Le premier numéro de la revue Kinephanos est en ligne

3 février 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

Le premier numéro de la revue en ligne Kinephanos est paru tout récemment. Édité par Marc Joly-Corcoran et Martin Picard, le numéro s’intitule « Imageries numériques : culture et réception ». Le mandat de la revue concerne la culture populaire de manière générale et les technologies numériques.

Kinephanos

Kinephanos

Je suis d’ailleurs le dernier arrivé au sein du comité éditorial de la revue, je n’ai donc pas participé à ce premier numéro. Je suis par contre très enthousiaste quant à cette revue et ce qu’elle peut apporter. N’hésitez pas à commenter sur les textes ici.

L’appel d’articles du prochain numéro, dirigé par Hélène Laurin et Dominic Arsenault, est en ligne.

FiligraNn, WordUP Battles et fiction

19 janvier 2010, par Simon Dor | 5 commentaires

Krlep0ser d’Hiphopfranco nous propose une entrevue avec FiligraNn, organisateur et animateur des WordUP Battles. Je suis depuis la 1ère édition les battles sur le web, et j’ai été très impressionné par le dernier battle d’Obia le chef contre Suspek-T, qui est, comme plusieurs le disent, probablement pour moi aussi l’un des meilleurs.

Mais ce qui m’a incité à placer ce battle sur mon blogue, c’est cette citation de FiligraNn à propos du battle rap qui, bien que je ne sois pas tout à fait d’accord, me semble bien résumer un problème que la plupart des non-initiés ont contre les propos qui y sont tenus.

Premièrement je crois que d’accuser Booyah d’avoir tenu des propos islamophobe [sic] est une preuve de paresse intellectuelle. Il a certainement tenu des propos « politicly-incorrect » [sic] sur le background ethnique et religieux de son adversaire, mais cela fait partit [sic] de la culture du battle rap. Les gens s’attaquent souvent sur ce genre de chose dans les battles et certains choisissent d’utiliser des stéréotypes ou des préjugés raciaux, religieux, ethniques comme arme. Il faut comprendre qu’il s’agit d’une mise en scène ou [sic] la haine et le manque de respect total sont des armes acceptables.

Certainement, oui. Si un blogueur/journaliste comme toi, qui connait [sic] relativement bien cette sous-culture peut en arriver a [sic] des jugements si « paresseux » et accusateurs, il est facile d’imaginer comment « madame tout le monde » pourrait interpréter les propos d’un battle mc sans comprendre qu’il s’agit d’une mise en scène. Le battle, c’est LE jeux [sic] du manque de respect. Quand tu ne comprends pas que c’est un jeu, tu vois un simple manque de respect, rien de plus. C’est un peu comme ceux qui croient que la boxe ou le combat extrême, c’est juste deux brutes qui se tapent dessus pour le fun. Le battle, tout comme la boxe, est une discipline ou [sic] l’esprit sportif est très important.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il s’agisse de paresse intellectuelle, mais il y a évidemment une incompréhension. À un moment donné, on ne peut pas tous tout connaître et l’apparence de discrimination est frappante (surtout que les propos homophobes sont présents ailleurs que dans le battle rap). Je pense qu’on peut comprendre qu’il ne s’agit que de fiction quand on voit que les deux pugilistes se félicitent en fin de joute. D’une manière ou d’une autre, il faut distinguer le personnage de la personne.

À propos de StarCraft : un classique dans le temps (réel)

13 janvier 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

Je suis très satisfait de ma présentation de lundi dernier. C’était la plus longue que j’aie fait jusqu’à présent et, en demandant aux gens de m’interrompre lorsqu’ils avaient des questions, j’ai fait 1h15 de présentation comme telle, avant la période officielle de discussion (qui a duré 20-25 minutes, considérant les retards du début).

À propos de StarCraft : un classique dans le temps (réel)

La difficulté est évidemment de faire court, mais je suis content que plusieurs de mes collègues et de gens curieux puissent être familiarisés avec ce jeu et avec ce genre. Les jeux de stratégie en temps réel sont très peu étudiés parmi les game studies et je crois qu’ils auraient avantage à être mieux connus.

Je suis content de voir que la discussion peut se poursuivre en ligne sur le portail du RELIQ. J’y ai aussi placé ma présentation PowerPoint en format PDF, que vous pouvez consulter. N’hésitez pas si vous avez des questions sur ce qui est disponible en ligne, je vous répondrai avec enthousiasme. Je vous invite à consulter aussi liste des présentations prévues pour cette saison d’hiver 2010.

L’alchimie d’une chanson réussie (David Desjardins)

13 janvier 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

Je suis toujours très agréablement surpris des propos de David Desjardins du Voir, au point où ce n’est maintenant plus une surprise d’y lire de la pertinence. Voici un extrait de son article « Bonheurs et périls du vide » où Desjardins parle de ce qui fait la réussite d’une chanson. J’aime bien cet extrait, malgré l’emploi du « on », qui ne semble pas ici désigner un « statut général des choses » mais plutôt une expérience singulière ( « une personne précise écoute une chanson et en fait une expérience unique ») qui se reconnaît dans plusieurs autres expériences singulières ( « j’ai un lien privilégié avec une chanson et je peux comprendre que d’autres ont des expériences privilégiées différentes avec la même ou avec d’autres chansons »).

Alors voilà, disons-le: une chanson réussie, c’est de l’alchimie. Ça ne se compte pas en notes. Ni en émotions, autre piège courant des critiques et du public qui tombent pour la facilité des manipulations lacrymales.

Une chanson réussie a une âme, c’est un lieu dans lequel l’artiste nous permet d’habiter pour trois, quatre, cinq minutes. On s’y sent bien ou mal avec lui. Il s’y échange un truc, indicible, un épisode de vie, une manière d’envisager le monde.

La chose relève de la même mystique que lorsqu’on fait l’amour à quelqu’un qu’on aime.

Essayer de décomposer tout cela et d’en faire des statistiques, cela revient à faire des mathématiques avec l’orgasme.

Plusieurs diront que d’étudier l’art, c’est intellectualiser quelque chose qui n’est pas rationnel, c’est mettre des mots sur des émotions et ne pas leur rendre justice. Pour moi, le goût ne s’enseigne pas. L’objectif d’étudier les arts est ailleurs. Il ne faut pas tenter de mettre des mots sur l’indicible en espérant qu’il conserve ce statut.

« Le Reliquaire: ludo-club » parlera des canons du jeu vidéo

5 janvier 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

Plusieurs collègues qui étudient les jeux vidéo et moi-même nous sommes réunis et avons sorti l’idée de créer un « ludo-club », c’est-à-dire des rencontres périodiques pour discuter des jeux. Ces rencontres plutôt informelles sont l’occasion pour des chercheurs comme nous de découvrir des jeux avec lesquels nous ne sommes pas familiers, mais aussi à toute personne intéressée par les jeux vidéo de découvrir ou redécouvrir certains jeux et de pouvoir discuter avec des gens intéressés venus de différentes disciplines. La saison qui s’amorce en hiver 2010 portera sur les canons des jeux vidéo; chaque jeu sera présenté en tant que canon, pour une raison qui peut être différente pour chaque cas de figure.

Je cite la présentation du ludo-club sur le site du RELIQ:

Elles devraient, dans la mesure du possible, comporter une portion « présentation et description » d’environ 1h, et une portion « discussion » d’environ 1h (sans chronométrer, bien sûr). La présentation n’a pas à être un PowerPoint appuyé (mais elle le peut), avec références, citations et contenus théoriques. La principale raison d’être du Reliquaire est de faire connaître, de mettre en lumière, ces « reliques » pour qu’on les connaisse et les comprenne. Les présentateurs sont invités à soulever des questions spécifiques (en lien avec leurs recherches, par exemple) et à parler des enjeux pour le thème de la saison, mais tout en gardant à l’esprit que c’est principalement dans la discussion que naîtront les réflexions.

StarCraft (boîte)

L’honneur de la première présentation de cette saison et par le fait même du ludo-club m’est revenu. Celle-ci aura lieu le lundi, 11 janvier prochain. Le titre de mon exposé/discussion est « Ã€ propos de StarCraft : un classique dans le temps (réel) ». Je présenterai donc, durant la première heure, le jeu StarCraft, les principes de base pour que tous soient sur la même longueur d’ondes, mais aussi certains éléments assez détaillés. Pour soutenir mon idée que le fait que StarCraft puisse être considéré comme un canon repose notamment sur sa longévité, c’est-à-dire le fait qu’il soit encore joué douze ans après, que des ligues indépendantes du concepteur aient été crées et que des joueurs soient payés pour leurs performances, je présenterai ce que le temps a changé au jeu, comment il y a des tendances plus ou moins importantes, etc.

L’horaire régulier du ludo-club sera un lundi sur deux, au bar L’Amère à boire (2049 St-Denis) à Montréal. Je vous annoncerai les prochaines séances dans les jours qui suivront ma présentation. Vous êtes tous les bienvenus à ces présentations de passionnés. Au plaisir de vous voir ce lundi, ou au cours d’une des prochaines séances du ludo-club!

Fabe – Comme un rat dans l’coin | La beauté du sampling

5 janvier 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

Je viens de terminer une compilation personnelle sur CD. Je n’en ai pas besoin pour moi, comme j’ai mon iPod, mais c’est pour un échange avec mon beau-frère. Tout ceci part de mon idée que la musique n’est pas un langage universel. Mon beau-frère aime aussi beaucoup la musique, mais dans un spectre très différent du mien. Nous avons donc décidé de se faire à chacun un disque avec des pistes qui nous touchent. Exercice auquel je me suis livré avec plaisir, et qui m’a permis de faire de belles découvertes.

La chanson « Comme un rat dans l’coin » de Fabe a fait partie de ma liste. Ça m’a aussi permis de constater un élément qui était souvent très commun à mon appréciation de la boucle dans les beats de rap. Les boucles ( »loops ») sont souvent composés d’un élément, habituellement en fin de boucle, qui accroche plus particulièrement l’attention, qui diffère beaucoup du reste (différent instrument, voix, notes plus rapides, etc.). Tout au long de la boucle, je me rends compte que j’attends patiemment, en suivant la mélodie, que cette bar sur 4 fasse son apparition. Mon expérience esthétique repose donc notamment sur l’attente. Et c’est vraiment cette track de Fabe qui m’a mis en face cet élément qui est à la base de plusieurs de mes coups de cÅ“ur dans le rap.

* * *

Voici un exemple qui sera peut-être éloquent (ou peut-être pas du tout) sur pourquoi j’aime le sampling, et surtout pourquoi je ne considère aucunement qu’il s’agisse de plagiat, de copie ou de manque de créativité.

La beauté du sampling, c’est de transformer ceci :

En cela :

Je tire l’information à propos du sample de Fabe du site Du-bruit.com. Mais je soupçonne, peut-être un peu trop à cause du nom, qu’il y ait aussi un soupçon de cela:

Appréciez ou constatez que l’esthétique est une expérience subjective (ou profitez des commentaires pour défendre l’avis inverse).

Entre le goût d’écrire et celui d’avoir écrit

4 janvier 2010, par Simon Dor | Aucun commentaire

J’ai commencé ce blogue alors que j’étais un jeune étudiant au baccalauréat en Études cinématographiques. Dans les débuts, j’oscillais entre mes critiques de rap et quelques réflexions sur mon domaine d’études. Mon blogue a évolué avec le temps, peut-être pour qu’il y ait moins d’articles, mais j’aime la forme qu’il a. Comme la fréquence est plus basse, je vous recommande d’utiliser un lecteur de flux RSS (qui vous servira pour tous les blogues que vous lisez).

Je n’écris plus aussi souvent. Pourtant, chaque fois que je lis, j’ai le goût intense d’écrire. Mais quand je suis devant une page blanche, que ce soit une feuille de papier ou un document Word vide, je n’arrive plus à la remplir. Je ne sais pas de quoi je veux la remplir. Alors, je retourne lire, je vais au cinéma, je me loue des films, j’allume ma PS3 ou je commence une partie d’un jeu de stratégie. Même si j’aime écrire, j’ai probablement encore plus envie d’avoir écrit. Penser est une chose, très facile quand on y pense, mais l’écriture en est une autre, surtout quand on veut qu’elle ressemble à notre pensée.

J’ai hâte d’en être au moment où je peux comparer ce que j’écris actuellement avec ce que j’ai déjà écrit. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir écrit énormément de choses. Mais avoir déjà écrit est une chose, avoir été lu en est une autre. Autrement dit, j’aimerais avoir la possibilité d’avoir construit quelque chose qui a été exploré et auquel je peux référer mes lecteurs (implicitement, via mon CV, c’est-à-dire sans nécessairement me citer moi-même). Cette possibilité est aussi motivante parce que, quelque part, elle me donne droit à l’erreur.

En d’autres mots, j’ai hâte d’avoir déposé mon mémoire. Août 2010 dans une bibliothèque près de chez vous, à accumuler la poussière pendant que sa version électronique reposera ici.

Postuler plutôt que prouver la non-existence d’une chose

22 décembre 2009, par Simon Dor | 2 commentaires

Je viens de terminer la lecture de la traduction française de l’ouvrage de Richard Dawkins, The God Delusion [2006], titrée Pour en finir avec Dieu (2008). Je suis en accord avec à peu près l’ensemble de sa réflexion, mais j’ai quelques réticences en ce qui concerne la distinction agnosticisme-athéisme.

Richard Dawkins - Pour en finir avec Dieu (2008 [2006])

Richard Dawkins - Pour en finir avec Dieu

Agnosticisme ou athéisme?

Dawkins propose un spectre de la possibilité de l’existence de Dieu, en sept niveaux, qui va du théisme absolu à l’athéisme absolu (p. 59). En bonne foi, il place l’agnosticisme au centre de son spectre, qui supposerait une probabilité de 50% de l’existence et de la non-existence de Dieu. Il insiste tout de même pour dire que la plupart des agnostiques ne se placent pas au milieu de ce spectre, mais hors de celui-ci: on ne peut pas donner une probabilité d’existence à une chose si on admet que notre position est de ne pas être en mesure de prouver son existence ou sa non-existence.

Que vous ne puissiez pas prouver la non-existence de Dieu, c’est un fait banal qu’on admet facilement, ne serait-ce que dans le sens que l’on ne peut jamais prouver de façon absolue la non-existence d’une chose. Ce qui importe, ce n’est pas si Dieu est réfutable (il ne l’est pas), mais si son existence est probable (p. 63).

Pour Dawkins, l’agnosticisme n’est pas tout à fait compatible avec la pensée scientifique, parce qu’il ne se base pas sur ce qui est le plus probable. Il me semble au contraire qu’il s’agit des mêmes principes de base: on ne peut jamais affirmer avec certitude qu’une chose n’existe pas, jusqu’à ce qu’on prouve qu’elle existe. Tant qu’on n’assume pas d’avance qu’une chose existe.

D’une manière ou d’une autre, un scientifique peut croire qu’il est possible que Dieu existe (voire croire profondément en Dieu), tout en postulant sa non-existence pour tout ce qui concerne son travail scientifique (parce qu’il n’a pas de preuve). Clairement, le texte de Dawkins sert une fin plus spécifique que la démarche scientifique standard, il en a contre un fondamentalisme religieux; au fond, peu importe ce qu’on peut supposer qu’il y ait au-delà de ce qui est perceptible, tant qu’on ne se base que sur des faits pour tout raisonnement et qu’on n’invoque pas une raison divine pour ses agissements personnels. Comme on ne pourra jamais prouver la non-existence d’une chose, il importe de la postuler jusqu’à preuve du contraire.

Problématique du Realtime réalité show | Créer quel contenu?

4 décembre 2009, par Simon Dor | 1 commentaire

Sur son blogue, Renart L’éveillé évoque le concept de Realtime réalité show, qui part de l’initiative d’un blogueur nommé Pierre Côté. Son principe est de proposer en direct un show « immersif » qui va interagir avec le public. J’ai laissé un petit commentaire sur ce que je pense du principe.

La première émission sur laquelle je suis tombé, c’est une où il remettait en question le concept de son émission. Je n’ai pas encore compris ce qu’il proposait comme contenu. Marshall McLuhan disait, à un endroit dont je ne me souviens plus et dans un contexte qu’il serait sans doute fort pertinent de retrouver, que (je paraphrase) « le médium, c’est le contenu ». Je crois que cette émission est un excellent exemple de ce que McLuhan propose ici.

Le show dure environ 3 heures, et il n’est pas très pertinent de tout l’écouter si nous ne sommes pas live. Le voici:

Je ne connais pas l’expertise de M. Côté. Je ne sais pas ce qu’il sait, je ne sais pas dans quels domaines il est expert, quels dossiers il connaît. Comment puis-je l’appeler pour parler? Comment puis-je lui proposer un sujet où aller fouiller? Le point de vue d’un journaliste est toujours, il me semble, teinté de son expérience. De quel point de vue M. Côté va-t-il nous présenter les sujets qu’il nous présente? Je ne comprends pas comment il veut qu’on le connaisse (et qu’on le paye de surcroît!) sans qu’il ne nous présente d’abord un certain curriculum, une certaine expertise, ou simplement un certain point de vue, simplement un certain regard sur le monde, particulier et assumé.

Je viens d’entendre, vers 1h32, « le monde n’a pas vraiment envie de décider de ce qu’il veut ». Je crois au contraire que les gens veulent décider, mais qu’ils décident d’une manière juste, et qu’ils ne veulent pas partager leurs décisions avec n’importe qui. Je crois que M. Côté devrait nous proposer autre chose qu’un concept, il devrait nous présenter des analyses, un point de vue, une singularité, etc. L’expression « créer du contenu » est souvent employée dans son vidéo, et je crois qu’elle est aussi représentative du problème. « Créer du contenu », sans spécifier quel type de contenu. Ça ne veut rien dire, créer du contenu.

MurpH répond à une critique de krlep0ser sur Hiphopfranco

2 décembre 2009, par Simon Dor | Aucun commentaire

Suite à une critique virulente sur Hiphopfranco.com, MurpH, de SuperSeize Productions, a décidé de répondre par un verset filmé sur webcam.  Je suis quelque part entre les deux dans ce conflit, ayant collaboré sur deux projets de feu Looser Prod (avant qu’ils ne se mutent en SuperSeize), et ayant été très actif au sein de l’équipe du site en question.

Voici le vidéo:

Les commentaires sur Hiphopfranco sont à peu près unanimes : la critique de Krlep0ser est valable, même si elle peut être remise en question, et pour cette raison, il apparaît peu pertinent pour MurpH de faire carrément un « diss track » contre son auteur. Le critique a écrit un texte de bonne foi sur quelque chose qu’il a écouté et nous a proposé un point de vue sur la chose. C’est déjà difficile de bien faire cette tâche d’après moi, l’ayant déjà fait pour le même site, et je crois qu’il ne faut pas nécessairement tirer sur celui qui le fait, même si on peut être en désaccord avec certains de ses points.

Je suis d’accord avec ça, même si dans les faits certains éléments de la critique sont forts. Ça me fait penser à ma critique de l’album de Showme, Omniprésence. J’y disais notamment que « l’emploi d’un mot ou d’une expression qui semble plus intelligente vient aider à rimer davantage que donner un sens pertinent ». En gros, mon point était que, s’il était « rafraîchissant » d’entendre un vocabulaire riche, dans les faits, ça ne rendait pas nécessairement l’ensemble intelligent. La reproche de Kr à MurpH me semble semblable: oui, les sujets sont intéressants, politiques, etc., mais l’album fait davantage les évoquer que venir appuyer par des faits, proposer des solutions, etc.

Je dirai une chose, par contre: quand demande-t-on à un album de trouver des solutions à des problèmes politiques d’envergure? Autrement dit, oui, la critique est dure, et peut-être fausse. Mais elle est valable, dans la mesure où tout ce que Kr recense est vrai: MurpH ne propose en effet pas de solution. Reste au lecteur à peser le poids de ce reproche.

Il aurait été plus pertinent de la part de MurpH, il me semble, d’écrire un texte où il explique en quoi il juge la critique de Kr fausse, ou encore, en quoi il croit que c’est possible d’expliquer un phénomène sans nécessairement en donner des solutions. Que ce soit sous forme de verset ou uniquement de texte écrit n’a pas d’importance; mais sous forme de « diss », comme si Kr avait réellement un intérêt quelconque à descendre un maxi, je ne vois pas en quoi c’est constructif.