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Musique et thèmes du peuple (L’Assemblée – Les gars du peuple)

01. Pourquoi?
02. J’veux pas partir
03. Les gars du peuple (feat. BoomerBlues & DJ Eklips)
04. Quand l’soleil tombe (feat. DJ Manifest)
05. Danger (feat. le 3ème Oeil & DJ Manifest)
06. Turn your head around (feat. Dupuis)
07. The winners lose (feat. Dessy Di Lauro)
08. On the road (feat. J.Kyll [Muzion] & Le D-Mon)
09. Vous êtes pas prêts (feat. Papaz)
10. Entre deux (feat. eXterio)
11. J’étouffe (feat. Sans Pression, La Taktika & Dessy Di Lauro)
12. Money (feat. DTM & DJ Eklips)
13. R’garde moi dans les yeux
14. Plus vrai qu’mature
15. Reboot (feat. 2e Monde & Confus)
16. Qui suis-je? (feat. Ruffneck & Buzzy Bwoy [BBT] & Peezee)
17. L’artiste kamikaze (feat. DJ Manifest & Mike Ward)
18. La vie est belle

Les gars du peuple (Iro productions, 2005) est le troisième album du groupe L’Assemblée (qui suit La guérilla et Du coin de l’œil en ordre chronologique). Le groupe de Montréal est composé d’Ironik, de Narkoi et de Son-G, ce dernier n’apparaissant pourtant pas sur ce disque. L’Assemblée, sur cet album, veut vraiment représenter le peuple, les gens, prenant leur nom au sens littéral en rassemblant plusieurs artistes reconnus de la scène hip-hop au Québec.

L’évolution musicale du groupe est notable : ils gardent généralement le même style de flow et de paroles mais nous livre le tout dans un rendu souvent assez différent et avec une portée de genres assez large. Cette largeur est bien représentée par la liste de collaborations qui est sensiblement aussi longue que le nombre de pistes; on note, côté musical, une bonne variation sur la chanson avec eXterio, qui est différente du style habituel de L’Assemblée, penchant vers le style du groupe alternatif québécois. Par contre, il manque d’unicité entre les parties des deux groupes. Notons aussi l’influence reggae présente avec Dupuis sur « Turn your head around ».

On introduit efficacement l’album avec la pièce « Pourquoi? », qui met en scène globalement un thème qui sera fréquent sur l’album : la situation du rap au Québec et la place qu’occupe L’Assemblée par rapport à cela. Sur une tonalité à moitié triste, on note aussi que l’album penche davantage sur un message dans cette atmosphère que sur la volonté de faire bouger les foules (même si quelques tracks, pour l’équilibre, y font exception).

Il n’y a pas vraiment de tracks qui fait exception à ce sujet, qui est exploité sur toutes ses facettes et par plusieurs styles – une réminescence du passé (« J’veux pas partir »), leurs réactions face à l’argent (le single déjà connu « Money »), leur situation vis-à-vis de leur public (« Les gars du peuple », sur un instru d’harmonica) ou de leur anti-public (« R’garde moi dans les yeux », très agressif), leurs choix de vie (avec mention spéciale à la collaboration de J.Kyll et le D-Mon) ou les solutions face au manque de visibilité (bien exploité par l’humour avec la collaboration de Mike Ward).

La partie lyrique de l’album ressemble à ce que L’Assemblée fait habituellement; je m’explique. Ils n’ont pas décidé de changer de style par rapport aux reproches qu’on leur a fait. On les sent très près de leur public, parlant de sujets qui les touchent personnellement (comme expliqué plus haut) et qui nous font ressentir leur situation. La qualité lyrique y est, mais on ressent que ce qui est dit est dit, et c’est ce qui fait la force du réalisme de leurs paroles; ceux qui privilégient la forme des lyrics avant tout n’y trouveront certes pas leur compte par contre. Ils ne se prennent pas pour d’autres et nous le font bien sentir dans leur style d’écriture.

La force de l’album est sans doute, presque unanimement, la force des pièces instrumentales. Presque entièrement réalisées par Ironik, on est satisfait de la collaboration de Ruffneck (pour « Danger ») et de DJ Manifest (qu’on reconnaît sans avoir vu son nom par l’écoute de « Quand l’soleil tombe »). Cet aspect est sans doute ce qui permet efficacement le changement de style, influencés par les nouvelles tendances lorsqu’il le faut mais gardant aussi souvent une bonne part de ce que le hip-hop fait traditionnellement. La variation rend bien hommage à la diversité de ce qui peut se faire dans le rap québécois. Globalement, on peut considérer qu’Ironik utilise davantage de « vrais instruments » que ce qui était sur Du coin de l’œil , par exemple.

Décevante collaboration avec le 3e œil qui, malgré un style qui fait varier, n’a pas assez d’exploitation du sujet (des deux côtés de l’Atlantique). Tout le contraire de « J’étouffe » (avec Sans Pression, Taktika et Dessy Di Lauro), qui se permet d’être très efficace, propre aux styles de SP et du groupe de Québec, tout en exploitant un sujet sans le perdre. C’est sans doute la qualité la plus efficace des collaborations; aucune (ou presque) ne fait que collaborer pour le nom, car chaque chanson est travaillée. Notons aussi le concept de « Reboot » avec 2 ème monde et Confus (avec toujours des paroles aussi travaillées), et l’ajout du style de BBT sur « Qui suis-je? ».

Pour tout ceux qui ont dit que le hip-hop au Québec était divisé et qu’on devrait tous s’unir pour la cause, je crois que Les gars du peuple se permet efficacement de rassembler un grand nombre d’artistes d’ici vers un même chemin. Ironik et Narkoi ont changé, depuis Du coin de l’œil , et leur expérience acquise par leurs albums solos respectifs leur ont permis d’exprimer une identité plus forte sur ce dernier disque. On finit sur une touche plus optimiste, car, après tout, « La vie est belle » malgré les obstacles que l’on a à parcourir pour être artiste.

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