quelque part, sont observables, et il y a relativement moyen de distinguer ce qui en fait partie de ce qui n’en fait pas partie. Les règles de “gaming”, règles du jeu en tant que l’action de jouer, sont plus complexes, elles sont pour la plupart implicites, entendues comme des manières pour les joueurs de comprendre leurs propres interactions au sein de la partie, sans toutefois qu’elles ne puissent réellement être écrites sans qu’une part importante du jeu n’en soit écartée.

Le parallèle social et le pied de la lettre

Je crois que le principe est très semblable dans la société. L’histoire de cette dame qui a reçu une amende de 430$ suite à son refus de coopérer face à un policier de Laval qui lui demande de tenir la rampe de l’escalier du métro a eu une couverture importante dans la blogosphère. Pour Louis Préfontaine, il ne devrait pas y avoir de flexibilité dans l’application d’un règlement. Cela me fait penser à ceux qui, comme le souligne Feel O’Zof, prennent le dictionnaire au sens littéral.

Si les policiers veulent être respectés, ils doivent comprendre les principes de la société et régir pour les maintenir. La règle ne se comprend pas en tant qu’énoncé dans un livre de loi mais davantage comme un moyen de rendre la société vivable et intéressante pour le plus grand nombre de ses citoyens.

Référence

Hughes, Linda. 2006 (1983). « Beyond the rules of the game : why are rooie rules nice? ». Dans Katie Salen et Eric Zimmerman (dir.). The game design reader : a rules of play anthology, p. 504-516. Cambridge : MIT Press.