« Les consonnes et les voyelles rendent le réel éternel » (Shurik’n dans IAM, « Pourquoi je suis là » sur Independenza)

Je me re-pose la question encore: « pourquoi je suis là », sur ce blogue notamment. C’est presque un leitmotiv pour moi de me remettre en question sur tout ce que je fais. C’est peut-être aussi un leitmotiv sur la blogosphère: Renart se demande pour qui il écrit, et Normand Baillargeon décide de fermer.

Le problème principal que j’ai en ce moment est que j’ai un plaisir d’aboutir à des réflexions plus longues que celles que je place ici; j’aime l’aspect fragmentaire de ce que j’écris sur ce blogue, mais je constate que je veux faire des liens entre chacun de ces fragments. Ce qui me mène à un problème qui en découle: j’ai de la difficulté à « donner » mes textes. Non pas que je veuille les vendre, mais je constate plutôt que ce que j’écris ici pourrait se retrouver dans quelque chose de plus abouti, de plus travaillé, ou encore m’empêche de mettre du temps dans quelque chose de plus long.

Final Fantasy XIII - Crystarium
Final Fantasy XIII – Crystarium

J’ai ces deux options dans Final Fantasy XIII (Square Enix, 2010): ou bien je spécialise mes personnages dans un seul rôle, ou bien je tente de leur ouvrir plusieurs options. Plusieurs diront que, dans FFXIII, on gagne des Crystal Points tellement rapidement qu’on ne sait plus dans quels rôles les mettre. Disons que je ressens le contraire: je dois faire des choix.

Il y a donc énormément de choses constructives et de dialogues à mener, lesquels sont plus difficiles à faire que je pensais sur le net. J’ai l’impression de me concentrer davantage à l’écriture sur papier, sans lectorat immédiat, et au dialogue, les deux étant de meilleurs moyens pour me parler à moi-même. Penser, c’est parfois long, et un billet de blogue ne rend pas la tâche facile à transmettre même un fragment d’une pensée plus longue.

C’est pour ça que je suis moins longtemps ici. Je dépose mon mémoire en août dans le meilleur des mondes possibles.

Image tirée de http://www.capsulecomputers.com.au/2010/04/final-fantasy-xiii-xbox-360-review/.

Publié par Simon Dor

Simon Dor est professeur en études vidéoludiques à l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) en création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue depuis août 2016. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur l'histoire des jeux de stratégie en temps réel. Il écrit ici depuis 2006, d'abord comme étudiant en études cinématographiques éventuellement spécialisé en jeu vidéo (2008-2015), puis comme chargé de cours (2013-2016) en études du jeu vidéo (Université de Montréal) et en communication (UQAM). Ses jeux de prédilection sont StarCraft, Sid Meier's Civilization II, Final Fantasy VI, Crusader Kings II et Ogre Battle.

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5 commentaires

  1. Voilà bien le dilemme qui nous ronge tous. Si je peux parler de moi, je suis toujours déchiré entre le désir de m’exprimer instantanément et celui d’achever ma grande oeuvre que je traîne depuis longtemps (mon roman). Parce qu’une des raisons pourquoi je blogue c’est de me faire connaître comme écrivain. Tu vois où je veux en venir…

  2. Très belle pensée.

    Une question: Pourquoi est-ce que le lectorat immédiat constitue une limite à ton expression? La réponse est évidente, mais les motifs de cette réponse sont lourds de sens…

    Personnellement, je t’encouragerais à ne pas faire ce choix. Ou plutôt, je t’encouragerais à te spécialiser, et donc à ne pas communiquer l’ensemble de tes pensées au public (aussi limité soit-il), mais à ne pas miser l’ensemble de tes efforts mentaux sur un avenir indéfini. J’ai déjà ressentis la dichotomie que tu exprimes dans ce billet, et elle est certainement vraie en partie. Cependant, à ce sujet comme pour tous les autres, la réalité est toujours plus complexe que ce qu’on conçoit. Il faut redéfinir la frontière, mais il ne faut pas l’abolir…

  3. @Renart

    Oui, en effet. Sauf en étant capable de bien diviser tes idées entre ce qui appartient à une œuvre spécifique et ce qui est fragmentaire, mais encore là, ça peut toujours être un point de départ intéressant… Remarque, la publication sur un blogue n’empêche sans doute pas éventuellement de reprendre des passages, mais reste que c’est assez difficile au niveau de la création « d’entretenir » à la fois un blogue et un projet personnel.

    @Yvan

    Content d’avoir pu te lire à ce sujet sur ton blogue et d’avoir pu échanger avec toi autrement. C’est peut-être bon (ou mauvais) signe que ça semble être le même dilemme pour plusieurs.

    @Sylvain

    Les lecteurs immédiats sont une limite parce que leurs critiques arrivent à un moment où ma pensée n’est pas nécessairement fixée. Leurs questions sur des éléments précis (p. ex., un choix de mot, un exemple, etc.) ne sont pas nécessairement ceux que j’aurais retenu après une réflexion plus mûre et détournent le tout de mes considérations personnelles vers des éléments que je considérerai moi-même plus tard de toute façon.

    Je suppose que c’est pour ça que plusieurs écrits sont publiés à des intervalles fixes. Ça aide peut-être à fixer la pensée. Même pour mon mémoire, c’est ce que j’essaie de faire et je suis plus zen avec mon dépôt lorsque je me dis que ce n’est qu’un « moment » dans l’ensemble de ce que je pourrai penser sur mon sujet. C’est bien beau essayer que tous sourient, mais il faut prendre la photo un moment donné.

  4. En tout cas nos neurones sont actives!
    Le noeud de l’affaire pour moi est effectivement:
    entretenir un blog et mes projets en même temps.
    J’aime les deux.
    Sans parler du gagne-pain qui monopolise temps et énergie.

    Je crois qu’il faut être libre d’accorder son temps
    à ce que l’on veut vraiment.
    Point final, that’s it selon moi.

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