La neutralité de l’espace-temps du texte

Encore une fois, dans ce texte de ma série de rédaction, je ne suis pas certain d’à quel point mes collègues seraient d’accord avec moi, mais en cette ère de mondialisation (+1 point en clichés), on cherche en général à ce que nos textes soient accessibles et ne sonnent pas étranges s’ils sont lus ailleurs ou plus tard.

Une « neutralité de l’espace-temps » (l’expression fait très « science-fiction », voilà peut-être pourquoi je l’ai choisie) est en général présente dans les articles scientifiques, mais rarement dans les critiques, par exemple. Dans l’optique de ne pas favoriser un point de vue par rapport à un autre, on préfère souvent éviter ces types de références, dont voici quelques exemples.

Aspect géographique

L’aspect géographique est mis en évidence dans les textes souvent lorsqu’il y a des comparatifs entre différents pays. Diverses expressions rendent le texte étrange lorsque lu ailleurs qu’au Québec:

  • « De ce côté-ci de la frontière »
  • « De ce côté de l’Atlantique »
  • « Nos voisins du Sud »
  • etc.

Aspect temporel

Si je parle d’un phénomène actuel en cinéma (la numérisation, les effets spéciaux, la 3-D), trop insister sur la période actuelle sans la nommer peut être problématique. On voit souvent des références à des repères temporels actuels (« Ces temps-ci », « Récemment », etc.) qui ne causent pas nécessairement de problème. Par contre, insister sur des périodes à très court terme (« cette année », « dans les derniers mois », etc.) rend la lecture plus lourde.

Les contre-exemples

Parfois, on peut vouloir au contraire mettre en évidence certains éléments de notre point de vue spatio-temporel, mais c’est souvent pour mieux rendre accessible ou neutre le propos. Si je parle de Final Fantasy VI, je préciserai par exemple que mon analyse se penche sur une expérience avec la cassette SNES nord-américaine. Si je m’intéresse au cinéma des premiers temps, les théoriciens auxquels je m’intéresserai s’inscriront dans une certaine tendance selon la période où ils se sont penchés sur ces films et ma propre perspective est ancrée dans le temps.

Note(s) à moi-même

  • J’ai peut-être abusé des sous-titres et fonctions de listes dans ce billet.
  • Me donner l’objectif d’écrire un billet sur un thème par semaine (ici, la rédaction) ne mène pas toujours à des billets constructifs ou finis.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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